Le 29 novembre Samba N’diaye vint me souhaiter le bonjour, et, comme on
peut le croire, je le reçus assez mal. Alors il m’expliqua qu’Ahmadou
lui avait dit de me retenir, de m’empêcher de sortir, et qu’il avait dû
exécuter cet ordre. Samba Farba, qui arriva sur ces entrefaites, trouva
le moyen de me faire rire avec ses farces de griot, et le calme se
rétablit ; mais bien longtemps encore je gardai une froideur très-grande
avec Samba N’diaye. Je savais maintenant ce que je pouvais attendre de
lui, et cependant par la suite encore il m’a rendu des services assez
importants.
Décembre 1864.
Enfin décembre arriva ; c’était le mois où j’attendais Bakary Guëye et
ma délivrance. La température était rafraîchie ; un rhumatisme du genou,
qui m’avait fait cruellement souffrir, paraissait enfin céder à
l’application constante de cataplasmes très-chauds. Les affaires du pays
n’allaient pas plus mal ; on faisait rentrer une partie de l’armée
d’observation de Yamina, ce qui semblait indiquer moins de danger de ce
côté. Tout semblait donc tourner en notre faveur. Depuis l’arrivée de
Seïdou, Ahmadou se montrait plus affable ; il semblait qu’on eût enfin
abjuré toute défiance à notre égard, et si ce n’était pas tout à fait
exact il s’en fallait de peu[186].