7 décembre 1863.

Enfin, le 7, après bien des fatigues, j’écrivais sur mon carnet ces

mots :

« Un caïman a essayé d’attraper nos bœufs pendant qu’ils buvaient.

Depuis Gouïna, c’est le premier que nous voyons ; serait-ce un indice

que les barrages sont terminés ? Le fleuve paraît dégagé devant nous.

J’espère être demain à Bafoulabé. »

Néanmoins, nous eûmes encore trois barrages à franchir, dont un

présentait une chute verticale de 1m,50. Plus tard, quand je fus à

Oualiha, on me le désigna sous le nom de Doumoudamo-Dioubé ou passage de

Doumoudamo. Un marigot aboutit en cet endroit au fleuve, faisant suite à

une série de lacs ; nous campâmes près du point où il se jette dans le

fleuve. Ce marigot, le Khasso-Fara, nous a-t-on assuré, marque la limite

du Natiaga, et, par conséquent, du Khasso, si tant est qu’il y ait

jamais eu de limites bien établies entre deux pays nègres.

[Illustration : Caïman essayant de saisir un bœuf.]

[Illustration : Pointe de Bafoulabé.]

Un peu avant ce marigot, nous en avions passé un autre sur la rive

droite, désigné sous le nom de marigot Kétiou, qui, nous dit-on, descend

du Tomora, apportant les eaux des pluies auxquelles il sert

d’écoulement.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 25 / 368 题