8 janvier 1889.

Ma sœur chérie, votre _petit agnelet_--comme vous aimez à

m'appeler--voudrait vous emprunter un peu de force et de courage. Il ne

peut rien dire à Jésus; et surtout, Jésus ne lui dit absolument rien.

Priez pour moi, afin que ma retraite plaise quand même au Cœur de

Celui qui seul lit au plus profond de l'âme!

La vie est pleine de sacrifices, c'est vrai; mais pourquoi y chercher du

bonheur? N'est-ce pas simplement «_une nuit à passer dans une mauvaise

hôtellerie_», comme le dit notre Mère sainte Thérèse?

Je vous avoue que mon cœur a une soif ardente de bonheur; mais je

vois bien que nulle créature n'est capable de l'étancher! Au contraire,

plus je boirais à cette source enchanteresse, plus ma soif serait

brûlante.

Je connais une source «_où, après avoir bu, on a soif encore_[245]»:

mais d'une soif très douce, d'une soif que l'on peut toujours

satisfaire: cette source, c'est la souffrance connue de Jésus seul!...

Lettre IIIe.

Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face Histoire d'une âme écrite par elle-même · 第 108 / 403 题