Au moment où je me préparais à retourner chez lui, le Sofa de sa porte
vint m’apporter un mouton de sa part, et, comme témoignage que ses
paroles étaient celles du roi, me présenta sa pantoufle en me disant que
le lundi suivant tout le monde qui devait s’en aller partirait avec
Seïdou, et qu’il était inutile de m’en occuper davantage, que c’était
une affaire finie.
Les choses en étaient là, Seïdou allait partir, dans dix jours il serait
à Toumboula, deux jours après à Ouosébougou, d’où il pouvait me ramener
mes courriers ou les envoyés qui devaient s’y trouver ; je pouvais
espérer de voir avant un mois Ahmadou obligé à tenir les promesses
solennelles de rapatriement qu’il m’avait faites, et j’acceptai ce
dernier délai presque avec joie, tant l’idée que la délivrance était
proche me soutenait !
Pour le cas où, fatigués d’attendre, les courriers fussent retournés en
arrière, j’avais écrit aux commandants de Médine et de Bakel, au
gouverneur même afin qu’ils hâtassent le retour de Seïdou et
m’envoyassent des ressources. Mes mesures étaient bien prises, et au pis
aller, dans trois mois je devais être délivré.
Aussi le temps me semblait long, je m’impatientais de ne pas voir les
jours passer plus vite ; et maintenant qu’Ahmadou m’annonçait le départ,
je ne me sentais plus de joie.