Le 3 novembre, je revis Ahmadou très-occupé d’affaires du pays : des
Bambaras venaient lui apporter des moutons et du miel. Je ne pus obtenir
que cette réponse vague : « Bientôt, _che Allaho_. » Mais ce bientôt
traîna encore en longueur.
Le 8 novembre, le chef de Yamina, qui était venu porter l’impôt de
cauris, repartait avec l’ordre de préparer des _boubous_, des _tamba
sembés_ et des _dampés_ pour habiller les gens qui allaient partir[220].
Malgré ces apparences et malgré le départ de Seïdou, je commençais à
craindre que les choses ne traînassent encore longtemps, car on comptait
l’armée, et Ahmadou faisait des cadeaux comme s’il préparait une
nouvelle expédition. Aussi le 9 j’allai au palais et je tentai de voir
Ahmadou, mais il me renvoya au lendemain, vendredi, 10 novembre.