23 juin 1864.

Le 23 juin, ce courrier était, disait-on, arrivé dans la nuit. On

l’avait reçu sans pompe. On racontait qu’El Hadj s’était battu dans le

Macina : on attendait un autre courrier dans douze jours (c’était

l’intervalle ordinaire qu’on mettait entre les arrivées de ces

courriers), et on rassemblerait alors une armée pour conduire cent

pirogues de mil. El Hadj n’était plus à Tenenkou, mais un peu plus loin,

et il avait promis d’envoyer Tidiani avec une armée au-devant du convoi.

Pendant que ces bruits venaient ranimer l’espérance, on continuait à

désarmer consciencieusement les Bambaras et à raser leurs tatas. Chaque

jour on apportait des paquets de fusils, de lances, d’arcs, et chaque

jour, si la population de quelques villages venait se rendre, celles de

beaucoup d’autres s’enfuyaient, traversaient le Bakhoy et allaient vers

le Sud chercher un peu de repos. Ceux qui fuyaient étaient poursuivis,

et, quand on les prenait, ils étaient immédiatement décapités. Un jour

c’étaient trente-quatre hommes, le lendemain, deux, trois, cinq. Le

nombre variait, mais presque chaque jour apportait aux hyènes leur

contingent.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 128 / 368 题