1866. — Situation politique. — Le débarquement du mil présidé par le
roi. — Entrevue avec Ahmadou. — Expéditions diverses. — Fête du Cauri. —
Nouveaux retards à notre départ. — La situation politique s’améliore. —
Mort de Fali. — Arrivée de Mahmadou Falel. — Nouvelles du Sénégal. —
Instances de Badara pour partir. — Audience d’Ahmadou. — Nous faisons un
traité de commerce et d’amitié. — Nouveau retard de dix jours. —
Intrigues diverses pour m’accompagner. — Retards sur retards. — On nous
donne enfin des chevaux. — Un prince doit nous accompagner. — Alerte et
sortie. — Je me fâche et j’obtiens l’assurance qu’Ahmadou prépare notre
retour. — Arrivée d’un Maure porteur d’une lettre du commandant de
Bakel. — Nouveaux retards. — Fête de la Tabaski. — Nouvelles du Macina,
derniers événements connus. — Nouveaux retards et inquiétudes. — Notre
départ se décide malgré Bobo. — Audience de départ. — Cadeau d’Ahmadou
et cadeau que je lui envoie en retour. — Fin de nos relations avec
Ahmadou.
Janvier 1866.
Cette année commençait pour moi dans une demi-captivité au milieu de
l’Afrique ; elle devait se terminer en France au milieu des plus douces
joies de la vie, et je puis ajouter, des plus honorables satisfactions
de l’amour-propre. En attendant, je faisais le 1er janvier largesse à
mes hommes en leur distribuant, ainsi qu’à toutes les personnes de la
maison, quelques milliers de cauris.
Quelques jours après, Ahmadou sortait pour expédier une petite colonne
au secours des villages de captifs de Koro Mama, dans les environs de
Témouilli, et pour en ramener tous les habitants. Cette expédition fut
couronnée d’un plein succès, et, le 7, toute la population du village
arrivait, calebasses en tête et pesamment chargée, pour rejoindre ses
anciens maîtres installés à Soninkoura.