28 janvier 1864.

En quittant Kita, on me prévint que j’allais marcher trois jours à

grandes marches sans trouver âme qui vive, sauf peut-être quelques

brigands. En effet, nous traversâmes un pays désert, montagneux, souvent

aride, mais quelquefois offrant des vallées au fond desquelles nous

apercevions des bois de roniers, des marigots, des ruisseaux bordés de

bambous d’une force prodigieuse (ce sont les plus beaux que j’aie vus

dans la Sénégambie), et nous arrivâmes ainsi, marchant quelquefois sur

des ruines qui attestaient d’immenses villages, tels que Mambiri, au

camp de Seppo, ainsi nommé d’une source qui suinte d’une montagne et qui

a créé, au milieu d’une plaine rocheuse, un peu de végétation, de

l’herbe et quelques baobabs. Sur notre droite nous avions la montagne de

Dioumi, que le docteur qui alla la voir me dit être granitique. Elle

offrait à l’œil des teintes violettes.

Sur notre gauche, faisant face au Nord, était la montagne d’où sortait

la source ; elle était entièrement composée de roches schisteuses dont

je ramassai un échantillon. L’eau était mauvaise et très-sale ; nous

fûmes obligés de la filtrer dans un linge pour en séparer une vase

noire.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 43 / 368 题