Enfin, le 7, après bien des fatigues, j’écrivais sur mon carnet ces
mots :
« Un caïman a essayé d’attraper nos bœufs pendant qu’ils buvaient.
Depuis Gouïna, c’est le premier que nous voyons ; serait-ce un indice
que les barrages sont terminés ? Le fleuve paraît dégagé devant nous.
J’espère être demain à Bafoulabé. »
Néanmoins, nous eûmes encore trois barrages à franchir, dont un
présentait une chute verticale de 1m,50. Plus tard, quand je fus à
Oualiha, on me le désigna sous le nom de Doumoudamo-Dioubé ou passage de
Doumoudamo. Un marigot aboutit en cet endroit au fleuve, faisant suite à
une série de lacs ; nous campâmes près du point où il se jette dans le
fleuve. Ce marigot, le Khasso-Fara, nous a-t-on assuré, marque la limite
du Natiaga, et, par conséquent, du Khasso, si tant est qu’il y ait
jamais eu de limites bien établies entre deux pays nègres.
[Illustration : Caïman essayant de saisir un bœuf.]
[Illustration : Pointe de Bafoulabé.]
Un peu avant ce marigot, nous en avions passé un autre sur la rive
droite, désigné sous le nom de marigot Kétiou, qui, nous dit-on, descend
du Tomora, apportant les eaux des pluies auxquelles il sert
d’écoulement.