Le 4, Samba N’diaye alla trouver Ahmadou, qui était sur la place, et lui
parla. Ahmadou répondit, d’un ton de mauvaise humeur, qu’il fallait
venir quand il serait chez lui. Samba resta jusqu’à la rentrée
d’Ahmadou, mais celui-ci arrivé à sa porte, renvoya tout le monde.
Cette fois je ne savais que penser ; ne voulait-il plus me fournir le
nécessaire ? Était-il fâché contre moi ? Cependant je ne lui en avais
donné aucun motif, bien au contraire ; le lendemain de son arrivée en
m’envoyant un bœuf il avait témoigné de sa considération pour moi devant
Samba Yoro.
Le lendemain je lui avais fait demander à acheter parmi les Kouloulous
un des deux magnifiques boubous que Seïdou le courrier avait pris à Dina
et qu’il venait de remettre, et Ahmadou avait répondu qu’il m’en
donnerait un, car ces boubous venant d’un des chefs de captifs, et peut-
être de Niansong, lui revenaient de droit. Je ne pouvais comprendre à
côté de cela cette obstination à ne pas me donner de cauris. Je me
décidai à aller chez lui le lendemain.