En quittant Kita, on me prévint que j’allais marcher trois jours à
grandes marches sans trouver âme qui vive, sauf peut-être quelques
brigands. En effet, nous traversâmes un pays désert, montagneux, souvent
aride, mais quelquefois offrant des vallées au fond desquelles nous
apercevions des bois de roniers, des marigots, des ruisseaux bordés de
bambous d’une force prodigieuse (ce sont les plus beaux que j’aie vus
dans la Sénégambie), et nous arrivâmes ainsi, marchant quelquefois sur
des ruines qui attestaient d’immenses villages, tels que Mambiri, au
camp de Seppo, ainsi nommé d’une source qui suinte d’une montagne et qui
a créé, au milieu d’une plaine rocheuse, un peu de végétation, de
l’herbe et quelques baobabs. Sur notre droite nous avions la montagne de
Dioumi, que le docteur qui alla la voir me dit être granitique. Elle
offrait à l’œil des teintes violettes.
Sur notre gauche, faisant face au Nord, était la montagne d’où sortait
la source ; elle était entièrement composée de roches schisteuses dont
je ramassai un échantillon. L’eau était mauvaise et très-sale ; nous
fûmes obligés de la filtrer dans un linge pour en séparer une vase
noire.