Le 21 mars, tout le monde se préparait à partir. On ne devait laisser à
Ségou qu’un homme sur cinq dans chaque compagnie. Pendant que cela
occasionnait bien des disputes de la part de gens qui, étant désignés,
ne se souciaient pas de partir, le docteur et moi nous raccommodions nos
guêtres, nous recousions nos seuls souliers européens, gardés pour les
grandes occasions, car depuis longtemps, dans la ville, nous portions
les pantoufles du pays.
Je fis offrir à Ahmadou de lui prêter une mule et deux cantines pour ses
bagages. Samba N’diaye m’avait demandé de faire cette démarche, mais
Ahmadou, en remerciant, refusa ; je lui faisais aussi demander des
gourous pour la route ; à ce moment ils étaient hors de prix à Ségou,
Ahmadou lui-même n’en avait pas assez et faisait acheter tout ce qu’on
en trouvait à des prix exorbitants ; à la place, il m’envoya un pain de
sucre.