11 mars 1866.

Alors la confiance revint. C’étaient deux bonnes juments très-

vigoureuses. La mienne était un peu plus grande que celle du docteur, un

peu plus grosse, mais elle était moins rapide à la course.

En même temps que nous recevions ce cadeau qui nous causait une bien

vive joie, nous apprenions que décidément un prince devait nous

accompagner. On en parlait depuis quelque temps, et maintenant il était

aussi sûr que possible que Mahmadou Abi allait partir pour Nioro.

Malheureusement, il y eut encore trois jours entiers de perdus, par

suite d’une pluie torrentielle accompagnée de grains du S.-O. qui força

tout le monde à se confiner dans les maisons. Dès qu’elle fut terminée

on recommença à compter les cent hommes demandés au Diomfoutou, et on ne

put parvenir à les réunir. Aguibou était chargé de les trouver, mais à

part les Talibés attachés à sa personne ou à Mahmadou Abi (c’étaient

presque tous des jeunes gens), aucun, surtout de ceux qui avaient une

famille, ne se souciait d’aller à Nioro pour y mourir de faim, se faire

tuer en route et laisser sa femme sans ressources. Nous entendions cela

du matin au soir et je constatai avec chagrin ces symptômes de retard.

Chaque jour on comptait et toujours il manquait du monde. Le chef du

Diomfoutou disait bien que, le jour où Ahmadou le désirerait, il aurait

le monde, mais jamais les cent hommes n’étaient au complet. Quant à

Ahmadou, s’il se préparait à nous expédier, il allait lentement, et le

mil à débarquer venait de temps à autre lui faire perdre des journées

entières.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 295 / 368 题