25 mai 1864.

Le 25 mai, Samba N’diaye nous racontait qu’une femme, venue du Macina,

avait vu El Hadj et annonçait son arrivée prochaine, et que c’était sans

doute pour cela qu’on ne nous faisait pas partir.

Quant à Alpha Ahmadou, il me dit qu’il fallait que j’écrivisse une

lettre à Ahmadou ou que j’allasse moi-même le trouver parce que lui ne

pouvait plus lui parler, et j’appris qu’en effet aux premiers mots qu’il

avait prononcés de notre affaire, Ahmadou l’avait engagé à ne pas se

mêler de ce qui ne le regardait pas.

Pour ce qui est de la nouvelle donnée par Samba N’diaye, nous n’y

croyions pas, mais nous craignions que ce ne fût un nouveau prétexte.

Restait Tierno-Abdoul, et, si j’étais découragé, le docteur avait encore

foi en lui. Le vieux lui disait bien que la femme du Macina avait menti,

mais il soutenait qu’on s’occupait de nous, et que dès que le partage de

Fogni, qui n’était par terminé, serait enfin fini, nous partirions.

Pour moi, je ne croyais pas à Tierno-Abdoul ; j’étais découragé. Je ne

croyais pas davantage à Samba N’diaye, mais je sentais que je ne pouvais

plus retourner à Saint-Louis par suite des menaces de l’hivernage qui

chaque jour s’annonçait par des tornades avortées, des coups de vent, un

temps lourd et les autres signes connus de l’hivernage du Sénégal.

Quant aux laptots, jusque-là si résignés, ils commençaient à s’aigrir et

demandaient à partir ; et convaincu que personne ne comprenait ce que

nous souffrions, j’étais presque content de les trouver dans cette

disposition, espérant que lorsqu’on verrait que nos noirs même

souffraient, on apprécierait mieux notre situation.

Alors je m’écriais : « Que je comprends ce que Barth a dû souffrir

pendant sept mois à Tombouctou !... » Et pourtant, il y trouvait plus de

ressources que nous n’en avions, mais sous bien des rapports sa position

était semblable à la nôtre.

Cependant, Abdoul persistait dans ses affirmations.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 121 / 368 题