CHAPITRE IV.

Premiers bruits de troubles dans l’empire d’El Hadj. — Arrivée au

Bakhoy. — Son gué. — Discorde entre mes hommes. — Arrivée à Kita. — La

montagne. — Makadiambougou. — Productions. — Cultures. — Musique. —

Boubakar et le guide gravement malades. — Huit jours d’arrêt. — Le

Bélédougou et le Manding sont révoltés. — Impossibilité de marcher vers

l’Est. — Je me décide à remonter à Diangounté. — Marche au Nord à

travers le Foula-Dougou. — Le Bakhoy no 2. — Le Baoulé. — Les esclaves

enchaînés en route. — Détails sur des Diulas. — Arrivée au Kaarta.

Notre séjour à Makhana fut marqué par la première nouvelle que nous

eûmes de troubles dans l’empire d’El Hadj. Ahmadou, disait-on, avait

pillé quelques villages du Bélédougou ; à cette époque cela nous

semblait bien peu de chose. Nous traversâmes le Gangaran de l’Ouest à

l’Est, bien reçus partout. Les villages, la plupart construits en

bambous entrecroisés, ce que les noirs de Saint-Louis appellent

crinetis, sont assez malpropres ; ils sont généralement composés d’un

certain nombre de groupes de cases, formant des divisions qui

représentent des fractions souvent indépendantes les unes des autres.

Chaque fois que nous campions, les gens des villages environnants

venaient m’apporter un tribut sur le sens duquel je ne pouvais m’abuser.

Ce n’était pas un cadeau volontaire, mais un de ces impôts arbitraires

que lèvent les gens d’El Hadj partout où ils passent : au fond je voyais

que ces gens avaient la tête basse, le regard triste, et moi, pauvre

voyageur inoffensif, je partageais dans leur esprit la haine qu’ils

portent à leurs conquérants.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 38 / 368 题