30 octobre 1865.

Le lendemain au matin, Ahmadou ne sortit pas, et quand, l’après-midi, je

lui fis demander s’il n’allait pas faire partir Seïdou, il me répondit

qu’il m’avait attendu toute la matinée et qu’actuellement il était trop

tard, qu’il fallait remettre ce départ au jour suivant. Enfin, malgré

cette mauvaise foi évidente, le lendemain, bien qu’il n’y eût rien de

prêt, je trouvai Ahmadou très-aimable, et à mon grand étonnement, pour

ne pas manquer à sa parole, il expédia Seïdou à Yamina, sous la conduite

d’un homme, en le recommandant, et en lui donnant un sauf-conduit pour

toute la route. Ibrahim, le courrier qui avait refusé de partir au mois

de septembre de l’année précédente, et qui depuis cette époque vivait

comme il pouvait et presque de la charité de Samba Farba, avait

sollicité de moi de partir avec Seïdou ; j’en parlai à Ahmadou, qui y

consentit facilement.

En un mot, il fut charmant, mais je ne pus savoir encore quand Seïdou

serait définitivement en route, puisqu’il fallait attendre que ceux qui

devaient partir avec lui fussent prêts. Personne ne savait au juste qui

partait.

Tambo le Bakiri était convaincu qu’il allait partir, Badara aussi ; on

comptait les hommes de diverses compagnies, entre autres de Nioro ;

chacun faisait des conjectures. En attendant, Seïdou était à Yamina.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 252 / 368 题