7 juin 1864.

Ce ne fut que le 7 juin, deuxième jour du grand anniversaire musulman,

qu’il parvint à le joindre. Avec son air tranquille ordinaire et

toujours souriant, le vieux lui dit qu’Ahmadou était un enfant, qu’il

disait une chose et l’oubliait après, qu’il ne finissait de rien et

qu’après avoir remis jusqu’à aujourd’hui, il avait dit ce matin que nous

serions partis avant Tamkarette (fête musulmane), qui tombe le 15 ; que

l’armée de Yamina était occupée à ramasser les armes dans les villages,

mais que sous peu cela serait terminé et que le 10 elle serait ici.

Comme le docteur lui signalait mon impatience, alléguant que l’époque

que j’avais fixée au gouverneur comme date de mon retour approchait, et

que je voulais aller le dire à Ahmadou, Abdoul insista pour qu’on prît

patience trois jours encore, affirmant que cette fois l’armée était bien

pour nous et qu’on ne s’occuperait de rien avant notre départ. Il

ajoutait qu’Ahmadou était si pressé, qu’il lui avait défendu d’aller

coucher à ses lougans, avant que l’armée ne fût en route.

Les jours suivants nous acquérions la certitude qu’on désarmait le pays,

et on nous faisait espérer qu’une fois ce désarmement terminé, nous

pourrions partir.

J’envoyai Samba Yoro chez Ahmadou, mais sans obtenir une réponse

catégorique, et par-dessus le marché nous étions de plus en plus

malades. A l’hépatite avaient succédé des clous. Aujourd’hui, je

souffrais encore de faiblesse et de maux de tête continuels, et le

docteur avait quelquefois la fièvre.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 124 / 368 题