Qu’on juge du lendemain et de ce que je dus éprouver en voyant Seïdou
arriver de Yamina. Il revenait vêtu d’un boubou lomas neuf et d’une
tamba sembé que le chef de Yamina lui avait donnés par ordre d’Ahmadou.
Je crus d’abord qu’il s’était fatigué d’attendre, et qu’il revenait
parce qu’il manquait de ressources, et je pus à peine le croire quand il
me dit : « Sidy est arrivé. — Sidy ! — Oui, Sidy. »
L’homme que j’avais envoyé en punition m’arrivait avec des lettres du
gouverneur, et Bakary ne revenait pas. Ce n’était pas possible ! Bakary
fût plutôt revenu seul et mendiant, j’en avais la conviction, je l’ai
encore.
Quelques instants après j’eus un commencement d’explications. Pour ne
pas fatiguer le lecteur de toutes les incertitudes par les quelles je
passai, je vais raconter ce qui était arrivé d’après le récit de Sidy,
contrôlé et modifié par de nombreux témoignages.