Le jour de l’an 1865. — Cadeaux à Ahmadou et à divers. — Visite du fils
de Samba Oumané. — Les nouvelles qu’il apporte. — Nouvelles de Bakary. —
Arrivée de Daouda Gagny. — Bakary est à Nioro. — Mari est à Toghou. —
Tierno Alassane est battu. — Ahmadou va partir. — Je l’accompagne. —
Munitions de l’armée. — Arrivée à Marcadougouba.
Janvier 1865.
Enfin le 1er janvier 1865 arriva, et, d’après ce principe que les petits
cadeaux entretiennent l’amitié, j’envoyai à Ahmadou 100 fr. d’argent,
une filière d’ambre no 4 et une de corail no 6 (en tout environ cent
quatre-vingts francs), en lui faisant expliquer que c’était le premier
jour de notre année, et qu’il était d’habitude parmi les blancs de faire
des présents ce jour-là.
Je fis distribuer cinq cents cauris à chacun de mes laptots et je leur
donnai une calebasse de miel en ruche, qu’Ahmadou m’avait envoyée, puis
je distribuai à toutes les femmes de la case deux cents cauris chacune,
et aux captifs quelques centaines de cauris à partager.
Samba N’diaye, à sa grande joie, et d’autant plus qu’il ne l’espérait
pas, eut un boubou de coton blanc, d’une valeur de six mille cauris au
moins à Ségou ; et j’en donnai également un au vieil Abdoul, pour le
remercier de la bonne hospitalité que nous avions reçue de lui à ses
lougans.
Ahmadou avait paru enchanté de son cadeau, surtout de l’argent, et avait
promis qu’il me ferait appeler, dès qu’il serait un peu dégagé des
occupations qui l’accablaient. En effet, il y avait diverses questions
pendantes, et d’abord celle de la formation de l’armée, qu’il cherchait
à réunir sans succès ; puis, une querelle suivie de bataille, qui avait
eu lieu au marché de Bamabougou, entre les Bambaras et les Talibés, qui
avaient voulu prendre des marchandises sans payer, ce qui leur valut par
la suite cinquante coups de corde à chacun, donnés par l’ordre
d’Ahmadou. Enfin différentes razzias s’opéraient, et l’une avait ramené
cent quatre-vingts bœufs, enlevés autour de Sansandig.