21 mars 1866.

Cette réserve nous donnait bon espoir, et je me disposais à tenter de

voir Ahmadou, lorsque le lendemain, 21 mars, il fit appeler Samba

N’diaye et le chargea de me dire qu’il savait que nous étions pressés de

partir, qu’il ne l’était pas moins d’expédier ses propres affaires, que

tout était prêt sauf une chose qu’il attendait encore, que dès qu’elle

arriverait il nous mettrait en route. Puis, lui montrant un paquet

contenant de l’or : « Il y a là, dit-il, le cadeau que je veux faire au

commandant et au gouverneur. »

Je pris alors patience quelques jours. L’armée des Massassis rentra avec

un succès complet ; elle avait attaqué un village du Baninko nommé Maba,

à environ deux heures et demie de marche dans le sud du Bakhoy, et elle

ramenait environ cinq cents captifs, car, sans compter les captifs

volés, Ahmadou en avait soixante-dix pour sa part. Le chef de cette

armée était le Massassi Bandiougou, le fils de l’ancien chef de Foutobi

qui avait connu Raffenel, et chez lequel il avait logé. Il fut reçu en

grande cérémonie par Ahmadou, qui à cette occasion lui avait envoyé un

gros turban blanc pour faire son entrée.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 297 / 368 题