4 avril 1866.

Pendant deux jours, je patientai et je renvoyai enfin Samba dire à

Ahmadou que j’allais me fâcher tout de bon, et que je ne voulais plus

attendre ainsi sans savoir ce qui me retardait.

« Si le commandant n’a pas confiance, dit Ahmadou à Samba, va chez

Yougoucoullé, chez Sidy et Bobo et dis-leur de te montrer ce qu’il y a

chez eux. »

Samba revenait ; il avait vu chez Yougoucoullé les femmes en train de

fabriquer cent moules de couscous, et il y en avait déjà autant de

faits.

Chez Bobo, il y avait dix-sept lettres terminées.

Chez Sidy, vingt lettres, et deux restaient à faire. Celle qui était

destinée au gouverneur était prête.

Que faire après cela ? Le docteur lui-même était d’avis de patienter ;

il le fallait, quelque pénible que ce fût. Néanmoins jamais je ne

laissai trois jours sans tourmenter un peu le roi, et bien m’en prit,

car sans cela qui sait quand je fusse parti ?

Du reste, je n’étais pas seul impatient. Le schérif marocain, Badara,

Tambo même, semblaient plus impatients que moi, et Badara, chaque fois

que je le voyais, cherchait à me démontrer qu’il était plus à plaindre

que moi.

Ahmadou cherchait à m’éviter, et donnait pour prétexte qu’il avait honte

devant moi d’avoir manqué à sa parole, et que maintenant il ne voulait

plus me fixer de date de départ pour ne plus s’exposer à pareille chose.

C’était au moins ce que Paté Dali et Abdoul Kadi me disaient de sa part.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 299 / 368 题