10 novembre 1865.

Au moment où je me préparais à retourner chez lui, le Sofa de sa porte

vint m’apporter un mouton de sa part, et, comme témoignage que ses

paroles étaient celles du roi, me présenta sa pantoufle en me disant que

le lundi suivant tout le monde qui devait s’en aller partirait avec

Seïdou, et qu’il était inutile de m’en occuper davantage, que c’était

une affaire finie.

Les choses en étaient là, Seïdou allait partir, dans dix jours il serait

à Toumboula, deux jours après à Ouosébougou, d’où il pouvait me ramener

mes courriers ou les envoyés qui devaient s’y trouver ; je pouvais

espérer de voir avant un mois Ahmadou obligé à tenir les promesses

solennelles de rapatriement qu’il m’avait faites, et j’acceptai ce

dernier délai presque avec joie, tant l’idée que la délivrance était

proche me soutenait !

Pour le cas où, fatigués d’attendre, les courriers fussent retournés en

arrière, j’avais écrit aux commandants de Médine et de Bakel, au

gouverneur même afin qu’ils hâtassent le retour de Seïdou et

m’envoyassent des ressources. Mes mesures étaient bien prises, et au pis

aller, dans trois mois je devais être délivré.

Aussi le temps me semblait long, je m’impatientais de ne pas voir les

jours passer plus vite ; et maintenant qu’Ahmadou m’annonçait le départ,

je ne me sentais plus de joie.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 254 / 368 题