Les choses allèrent ainsi jusqu’au 22, jour où nous recevions de bonnes
nouvelles du Bakhounou. On annonçait que Falel, le frère de feu
Sambouné, avait repris le pouvoir à Hofara, après avoir fait assassiner
Amadi Sambouné, son neveu. En enregistrant cette nouvelle, favorable au
succès du voyage de Seïdou, je me demandais si nous n’allions pas
partir. La veille, en effet, j’étais allé tenter un coup de théâtre chez
Ahmadou. Après avoir attendu une audience toute la journée, je l’avais
arrêté au passage dans un des hangars que Samba N’diaye lui avait fait
construire peu avant de partir pour Sansandig, et le forçant, pour ainsi
dire, à m’écouter sous ce hangar, et seul à seul, je lui avais redemandé
de me laisser partir, lui alléguant les nouveaux retards qu’il apportait
à l’envoi du courrier et toutes les raisons que je lui avais si souvent
données. A mon grand étonnement, il n’avait pas dit non et avait remis
sa réponse au lundi 23 octobre.