16 avril 1864.

Le 16 avril, on annonçait que l’armée de Nioro approchait, qu’une armée

de Dinguiray était en train d’opérer dans le Foula Dougou, et en même

temps que les Bambaras venaient d’attaquer, dans le sud de Ségou, deux

petits villages de Bambaras soumis, Minianka et Nagassola ; mais on

ajoutait que les Talibés, accourus au secours, avaient tué trente-cinq

hommes. Le 17, on disait que l’armée de Nioro avait dû passer Damfa, et

en même temps que des courriers envoyés par Tidiani, neveu d’El Hadj et

chef de son armée, arrivaient de Say.

Le lendemain, ces courriers n’étaient plus que des Diawandous qui

arrivaient de la frontière du Macina.

J’envoyai Samba N’diaye demander à Ahmadou ce qu’il en était ; et en

même temps, rappelant que la saison des pluies était venue, je demandais

à partir.

En effet, les orages et tornades étaient arrivés.

[Illustration : Maison du griot Sontoukou, à Ségou-Sikoro.]

Samba N’diaye revint avec une troisième version. Ahmadou lui avait

répondu que, d’après ses nouvelles, El Hadj serait sorti d’Hamdallahi

avec une armée, et qu’il aurait battu l’armée du Macina à Mopti ; les

Touaregs Bourdamé seraient venus le trouver en ce lieu pour dire qu’ils

cernaient Cheick Ahmed Beckay de Tombouctou, et qu’il pouvait envoyer

une armée, qui le prendrait. Alors il aurait envoyé Tidiani avec une

armée, accompagné du fils de Galadjo[151]. Ils auraient remporté une

victoire, et Cheick Ahmed Beckay serait pris ou mort. El Hadj serait à

Conna où il attendrait.

Voilà les nouvelles que m’apportait Samba N’diaye ; mais, pour mon

départ, rien. Il ajoutait qu’au Macina on avait fait un grand massacre

de prisonniers, de Peuhls particulièrement, et que dans une seule

journée on en avait exécuté mille.

Ici, écrivais-je alors, on est plus modeste ; on ne les tue que par

petit nombre, et ce matin encore quatre ont succombé. Je ne prévoyais

pas alors à quels massacres j’assisterais.

Le même jour, on battait le tabala à la mosquée, et une armée allait en

toute hâte secourir Dougassou, qu’on disait attaqué par l’armée de Mari,

qui avait abandonné Holocouna et était de l’autre côté du Bakhoy, à

Touna.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 106 / 368 题