Le 16 avril, on annonçait que l’armée de Nioro approchait, qu’une armée
de Dinguiray était en train d’opérer dans le Foula Dougou, et en même
temps que les Bambaras venaient d’attaquer, dans le sud de Ségou, deux
petits villages de Bambaras soumis, Minianka et Nagassola ; mais on
ajoutait que les Talibés, accourus au secours, avaient tué trente-cinq
hommes. Le 17, on disait que l’armée de Nioro avait dû passer Damfa, et
en même temps que des courriers envoyés par Tidiani, neveu d’El Hadj et
chef de son armée, arrivaient de Say.
Le lendemain, ces courriers n’étaient plus que des Diawandous qui
arrivaient de la frontière du Macina.
J’envoyai Samba N’diaye demander à Ahmadou ce qu’il en était ; et en
même temps, rappelant que la saison des pluies était venue, je demandais
à partir.
En effet, les orages et tornades étaient arrivés.
[Illustration : Maison du griot Sontoukou, à Ségou-Sikoro.]
Samba N’diaye revint avec une troisième version. Ahmadou lui avait
répondu que, d’après ses nouvelles, El Hadj serait sorti d’Hamdallahi
avec une armée, et qu’il aurait battu l’armée du Macina à Mopti ; les
Touaregs Bourdamé seraient venus le trouver en ce lieu pour dire qu’ils
cernaient Cheick Ahmed Beckay de Tombouctou, et qu’il pouvait envoyer
une armée, qui le prendrait. Alors il aurait envoyé Tidiani avec une
armée, accompagné du fils de Galadjo[151]. Ils auraient remporté une
victoire, et Cheick Ahmed Beckay serait pris ou mort. El Hadj serait à
Conna où il attendrait.
Voilà les nouvelles que m’apportait Samba N’diaye ; mais, pour mon
départ, rien. Il ajoutait qu’au Macina on avait fait un grand massacre
de prisonniers, de Peuhls particulièrement, et que dans une seule
journée on en avait exécuté mille.
Ici, écrivais-je alors, on est plus modeste ; on ne les tue que par
petit nombre, et ce matin encore quatre ont succombé. Je ne prévoyais
pas alors à quels massacres j’assisterais.
Le même jour, on battait le tabala à la mosquée, et une armée allait en
toute hâte secourir Dougassou, qu’on disait attaqué par l’armée de Mari,
qui avait abandonné Holocouna et était de l’autre côté du Bakhoy, à
Touna.