Cette réserve nous donnait bon espoir, et je me disposais à tenter de
voir Ahmadou, lorsque le lendemain, 21 mars, il fit appeler Samba
N’diaye et le chargea de me dire qu’il savait que nous étions pressés de
partir, qu’il ne l’était pas moins d’expédier ses propres affaires, que
tout était prêt sauf une chose qu’il attendait encore, que dès qu’elle
arriverait il nous mettrait en route. Puis, lui montrant un paquet
contenant de l’or : « Il y a là, dit-il, le cadeau que je veux faire au
commandant et au gouverneur. »
Je pris alors patience quelques jours. L’armée des Massassis rentra avec
un succès complet ; elle avait attaqué un village du Baninko nommé Maba,
à environ deux heures et demie de marche dans le sud du Bakhoy, et elle
ramenait environ cinq cents captifs, car, sans compter les captifs
volés, Ahmadou en avait soixante-dix pour sa part. Le chef de cette
armée était le Massassi Bandiougou, le fils de l’ancien chef de Foutobi
qui avait connu Raffenel, et chez lequel il avait logé. Il fut reçu en
grande cérémonie par Ahmadou, qui à cette occasion lui avait envoyé un
gros turban blanc pour faire son entrée.