El Hadj, maître du Kaarta. — Les Massassis sont détruits ou soumis. —
Guerre contre les Djawaras. — Première hostilité du Macina. — El Hadj
prend Diangounté. — Lettre à Toroco-Mari, roi de Ségou. — Tierno-Abdoul.
— Mort de Toroco-Mari. — Ali, roi de Ségou. — El Hadj retourne sur les
bords du Sénégal. — Guerre de Médine. — Délivrance du poste. — El Hadj
fuit vers Koundian. — Passage du Galamagui. — Séjour à Koundian. —
Conquête des pays Malinkés. — El Hadj retourne au Bondou, au Fouta. — Il
expédie à Nioro les canons pris à Ndioum. — Séjour difficile au Fouta. —
Il quitte le Fouta. — Attaque du _Pilote_ par Sirey Adama. — El Hadj à
Nioro. — El Hadj à Marcoïa.
Dès lors rien ne pouvait plus résister à El Hadj ; tous étaient
entraînés dans le tourbillon de la conquête, et ceux qui auraient voulu
résister se trouvaient à la tête d’esclaves démoralisés pour résister à
des hommes libres et fanatiques. Aussi les Massassis tombaient comme les
épis sous la faux du moissonneur. Vainement ils fuyaient ; à chaque
station, ils étaient suivis par l’armée du conquérant, qui, sans leur
laisser le temps de se reconnaître, les forçait à s’éloigner encore. De
Médina, El Hadj vint à Fanga dans le Guidi-Oumé ; il y resta deux ou
trois mois et passa à Khoré, Diakha, Goumouké, Bidadj, Simbi et
Kharkharo. C’est alors qu’effrayé sérieusement, le Kaarta comprit que
pour ne pas périr il fallait se rendre. Mahmady Kandia le roi du Kaarta
et chef des Massassis, Karounka, chef des Djawaras, Noue et Sambouné,
chefs des Pouls du Kaarta et du Bakhounou, et Maoundé, chef des Bambaras
Kagorotas[100], vinrent ensemble faire leur soumission. El Hadj les
accueillit et prit de suite la route de Nioro, capitale actuelle du
Kaarta et résidence de Mahmady Kandia. En arrivant devant le tata,
Mahmady s’en fit apporter les clefs et les remit à El Hadj, ni plus ni
moins qu’on l’eût fait en Europe ; mais ce dernier les refusa, ce qui ne
l’empêcha pas de s’installer chez Mahmady Kandia et de faire faire bonne
garde par ses Talibés et sofas.
[Illustration : CARTE DU NIGER. entre KOULIKORO et SANSANDIG levée et
dressée par E. MAGE Lieutenant de Vaisseau. 1867.