20 février 1866.

J’envoyai Samba N’diaye dire un mot à Ahmadou qui, le 20, me fit

répondre « qu’il avait d’abord promis de me parler ce jour-là, mais

qu’il était accablé d’affaires et craignait de n’avoir pas le temps ;

qu’il ne changeait rien à ce dont nous étions convenus ; que je n’avais

qu’à me préparer, parce qu’aussitôt qu’il m’appellerait, ce serait pour

me mettre en route. »

Pour qui connaissait les habitudes d’Ahmadou comme nous les connaissions

à cette époque, cela remettait tout en question et voulait dire : Ne

m’importunez pas ; quand je serai prêt, vous partirez.

Après avoir conféré avec le docteur, je renvoyai Samba N’diaye lui dire

que je comprenais, mais que je ne pouvais préparer mes bagages sans

savoir l’époque du départ ; que s’il voulait la fixer à un jour ou deux

près, j’en garderais le secret, mais que ce serait plus commode.

Samba, en faisant ma commission, jugea convenable de dire à Ahmadou

qu’il m’avait offert, si Ahmadou l’acceptait, de remettre notre entrevue

au vendredi 23. A quoi Ahmadou, enchanté de gagner trois jours, avait

répondu tout de suite _Min diabé_ (je veux bien). Ce n’était pas mon

compte, mais c’était fait, je n’avais plus qu’à patienter trois jours,

et je le fis d’autant plus volontiers que tout semblait bien marcher.

Politiquement parlant, un fait d’une haute importance venait de se

produire. Vingt-trois villages du Baninko étaient venus faire leur

soumission en apportant un tribut et ramenant à Ahmadou un Talibé, de

l’armée des Djawaras, qui, blessé à Sélé, avait été recueilli par ce

village au lieu d’être tué comme d’habitude.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 287 / 368 题