Puisqu’il y avait traces d’hommes, le village ne devait pas être loin,
et, dès le lendemain, je fis partir Sidi avec Yssa à la recherche d’un
village. Sidi était Khassonké et devait se trouver en pays de
connaissance ou de parents ; je l’avais chargé d’assurer de mes
intentions pacifiques, de dire que j’étais venu voir le pays, et au
besoin commercer ; mais que j’avais assez de force pour être sûr qu’on
ne pût me faire de mal.
Laissons ces voyageurs s’avancer, et donnons une idée de notre séjour à
Bafoulabé. Car j’étais à Bafoulabé, et ce n’était pas sans un vif
plaisir.
J’avais déjà abordé l’inconnu, je n’avais pas entamé mes marchandises,
et j’avais parcouru quarante lieues de fleuve inexploré, remonté ou
franchi par terre trente barrages ou chutes d’eau.
[Décoration]
[Note 21 : Les Khassonkés sont des Pouls, plus ou moins mélangés de
Malinkés, qui ont adopté la langue de cette dernière race.]
[Note 22 : J’avais eu la précaution de les faire visser au lieu de les
clouer.]