Après une journée comme celle-là, on a besoin de repos, et cependant le
11, au matin, on repartait à la recherche de l’âne. A onze heures, on
l’avait retrouvé, ainsi que la peau de bouc de Mamboye. Le reste de la
journée fut employé à installer des branches pour faire sécher de la
viande, à nettoyer le camp et mettre de l’ordre dans nos bagages. Puis,
ayant trouvé, en rôdant aux alentours, des traces fraîches d’hommes qui
se préparaient à prendre le miel d’une ruche, et sans doute avaient fui
au bruit des coups de fusils dont nous accompagnions souvent notre
marche, il fallut songer à la prudence, et je fis disposer autour de
notre campement des épines au milieu des herbes, de manière à former une
défense à l’abri de laquelle nous eussions pu tenir tête à une centaine
d’hommes.