21 mars 1865.

Le 21 mars, tout le monde se préparait à partir. On ne devait laisser à

Ségou qu’un homme sur cinq dans chaque compagnie. Pendant que cela

occasionnait bien des disputes de la part de gens qui, étant désignés,

ne se souciaient pas de partir, le docteur et moi nous raccommodions nos

guêtres, nous recousions nos seuls souliers européens, gardés pour les

grandes occasions, car depuis longtemps, dans la ville, nous portions

les pantoufles du pays.

Je fis offrir à Ahmadou de lui prêter une mule et deux cantines pour ses

bagages. Samba N’diaye m’avait demandé de faire cette démarche, mais

Ahmadou, en remerciant, refusa ; je lui faisais aussi demander des

gourous pour la route ; à ce moment ils étaient hors de prix à Ségou,

Ahmadou lui-même n’en avait pas assez et faisait acheter tout ce qu’on

en trouvait à des prix exorbitants ; à la place, il m’envoya un pain de

sucre.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 177 / 368 题