Dubocage serait devenu un écuyer, car il apprenait à monter à cheval, si
Aurélie lui en eût laissé le temps. Mais peu à peu le souvenir du chef
d’escadron s’effaçait et devenait moins distinct.
D’ailleurs, il venait d’arriver en ville un poëte presque célèbre. Il
portait de longs cheveux plats et une barbe un peu en désordre. Invité
dans quelques salons, il daigna réciter d’une voix mélancolique des vers
désolés qui firent pleurer les femmes.
En voyant le poëte, Aurélie comprit et aima la poésie.
C’est pourquoi les bottes molles de Dubocage furent reléguées au
grenier, et trois semaines plus tard, il publiait dans l’_Écho
Saumurois_, sous un pseudonyme des plus transparents, une nouvelle
éplorée qui obtint un légitime succès.