20 mars 1866.

Sur ces entrefaites, le 20 mars, pendant qu’Ahmadou débarquait du mil,

on battit le tabala ; Ahmadou monta à cheval et sortit. Je m’empressai

de le suivre à cheval. Différentes versions circulaient ; on disait

qu’un _bamé_ était venu couper la route de Bamabougou à Marcadougouba,

qu’un homme arrivé de Sansandig avait eu le temps de prévenir et qu’on

avait pu chasser ce _bamé_ ; mais cet homme avait dit que ce n’était là

que l’avant-garde d’une armée réunie à Sansandig et qui allait attaquer

un des villages. Tout cela était faux, mais le tamtam avait battu, celui

de Banancoro avait répondu, et à huit heures et demie celui de Ségou

battait aussi, et chacun de ses coups retentissait dans mon cœur.

Qu’allait-il arriver ? Allions-nous être encore retardés, et pendant

combien de temps ? Cependant, tandis que nous nous rendions aux arbres

des palabres, Oulibo, que je rencontrai, m’affirma que tout cela n’était

que mensonge, et que nous partirions en tout cas dès que l’armée des

Massassis rentrerait. Pendant toute la journée, différentes versions sur

cet événement circulèrent, et le soir on ne savait pas encore à quoi

s’en tenir. Néanmoins, l’armée était campée à Marcadougouba, à

l’exception des Talibés et des Sofas désignés pour partir avec nous.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 296 / 368 题