6 décembre 1863.

Les journées du 6 et du 7, nous passâmes une série de rapides que je

désigne sous le nom de barrages de Malambèle, car nous retrouvâmes sur

la berge et sur les bancs du fleuve des traces de villages. Ces barrages

furent presque tous franchis à la touline. Le courant était violent et

l’opération fort délicate, car les berges étaient loin d’être unies

comme un chemin de halage. Il nous arriva même, à un moment où trois des

hommes allaient tourner une roche, pendant que le quatrième s’arc-

boutait pour maintenir le canot, qu’il fut entraîné et tomba à l’eau.

Aussitôt le canot vint en travers et fut entraîné avec la rapidité d’une

flèche. M. Quintin et moi étions seuls dedans. Je tenais le gouvernail ;

nous essayâmes d’armer l’aviron pour redresser le canot, mais la

violence du courant ne le permit pas.

Nous descendîmes le rapide, et voyant que nous arrivions nous briser sur

les roches, je n’eus qu’une ressource, ce fut de me jeter en dehors du

canot, pour _étaler_, comme disent les marins. Le choc fut bien diminué

de violence, et nous pûmes arrêter et reprendre l’opération.

Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger) · 第 24 / 368 题