Ma sœur chérie, votre _petit agnelet_--comme vous aimez à
m'appeler--voudrait vous emprunter un peu de force et de courage. Il ne
peut rien dire à Jésus; et surtout, Jésus ne lui dit absolument rien.
Priez pour moi, afin que ma retraite plaise quand même au Cœur de
Celui qui seul lit au plus profond de l'âme!
La vie est pleine de sacrifices, c'est vrai; mais pourquoi y chercher du
bonheur? N'est-ce pas simplement «_une nuit à passer dans une mauvaise
hôtellerie_», comme le dit notre Mère sainte Thérèse?
Je vous avoue que mon cœur a une soif ardente de bonheur; mais je
vois bien que nulle créature n'est capable de l'étancher! Au contraire,
plus je boirais à cette source enchanteresse, plus ma soif serait
brûlante.
Je connais une source «_où, après avoir bu, on a soif encore_[245]»:
mais d'une soif très douce, d'une soif que l'on peut toujours
satisfaire: cette source, c'est la souffrance connue de Jésus seul!...
Lettre IIIe.