Cependant, comme Ahmadou se préparait à partir avec l’armée, je lui fis
demander à partir aussi. J’avais tiré un trop grand parti de ma première
expédition, au point de vue de la popularité, pour n’en pas faire une
seconde. C’était d’ailleurs un moyen unique de voir le pays. Personne ne
savait encore de quel côté irait l’armée. Tambo et Amady Boubakar
disaient que c’était du côté de Nioro, pour dégager cette route ;
d’autres, que c’était du côté du Baninko, à la poursuite de Mari qui
rentrait à Touna.
Je fis dire à Ahmadou que je désirais l’accompagner. Il refusa d’abord,
disant qu’Alioun avait été tué, que c’était trop déjà ; mais il finit,
sur mon insistance, par consentir, et même si facilement qu’il était
clair qu’il n’avait refusé que pour la forme. Il me fit dire de préparer
beaucoup de couscous, et je me décidai, prévoyant de longues marches, à
emmener une mule chargée de divers bagages.
Quant au départ de Seïdou, on n’en parlait plus, et à mes demandes
Ahmadou ne répondait pas.