Seïdou, qui était intéressé dans la question et qui était tenu au
courant par Abdoul Kadi, penchait à croire qu’il partirait sans moi, et
le 14 il vint me dire qu’il croyait qu’Ahmadou voulait envoyer du monde
jusqu’à Saint-Louis avec lui. Ce bruit m’inquiéta plus que tout le
reste, car il répondait à mes secrètes appréhensions. J’en parlai à
Samba N’diaye assez vivement, et il dit lui-même que cela ne devait pas
se faire, et qu’il ne fallait pas qu’Ahmadou envoyât quelqu’un au
gouverneur sans moi ; d’autant plus, ajoutai-je avec intention, que son
envoyé pourrait bien être, à son tour, retenu jusqu’à mon retour. Aussi,
pour ma part, n’y consentirais-je pas ; je partirais plutôt malgré
Ahmadou.