24 janvier 1865.

Le 24 janvier, on savait que c’était l’armée de Mari qui était venue à

Toghou. On disait que ce village avait refusé de le recevoir. En

attendant, il partait de nouveaux renforts pour l’armée. Ahmadou avait

donné l’ordre de cerner le village, si l’ennemi s’y trouvait renfermé,

et de le prévenir ; si, au contraire, on le trouvait dans la campagne,

on devait le chasser et le poursuivre. Les uns disaient que Mari n’avait

que ses captifs, les autres, qu’il avait une forte armée. Les uns

racontaient qu’il était aux abois, ayant été chassé de Sarrau, de

Sansandig, et qu’il n’osait plus rentrer dans le Baninko dont la

population, fatiguée de ses exactions, lui était hostile ; d’autres que

le village de Toghou l’avait appelé au nom de tous les Bambaras du pays.

Tout cela, ajoutai-je sur mon journal, ne m’amène pas Bakary, et si

Tierno Moussa, comme on le dit, est retourné chercher des renforts à

Koniakary, c’est notre seule chance de le voir bientôt. Malheureusement

jamais je n’avais mieux jugé.

Dans l’après-midi, on vint demander de la poudre. Ahmadou fit partir

cent vingt barils portés à tête d’homme. Le soir deux cavaliers

arrivèrent et après avoir parlé avec Ahmadou, repartirent tout de suite

avec ordre de ne dire mot à qui que ce soit. C’était mauvais signe.

Aussitôt Ahmadou fit appeler les chefs, et leur palabre dura une partie

de la nuit.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 154 / 368 题