Sur ces entrefaites, le 20 mars, pendant qu’Ahmadou débarquait du mil,
on battit le tabala ; Ahmadou monta à cheval et sortit. Je m’empressai
de le suivre à cheval. Différentes versions circulaient ; on disait
qu’un _bamé_ était venu couper la route de Bamabougou à Marcadougouba,
qu’un homme arrivé de Sansandig avait eu le temps de prévenir et qu’on
avait pu chasser ce _bamé_ ; mais cet homme avait dit que ce n’était là
que l’avant-garde d’une armée réunie à Sansandig et qui allait attaquer
un des villages. Tout cela était faux, mais le tamtam avait battu, celui
de Banancoro avait répondu, et à huit heures et demie celui de Ségou
battait aussi, et chacun de ses coups retentissait dans mon cœur.
Qu’allait-il arriver ? Allions-nous être encore retardés, et pendant
combien de temps ? Cependant, tandis que nous nous rendions aux arbres
des palabres, Oulibo, que je rencontrai, m’affirma que tout cela n’était
que mensonge, et que nous partirions en tout cas dès que l’armée des
Massassis rentrerait. Pendant toute la journée, différentes versions sur
cet événement circulèrent, et le soir on ne savait pas encore à quoi
s’en tenir. Néanmoins, l’armée était campée à Marcadougouba, à
l’exception des Talibés et des Sofas désignés pour partir avec nous.