11 novembre 1865.

Qu’on juge du lendemain et de ce que je dus éprouver en voyant Seïdou

arriver de Yamina. Il revenait vêtu d’un boubou lomas neuf et d’une

tamba sembé que le chef de Yamina lui avait donnés par ordre d’Ahmadou.

Je crus d’abord qu’il s’était fatigué d’attendre, et qu’il revenait

parce qu’il manquait de ressources, et je pus à peine le croire quand il

me dit : « Sidy est arrivé. — Sidy ! — Oui, Sidy. »

L’homme que j’avais envoyé en punition m’arrivait avec des lettres du

gouverneur, et Bakary ne revenait pas. Ce n’était pas possible ! Bakary

fût plutôt revenu seul et mendiant, j’en avais la conviction, je l’ai

encore.

Quelques instants après j’eus un commencement d’explications. Pour ne

pas fatiguer le lecteur de toutes les incertitudes par les quelles je

passai, je vais raconter ce qui était arrivé d’après le récit de Sidy,

contrôlé et modifié par de nombreux témoignages.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 255 / 368 题