Avec le jour j’envoyai Samba N’diaye à la recherche du porteur de la
lettre ; il revint vers dix heures, me disant qu’il l’avait vu, qu’il y
avait tout un paquet. Alors mes craintes furent calmées, ces lettres
étaient pour moi sans doute, et j’allais recevoir des nouvelles de ma
famille. L’impatience me gagna, je ne pouvais plus tenir en repos. On me
disait qu’Ahmadou était en palabre avec Oulibo et que le courrier ne
voulait pas remettre les lettres à d’autres qu’à lui. Mais je ne pouvais
rester ainsi ; nous passions, le docteur et moi, de la plus extrême
confiance aux plus graves appréhensions ; trois fois, je renvoyai Samba
N’diaye, et enfin, à cinq heures du soir, vingt quatre heures après
l’arrivée du courrier il m’amena celui-ci qui me remit une lettre, la
seule qu’il eût. Elle était du commandant de Bakel, le capitaine Faliu,
qui m’envoyait une copie d’instructions du gouverneur. Je reproduis ces
deux documents.