5 juin 1866.

Je quittai Bakel le 5 juin, et le 8, à une heure du matin, malgré une

brise très-forte et contraire, j’arrivai à Matam où je réveillai le

commandant du poste, M. Richard, chirurgien de la marine, qui nous fit,

à cette heure indue, le meilleur accueil. Mais, malgré cela, le même

jour à midi nous reprenions notre route, et le 10 à onze heures du soir

nous entrions dans le poste de Saldé, où la fatigue de notre équipage

nous força de passer la journée du 11 tout entière. Cette journée fut

marquée par un événement pénible. M. d’Erneville, lieutenant

d’infanterie de marine, qui commandait le poste, avait avec lui une

négresse, ancienne esclave de sa famille qui l’avait tenu sur ses bras

quand il était enfant. Elle souffrait de la gorge, et n’ayant pas de

chirurgien au poste, il pria Quintin de la voir. Nous devions y aller

après le dîner, ne soupçonnant pas la gravité du mal, quand tout à coup

on vint nous dire qu’elle étouffait. Nous y courûmes, elle était morte !

La maladie avait marché avec une rapidité effrayante, et quelques heures

avaient suffi pour la mettre dans l’impossibilité de respirer.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 337 / 368 题