Quelques jours après cette entrevue, une armée, sous le commandement de
Karounka, chef des Djawaras, revenait d’une expédition dans l’intérieur
du côté de Bamakou. Ces troupes avaient attaqué le village de Sélé,
qu’elles avaient pris aux trois quarts, et elles ramenaient de nombreux
captifs. Leurs pertes étaient évaluées à quinze hommes, au nombre
desquels était un de mes deux créanciers du Haoussa. Ahmadou sortit pour
recevoir ces vainqueurs.
Enfin nous arrivâmes au Cauri, et tout en ne cessant de noter les
diverses nouvelles du pays, je me préoccupais de mon départ. Différentes
personnes avaient reçu l’ordre de se préparer. Sidy Abdallah m’avait
confirmé la nouvelle du départ du vieux schérif marocain avec nous. Un
Diula, nommé Oumar Samba, qui était arrivé avec Bakary Guëye et avait
apporté des pierres à fusil à Ahmadou, devait être chargé par lui d’en
aller acheter d’autres. On disait qu’Ahmadou avait préparé des lettres
pour tous les postes principaux de ses possessions, afin de faire venir
des Talibés à Ségou. On parlait aussi du départ de Tambo, de Guiberrou,
et, chose plus curieuse, on disait que Boubakar Mahmady Diam, qui était
déjà allé à Nioro pour y demander une armée, devait y retourner ; mais
comme il n’avait pas bien réussi la première fois, peu de personnes
ajoutaient foi à ce bruit.