20 mars 1865.

Cependant, comme Ahmadou se préparait à partir avec l’armée, je lui fis

demander à partir aussi. J’avais tiré un trop grand parti de ma première

expédition, au point de vue de la popularité, pour n’en pas faire une

seconde. C’était d’ailleurs un moyen unique de voir le pays. Personne ne

savait encore de quel côté irait l’armée. Tambo et Amady Boubakar

disaient que c’était du côté de Nioro, pour dégager cette route ;

d’autres, que c’était du côté du Baninko, à la poursuite de Mari qui

rentrait à Touna.

Je fis dire à Ahmadou que je désirais l’accompagner. Il refusa d’abord,

disant qu’Alioun avait été tué, que c’était trop déjà ; mais il finit,

sur mon insistance, par consentir, et même si facilement qu’il était

clair qu’il n’avait refusé que pour la forme. Il me fit dire de préparer

beaucoup de couscous, et je me décidai, prévoyant de longues marches, à

emmener une mule chargée de divers bagages.

Quant au départ de Seïdou, on n’en parlait plus, et à mes demandes

Ahmadou ne répondait pas.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 176 / 368 题