13 janvier 1864.

Le lendemain nous retrouva en route ; nous franchîmes un marigot, puis

une petite montagne, un second marigot, et nous arrivâmes à une haute

montagne de 150 mètres aux pentes rapides, mais que cependant on put

gravir sans mettre pied à terre, non sans peine, à cause des bambous qui

la couvrent et qui sont entrelacés au point de fermer par moments tout

passage. Lorsque je fus au sommet, je m’aperçus que nous passions par

une sorte de col et que cette chaîne, la plus considérable que j’aie

traversée dans mon voyage, était la ligne de faîte qui sépare la vallée

du Bafing d’avec celle de ses affluents. La descente fut rapide : le

plateau sur lequel nous arrivions était à mi-hauteur de la montagne,

qui, de ce côté, n’avait pas plus de 80 mètres.

Nous entrions alors dans des plaines cultivées ; aux pays déserts que

nous avions vus depuis notre départ succédait enfin, pendant quelques

jours au moins, l’apparence du bien être. Le soir nous couchions au

village de Makhana.

[Décoration]

[Note 23 : Ce torrent, énorme dans les hautes eaux, est une défense de

la place de Koundian. En 1857, l’armée d’El Hadj, s’échappant de Médine,

le passa à la nage et plusieurs centaines d’hommes y périrent.]

[Note 24 : C’est, on le sait, le tambour de guerre, caisse hémisphérique

en bois recouverte d’une peau de bœuf, sur laquelle on frappe lentement

et en cadence avec une pomme de cuir emmanchée sur un manche flexible.]

[Note 25 : Médina Gongou (île de Médina).]

[Note 26 : En 1858, à la suite de la guerre, aucun des pays du haut

Sénégal n’ayant pu faire de cultures, la famine fut si abominable que

dans les rues de Bakel on voyait jusqu’à quinze et vingt individus,

femmes, enfants et même hommes, mourir de faim en une journée, en dépit

de la charité publique et des secours de l’autorité.]

[Note 27 : Boubou, sorte de blouse musulmane très-ample offrant de

l’analogie avec le puncho de l’Amérique.]

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 37 / 368 题