D’un autre côté, tout annonçait le départ. Ahmadou avait fait appeler
différentes personnes qu’on savait devoir partir. Enfin le 22 février,
Tierno Abdoul Kadi me faisait appeler, et, après un long préambule, me
confiait en secret qu’il désirait bien que je le récompensasse de ce
qu’il avait fait pour moi ; que j’allais partir, et que s’il pouvait me
rendre service il le ferait, mais qu’il désirerait être connu du
gouverneur, qu’il était dévoué aux blancs, et il termina en me demandant
un cadeau, que je lui promis et qu’il me chargea de confier à Seïdou à
mon arrivée.
En revanche, prévoyant le cas où d’autres voyageurs viendraient à Ségou,
je lui dis qu’il faudrait qu’il s’employât en leur faveur pour leur
faire donner une maison à eux hors de la ville avec des lougans. Il
m’offrit d’en parler avec Ahmadou, offre que je déclinai, de crainte que
cela n’entravât mon départ.