14 août 1889.

Vous voulez un mot de votre petit agnelet. Que voulez-vous qu'il vous

dise? N'a-t-il pas été instruit par vous? Rappelez-vous le temps où, me

tenant sur vos genoux, vous me parliez du Ciel...

Je vous entends encore me dire: «Regarde ceux qui veulent s'enrichir,

vois quel mal ils se donnent pour gagner de l'argent; et nous, ma petite

Thérèse, nous pouvons à chaque instant, et sans prendre tant de peine,

acquérir des trésors pour le Ciel; nous pouvons ramasser des diamants

comme avec un râteau! Pour cela, il suffit de faire toutes nos actions

par amour pour le bon Dieu.» Et je m'en allais le cœur rempli de joie

et du désir d'amasser aussi de grands trésors. Le temps a fui, depuis

ces heureux moments écoulés dans notre doux nid. Jésus est venu nous

visiter, il nous a trouvées dignes de passer par le creuset de la

souffrance.

Le bon Dieu nous dit qu'au dernier jour «_il essuiera toutes les larmes

de nos yeux_[246]»; et, sans doute, plus il y aura de larmes à essuyer,

plus la consolation sera grande...

Priez bien, demain, pour la petite fille que vous avez élevée et qui,

sans vous, ne serait peut-être pas au Carmel.

Lettre IVe.

_Pendant sa Retraite de Profession._

Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face Histoire d'une âme écrite par elle-même · 第 109 / 403 题