Le lendemain au matin, Ahmadou ne sortit pas, et quand, l’après-midi, je
lui fis demander s’il n’allait pas faire partir Seïdou, il me répondit
qu’il m’avait attendu toute la matinée et qu’actuellement il était trop
tard, qu’il fallait remettre ce départ au jour suivant. Enfin, malgré
cette mauvaise foi évidente, le lendemain, bien qu’il n’y eût rien de
prêt, je trouvai Ahmadou très-aimable, et à mon grand étonnement, pour
ne pas manquer à sa parole, il expédia Seïdou à Yamina, sous la conduite
d’un homme, en le recommandant, et en lui donnant un sauf-conduit pour
toute la route. Ibrahim, le courrier qui avait refusé de partir au mois
de septembre de l’année précédente, et qui depuis cette époque vivait
comme il pouvait et presque de la charité de Samba Farba, avait
sollicité de moi de partir avec Seïdou ; j’en parlai à Ahmadou, qui y
consentit facilement.
En un mot, il fut charmant, mais je ne pus savoir encore quand Seïdou
serait définitivement en route, puisqu’il fallait attendre que ceux qui
devaient partir avec lui fussent prêts. Personne ne savait au juste qui
partait.
Tambo le Bakiri était convaincu qu’il allait partir, Badara aussi ; on
comptait les hommes de diverses compagnies, entre autres de Nioro ;
chacun faisait des conjectures. En attendant, Seïdou était à Yamina.