XXXV

C'était un atelier de neuf mètres de long sur sept de large.

Ses quatre murs ressemblaient à un musée et à un pandémonium. L'étalage

et le fouillis d'un luxe baroque, un entassement d'objets bizarres,

exotiques, hétéroclites, des souvenirs, des morceaux d'art, l'amas et le

contraste de choses de tous les temps, de tous les styles, de toutes les

couleurs, le pêle-mêle de ce que ramasse un artiste, un voyageur, un

collectionneur, y mettaient le désordre et le sabbat du bric-à-brac.

Partout d'étonnants voisinages, la promiscuité confuse des curiosités et

des reliques: un éventail chinois sortait de la terre cuite d'une lampe

de Pompéi; entre une épée à trois trèfles qui portait sur la lame:

_Penetrabit_, et un bouclier d'hippopotame pour la chasse au tigre, on

pouvait voir un chapeau de cardinal à la pourpre historique tout usée;

et un personnage d'ombre chinoise de Java découpé dans du cuir était

accroché auprès d'un vieux gril en fer forgé pour la cuisson des

hosties.

Sur l'un des panneaux de la porte, encadrée dans des arabesques

d'Alhambra, une tête de mort couronnait une panoplie qui dessinait

vaguement, dessous, l'ostéologie d'un corps. Des sabres à pommeaux,

arrangés en fémurs, des lames à manches d'ivoire et d'acier niellé, des

poignards courbes ébauchant des côtes, des yatagans, des khandjars

albanais, des flissats kabyles, des cimeterres japonais, des cama

circassiens, des khoussar indous, des kris malais, se levait une espèce

de squelette sinistre de la guerre, le spectre de l'arme blanche.

Au-dessus de la porte, deux bottes marocaines en cuir rouge pendaient,

comme à califourchon, des deux côtés d'un grand masque de sarcophage, la

face noire et les yeux blancs: posés sur le front du large et effrayant

visage, des gants persans en laine frisée lui faisaient une sorte

d'étrange perruque de cheveux blancs.

A côté de la porte, auprès d'une horloge Louis XIII à cadran de cuivre

et à poids, une crédence moyen âge portait un moulage d'Hygie: devant

elle, un ânon de plâtre semblait boire dans un gobelet de fer-blanc

plein de vermillon. Entre les jambes d'un écorché, on apercevait comme

un coin du Cirque: un petit modèle d'éléphant et un lutteur antique

lancé en avant. La Léda de Feuchères, les jambes furieusement croisées

autour du cygne, ses genoux lui relevant les ailes, était devant le

Mercure de Pigalle, dont l'épaule coupait la gorge d'une nymphe de

Clodion. Au-dessus de la crédence, une pochette en ébène enrichie

d'incrustations de nacre, représentant des fleurs de lys et des

dauphins, masquait à demi un albâtre de Lagny, du XVIe siècle, ou était

figuré le songe de Jacob.

De l'autre côté de la porte, contre une autre crédence, des toiles sur

châssis empilées et retournées portaient en lettres noires: _1, rue

Childebert, Paris, Hardy Alan, fabricant de couleurs fines_.

Le milieu du panneau de gauche était décoré d'un faisceau d'oriflammes

et de drapeaux d'or, rouges et bleus, ayant servi à quelque

représentation de théâtre, et qui, avec la fulgurance de leurs plis,

avec leurs éclairs de lame de cuivre, avaient des lueurs de voûte des

Invalides et de coupole de Saint-Marc. Ce faisceau, splendide et

triomphal, sortait de casques, de masses d'armes, de boucliers, de

rondaches. Là-dessus, une tête de lion empaillée, la gueule ouverte, les

crocs blancs, sortait du mur. Elle dominait et semblait garder un fauve

chef-d'oeuvre, une petite copie du temps du _Martyre de Saint-Marc_, de

Tintoret, dont le riche cadre doré se détachait d'une boiserie noire

reliée à un coffre en bois de chêne sculpté, orné de petites armoiries

peintes et dorées. Sur un coin du coffre qui portait cela, une boîte à

couleurs ouverte faisait briller, du brillant perlé de l'ablette, de

petits tubes de fer-blanc, tachés et baveux de couleur, au milieu

desquels de vieux tubes vides et dégorgés avaient le chiffonnage d'un

papier d'argent. Il y avait encore sur le coffre, un grand plat

hispano-arabe, à reflets mordorés, où s'éparpillait un paquet de

gravures, un serre-papier fait d'un pied momifié couleur de bronze

florentin, des petites fioles, une cruche à huile en grès à dessins

bleus, et une grande statue en bois de sainte Barbe, à la main de

laquelle était suspendu, par un cordonnet, un petit médaillon en cire,

le portrait d'une vieille parente de Coriolis, guillotinée en 93.

Le reste du mur, de chaque côté, était couvert de plâtres peints, de

grands écussons bariolés et coloriés. Un profil de Diane de Poitiers, la

chair rosée, les cheveux blondissants, sous un clocheton gothique et

flamboyant, à choux frisés, la Poésie légère de Pradier sur un socle à

pivot, des pipes accrochées et serrées à la gorge par deux clous, un

fragment du Parthénon, un relief du vase Borghèse, un sceptre de la Mère

folle de Dijon en bois sculpté et peint, garni de grelots; une étagère

chargée de bouteilles turques zébrées d'or et d'azur, un houka, enlacé

du serpent poussiéreux de son tuyau, un tas de petits bouts d'ambre, une

planche de coquilles, mettaient là une polychromie étourdissante,

traversée d'éclairs d'irisations.

Par-dessus une haie de tableaux commencés, posés les uns devant les

autres, le premier sur un chevalet Bonhomme, le second sur la peluche

rouge de deux chaises, le dernier appuyé contre le mur, l'oeil allait,

sur le panneau de droite, à un masque de Géricault, sur lequel était

jeté de travers un feutre de pitre à plumes de coq. Après le masque,

c'était une petite Vierge de retable qui avait, passée derrière le dos,

une branche de buis bénit tout jauni, apportée à l'atelier par un modèle

de femme, un dimanche des Rameaux. A côté de la Vierge, une mince

colonnette, à enroulements or, argent, bleu et rouge, semée de

croissants de lune argentés et de fleurs de lis d'or, portait en haut

une boule couverte de dessins astrologiques.

Après la colonnette, s'étalait une grande toile orientale abandonnée,

sur le bas de laquelle étaient écrits, à la craie, des adresses d'amis,

des noms de modèles, des dates de rendez-vous, des mémentos de la vie

parisienne, qui entraient dans des jupes d'almées. Au-dessus de la toile

était pendue l'ossature d'une tête de chameau, avec tout son

harnachement de brides mosaïquées de pierres bleues, tout un entourage

de sellerie orientale, d'étriers de mameluck, au milieu desquels tombait

un manteau de peau d'un grand chef des _Pieds noirs_, troué d'un trou de

balle, et qui avait été échangé, dans le pays, contre vingt-deux poneys.

En bas, une petite armoire vitrée laissait voir, pressées et mêlées, des

étoffes d'où s'échappaient des fils d'or, des soieries à couleurs de

fleurs, des vestes turques dont chaque bouton d'or enserrait une perle

fine. Un peu plus loin, par terre, les cassures métalliques d'un monceau

de charbon de terre étincelaient contre le poêle qui allait enfoncer le

coude de son tuyau dans le mur, au-dessus d'un bas-relief de saint

Michel terrassant le diable, à côté de l'inscription philosophique,

gravée en creux dans la pierre par un prédécesseur de Coriolis:

Quare

Nec time

Hic aut illic mors

Veniet.

Puis, entre le moulage de la tête d'un chauffeur d'Orgères et un

médaillon bronzé d'une tournure furieuse à la Préault, pendaient une

paire de castagnettes et deux souliers de danseuse espagnole, qui

avaient comme une ombre de chair au talon. La décoration continuait par

un bas-relief de camarade, un sujet de prix de Rome, portant le cachet

en creux, au haut, à gauche: _École royale des Beaux-Arts_. Et le mur

finissait par un moulage de la Vénus de Milo.

Un mannequin, couvert d'un sale costume d'arlequin loué, était debout

devant la déesse, et il en écornait un grand morceau avec sa pose de

bois qui faisait la cour à Colombine.

Le fond de l'atelier était entièrement rempli par un grand divan-lit qui

ne laissait de place, dans un coin, qu'à une psyché en acajou, à pieds à

griffes. Sous le jour de la baie, une sorte d'alcôve s'enfonçait là

entre deux grandes cantonnières de tapisserie à verdure, sous un large

_tendo_ de toile grise, qui rappelait le ton et le grand pli lâche d'une

voile sur une dunette de navire. Ce _tendo_ pendait à des cordes que

paraissaient tenir, de chaque côté de la baie, deux grands anges de

style byzantin, peints et nimbés d'or. Le divan était recouvert de peaux

de panthères et de tigres, aux têtes desséchées. Aux deux encoignures du

fond, deux moulages de femme de grandeur naturelle, les deux moulages

admirables du corps de Julie Geoffroy et de ses deux faces, par Rivière

et Vittoz, se dressaient en espèces de cariatides. C'était la vie,

c'était la présence réelle de la chair, que ces empreintes, celle

surtout qu'éclairait à gauche une filtrée de jour, ce dos que fouettait,

sur tous ses reliefs et sur le plein de ses orbes, une lumière

chatouillante allant se perdre le long de la jambe sur le bout du talon.

Une ombre flottante dormait tout le jour dans ce réduit de mystère et de

paresse, dans ce petit sanctuaire de l'atelier, qui, avec ses odeurs de

dépouilles sauvages et sa couleur de désert, semblait abriter le

recueillement et la rêverie de la tente.

Là-dedans, dans cet atelier, il y avait le grand Coriolis qui peignait

debout;--Anatole, qui faisait sur un album, en fumant une cigarette, un

croquis d'après un corps dormant et perdu dans l'ombre du divan;--et le

singe de Coriolis, grimpé et juché sur le dossier de la chaise

d'Anatole, fort occupé à faire comme lui, se dépêchant de regarder quand

il regardait, crayonnant quand il crayonnait, appuyant avec rage son

porte-crayon sur la page blanche d'un petit carnet. A tout moment, il

avait des étonnements, des désespoirs; il jetait de petits cris de

colère, il tapait sur le papier: son crayon était rentré et ne marquait

plus. Il voulait le faire ressortir, s'acharnait, flairait le

porte-crayon avec précaution, comme un instrument de magie, et finissait

par le tendre à Anatole.

Le jour insensiblement baissait. Le bleuâtre du soir commençait à se

mêler à la fumée des cigarettes. Une vapeur vague où les objets se

perdaient et se noyaient tout doucement, se répandait peu à peu. Sur les

murs salis de traînée de fumée, culottés d'un ton d'estaminet, dans les

angles, aux quatre coins, il s'amassait un voile de brouillard. La

gaieté de la lumière mourante allait en s'éteignant. De l'ombre tombait

avec du silence: on eût dit qu'un recueillement venait aux choses.

Coriolis s'assit sur un tabouret devant sa toile, et se perdit dans les

rêveries que l'heure douteuse fait passer dans les yeux d'un peintre

devant son oeuvre. Anatole alla s'étendre à la place que les pieds du

dormeur laissaient libre sur le divan. Le singe disparut quelque part.

Les tableaux semblaient défaillir; ils étaient pris de ce sommeil du

crépuscule qui paraît faire descendre dans les ciels peints le ciel du

dehors, et retirer lentement des couleurs le soleil qui s'en va de la

journée. La mélancolique métamorphose se faisait, changeant sur les

toiles l'azur matinal des paysages en pâleurs émeraudées du soir; la

nuit s'abaissait visiblement dans les cadres. Bientôt les tableaux, vus

sur le côté, firent les taches brouillées, mêlées, d'un cachemire ou

d'un tapis de Smyrne. La tournure d'un rêve vint aux silhouettes des

compositions qui prirent, dans la masse de leurs ombres un caractère

confus, étrange, presque fantastique. Les petites colonnes encastrées

dans le mur, les consoles et les portoirs des statuettes, arrêtaient

encore un peu de jour qui se rétrécissait en une filée toujours plus

mince sur leurs nervures. Au-dessus de la copie du Saint-Marc, du noir

était entré dans la gueule ouverte du lion qui paraissait bâiller à la

nuit.

Un nuage d'effacement se nouait du plancher au plafond. Les plâtres

devenaient frustes à l'oeil, et des apparences de formes à demi perdues

ne laissaient plus voir que des mouvements de corps lignés par un

dernier trait de clarté. Le parquet perdait le reflet des châssis de

bois blancs qui se miraient dans son luisant. Il continuait à pleuvoir

ce gris de la nuit qui ressemble à une poussière. La fin de la lumière

agonisait dans les tableaux: ils s'évanouissaient sur place,

décroissaient sans bouger, mystérieusement, dans la lenteur d'un travail

de mort, et dans l'espèce de solennité d'une silencieuse décomposition

du jour. Comme lassée et retombant sur l'épaule, la tête de mort sembla

se pencher davantage et se baisser sur un manche de yatagan.

Puis ce fut ce moment entre le jour et la nuit où ne se voit plus que ce

qui est de l'or: l'ombre avait mangé tout le bas de l'atelier. Il n'y

restait plus de lumière qu'aux deux godets de la palette de Coriolis,

posée sur une chaise. Les choses étaient incertaines et ne se laissaient

plus retrouver qu'à tâtons par la mémoire des yeux. Puis des taches

noires couvrirent les tableaux. L'ombre s'accrocha de tous les côtés aux

murs. Une paillette, sur le côté des cadres, monta, se rapetissa,

disparut à l'angle d'en haut; et il ne resta plus dans l'atelier qu'une

lueur d'un blanc vague sur un oeuf d'autruche pendu au plafond, et dont

on ne voyait déjà plus ni la corde ni la houppe de soie rouge.

A ce moment, le domestique apporta la lampe.

Le dormeur du divan, réveillé par la lumière, s'étira, se leva: c'était

Chassagnol.

Quelque temps, il se promena dans l'atelier avec les mouvements,

l'espèce de frisson d'un homme agitant et secouant la dernière lâcheté

de sa somnolence. Et tout à coup: Ingres! Delacroix!--il jeta ces deux

grands noms comme s'il revenait d'un rêve à l'écho de la causerie sur

laquelle il s'était endormi.

--Ingres! Ah! oui, Ingres! Le dessin d'Ingres! Allons donc! Ingres!...

Il y a trois dessins: d'abord l'absolu du beau: le Phidias; puis le

dessin italien de la Renaissance: les Raphaël, les Léonard de Vinci;

puis le dessin _rengaine_... encore beau, mais avec des indications, des

appuiements, des soulignements de choses qui doivent être perdues dans

la ligne, fondues dans la coulée, le jet de tout le dessin... Tenez! par

exemple, un modèle, mettez-le là: Léonard de Vinci le dessinera avec

ingénuité... tout auprès... poil par poil, comme un enfant... Raphaël y

mettra, dans l'après-nature de son dessin, le ressouvenir de formes,

l'instinct d'un noble à lui... Eh bien! dans le Vinci comme dans le

Raphaël, dans celui qui n'a fait que copier comme dans celui qui a

interprété, il y aura plus que le modèle, quelque chose qu'ils seront

seuls à y voir... Tenez! voilà une tête de cheval de Phidias... Eh bien!

ça a l'air de n'être que la nature: moulez une tête de cheval et

voyez-la à côté!... C'est le mystère de toutes les belles choses de

l'antiquité: elles ont l'air moulées; cela semble le vrai et la réalité

même, mais c'est de la réalité vue par de la personnalité de génie...

Chez Ingres? Rien de cela... Ce qu'il est, je vais vous le dire:

l'inventeur au dix-neuvième siècle de la photographie en couleur pour la

reproduction des Pérugin et des Raphaël, voilà tout!... Delacroix, lui,

c'est l'autre pôle... Un autre homme!... L'image de la décadence de ce

temps-ci, le gâchis, la confusion, la littérature dans la peinture, la

peinture dans la littérature, la prose dans les vers, les vers dans la

prose, les passions, les nerfs, les faiblesses de notre temps, le

tourment moderne... Des éclairs de sublime dans tout cela... Au fond, le

plus grand des ratés... Un homme de génie venu avant terme... Il a tout

promis, tout annoncé... L'ébauche d'un maître... Ses tableaux? des

foetus de chefs-d'oeuvre!... l'homme qui, après tout, fera le plus de

passionnés comme tout grand incomplet... Du mouvement, une vie de fièvre

dans ce qu'il fait, une agitation de tumulte, mais un dessin fou, en

avance sur le mouvement, débordant sur le muscle, se perdant à chercher

la boulette du sculpteur, le modelage de triangles et de losanges, qui

n'est plus le contour de la ligne d'un corps, mais l'expression,

l'épaisseur du relief de sa forme... Le coloriste? Un harmoniste

désaccordé... pas de généralité d'harmonie... des colorations dures,

impitoyables, cruelles à l'oeil, qui ont besoin de s'enlever sur des

tonalités tragiques, des fonds tempétueux de crucifiement, des vapeurs

d'enfer comme dans son Dante... Une bonne toile, ça!... Pas de chaleur,

avec toute cette violence de tons, cette rage de palette... Il n'a pas

le soleil... La chair, il n'exprime pas la chair... Point de

transparence... des crépis rosâtres, des rouges d'onglée, il fait de

cela la vie, l'animation de la peau... Toujours vineux... des

demi-teintes boueuses... Jamais la belle pâte coulante, la grande

traînée délavée des maîtres de la chair... Avec cela un insupportable

procédé d'éclairage des corps et des objets, des lumières faites avec

des hachures ou des traînées de pur blanc, des lumières qui ne sont

jamais prises dans le ton lumineux de la chose peinte, et qui détonnent

comme des repeints... Regardez dans le _Dante_ ce brillant de bord

d'assiette posé sur la fesse de l'homme repoussant du pied le ventre de

la femme... Delacroix! Delacroix! Un grand maître? oui, pour notre

temps... Mais au fond, ce grand maître, quoi? C'est la lie de Rubens!...

--Merci!--fit Anatole.--Eh bien? alors, qu'est-ce qui nous restera comme

grands peintres?

--Les paysagistes,--répondit Chassagnol,--les paysagistes...

Une brusque détonation lui coupa la parole.

--Hé! là-bas?--fit Anatole en regardant le coin de l'atelier d'où le

bruit était parti; et s'approchant de la petite table sous laquelle on

mettait les bouteilles de bière, il aperçut le singe blotti qui, les

yeux fermés, faisait très-sérieusement semblant de dormir, en tenant

encore dans la main le bouchon d'un cruchon de bière qu'il avait

débouché.

--Farceur!--dit Anatole; et il le saisit par la patte. Le singe se fit

tirer comme quelqu'un qu'on va battre; et au moment où Anatole allait

lui donner une correction, il fut sauvé par l'annonce du dîner.

Manette Salomon · 第 42 / 162 题