Les journées du 6 et du 7, nous passâmes une série de rapides que je
désigne sous le nom de barrages de Malambèle, car nous retrouvâmes sur
la berge et sur les bancs du fleuve des traces de villages. Ces barrages
furent presque tous franchis à la touline. Le courant était violent et
l’opération fort délicate, car les berges étaient loin d’être unies
comme un chemin de halage. Il nous arriva même, à un moment où trois des
hommes allaient tourner une roche, pendant que le quatrième s’arc-
boutait pour maintenir le canot, qu’il fut entraîné et tomba à l’eau.
Aussitôt le canot vint en travers et fut entraîné avec la rapidité d’une
flèche. M. Quintin et moi étions seuls dedans. Je tenais le gouvernail ;
nous essayâmes d’armer l’aviron pour redresser le canot, mais la
violence du courant ne le permit pas.
Nous descendîmes le rapide, et voyant que nous arrivions nous briser sur
les roches, je n’eus qu’une ressource, ce fut de me jeter en dehors du
canot, pour _étaler_, comme disent les marins. Le choc fut bien diminué
de violence, et nous pûmes arrêter et reprendre l’opération.