14 février 1866.

Quelques jours après cette entrevue, une armée, sous le commandement de

Karounka, chef des Djawaras, revenait d’une expédition dans l’intérieur

du côté de Bamakou. Ces troupes avaient attaqué le village de Sélé,

qu’elles avaient pris aux trois quarts, et elles ramenaient de nombreux

captifs. Leurs pertes étaient évaluées à quinze hommes, au nombre

desquels était un de mes deux créanciers du Haoussa. Ahmadou sortit pour

recevoir ces vainqueurs.

Enfin nous arrivâmes au Cauri, et tout en ne cessant de noter les

diverses nouvelles du pays, je me préoccupais de mon départ. Différentes

personnes avaient reçu l’ordre de se préparer. Sidy Abdallah m’avait

confirmé la nouvelle du départ du vieux schérif marocain avec nous. Un

Diula, nommé Oumar Samba, qui était arrivé avec Bakary Guëye et avait

apporté des pierres à fusil à Ahmadou, devait être chargé par lui d’en

aller acheter d’autres. On disait qu’Ahmadou avait préparé des lettres

pour tous les postes principaux de ses possessions, afin de faire venir

des Talibés à Ségou. On parlait aussi du départ de Tambo, de Guiberrou,

et, chose plus curieuse, on disait que Boubakar Mahmady Diam, qui était

déjà allé à Nioro pour y demander une armée, devait y retourner ; mais

comme il n’avait pas bien réussi la première fois, peu de personnes

ajoutaient foi à ce bruit.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 285 / 368 题