4 septembre 1890.

Votre petite fille n'entend guère les harmonies célestes: son voyage de

noces est bien aride! Son Fiancé, il est vrai, lui fait parcourir des

pays fertiles et magnifiques; mais la nuit l'empêche de rien admirer et

surtout de jouir de toutes ces merveilles.

Vous allez peut-être croire qu'elle s'en afflige? Mais non, au

contraire, elle est heureuse de suivre son Fiancé pour Lui seul et non à

cause de ses dons. Lui seul, il est si beau! si ravissant! même quand il

se tait, même quand il se cache!

Comprenez votre petite fille: elle est lasse des consolations de la

terre, elle ne veut plus que son Bien-Aimé.

Je crois que le travail de Jésus, pendant cette retraite, a été de me

détacher de tout ce qui n'est pas lui. Ma seule consolation est une

force et une paix très grandes; et puis, j'espère être comme Jésus veut

que je sois: c'est ce qui fait tout mon bonheur.

Si vous saviez combien ma joie est grande de n'en avoir aucune pour

faire plaisir à Jésus! C'est de la joie raffinée, bien qu'elle ne soit

nullement sentie!

Lettre Ve.

Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face Histoire d'une âme écrite par elle-même · 第 110 / 403 题