explorateurs futurs, mais ce n’est point ici le lieu de poser des
questions, de tracer des instructions : mon seul but a été de montrer
l’état présent des connaissances, et de faire voir en quoi les notions
du voyage du cheykh au Dârfour, combinées avec les relations les plus
nouvelles, et les rapports récents des indigènes, peuvent fournir de
secours et d’éléments aux voyageurs. Je ne doute pas que la description
du cheykh ne serve à expliquer plusieurs choses qui, sans elle,
resteraient inintelligibles ou obscures. Sa division générale du Soudan
est conforme aux meilleures notions existantes ; dix contrées
principales, en effet, constituent le Soudan : _à l’orient_, le Sennâr,
le Kordofan, le Dârfour, le Ouadây ; _au centre_, le Baguirmeh, le
Barnau, l’Adiguiz ; _à l’occident_, l’Afnau, le Dâr-Tounbouctou[30], le
Dâr-Mella[31].
L’esquisse graphique du Dârfour, tracée par le cheykh Mohammed, la carte
plus intéressante qu’a rédigée M. le Dr. Perron d’après ses
renseignements, ne sont pas, je l’ai dit, des cartes proprement dites ;
elles me paraissent dignes, cependant, d’inspirer de la confiance, et
faites pour servir utilement aux voyageurs, pour les noms des lieux et
leur succession, sans qu’on puisse y acquérir la connaissance des
intervalles ou de l’orientation réciproque des lieux. Par exemple, les
noms de Dâr-Goula, Dâr-Benda, Dâr-Kâra, etc. (lieux trop rapprochés
d’ailleurs), sont les mêmes qui sont cités par M. Fresnel d’après des
indigènes transportés à Djeddah. Les districts de Dâr-Routou, Dâr-Schâla
et autres se retrouvent chez le sultan Teïma. Un mérite de cette carte
sera de faire disparaître la confusion qui existe sur les cartes les
plus récentes et les plus estimées, comme celle du savant voyageur
Joseph Russegger (_ost-Sudan_, 1843), et celle de M. Zimmermann (_ober-
Nil-land_, etc.). Le premier éloigne et présente comme distincts du
Dârfour, le Dâr-Marrah et le Dâr-Fungara ; le second isole le Dâr-
Abadyma du Dârfour et le place au loin dans un pays inconnu, _terra
incognita_ ; or, il se trouve que cette province est justement une des
plus belles contrées de l’empire. L’_essai de carte_ du Dârfour du Dr.
Perron, aussi bien que la description du cheykh Mohammed, font voir que
le Dâr-Marrah et le Dâr-Abâdymâ sont des provinces, des circonscriptions
administratives du royaume de Dârfour : Browne ne les en avait pas
séparés. Le même M. Zimmermann place le Djebel-Marrah de telle manière
que cette grande montagne semble appartenir au pays d’Ouârah, c’est-à-
dire de la capitale du Bergou (Dâr-Ouadây ou Dâr-Solayh) ; Cette même
ville d’Ouârah y paraît distincte du Bergou, et semblerait appartenir
plutôt, d’après le dessin de la carte, au royaume du Dârfour ; tandis
que la nouvelle esquisse place un intervalle, un espace inhabité, un
désert entre les deux royaumes. Enfin Tendelty, qui est le fâcher,
c’est-à-dire la résidence du sultan de Dârfour, et qui, comme on va le
voir, est à peu de distance de Kobbé (Kôbeyh) en est à près de soixante
lieues sur la carte allemande[32] ! Il serait injuste de faire subir la
même comparaison à la carte du savant docteur Henri Berghaus, publiée en
1826.
D’un autre côté, l’on ne trouve pas ici les noms des districts de Wanga
et de Gnam-Gnam, que cite M. Fresnel ; mais ces lacunes ne sont
qu’apparentes, parce que les lieux dont il s’agit sortent du cadre de la
carte. Des critiques plus sérieuses pourront lui être adressées ; mais,
encore un coup, on la donne plutôt comme un tableau figuré, une
description graphique où l’on a rassemblé le plus de détails
topographiques, de positions et de noms qu’il a été possible de le
faire. On n’y a même pas mis une échelle de lieues, pour éviter toute
fausse application des distances : pour la suppléer ici jusqu’à un
certain point, je dirai que, d’après le cheykh, le Dârfour, y compris
les provinces annexes, a en longueur environ quarante-neuf à cinquante
journées de marche[33] du nord au sud ; ce qui suppose environ un
intervalle égal à dix degrés de latitude ; et comme Kôbeyh est par 14°
11′ de latitude nord, il s’ensuit que le Dârfour (toujours avec les
provinces-adjointes) doit être, à peu de chose près, compris entre les
parallèles 15° 1/2 et 5° 1/2. Mais le Dârfour proprement dit, finissant
avec Dâr-Farâougueh, et long de quarante journées seulement, doit se
terminer au sud vers le septième parallèle et un demi-degré en sus.
L’orthographe des noms de lieux et de tribus diffère un peu dans la
carte et dans le texte tel qu’il a été imprimé ; nous en avertissons le
lecteur, pour qu’il ne soit pas surpris de ces légères différences, qui
n’exigeront pas qu’on donne une synonymie ; ainsi le _w_ de la carte est
presque toujours écrit dans le texte _u, ou_[34] ; l’article _al_ est
écrit _el_ ; le _sch_ est exprimé par _ch_, le _hh_ par _h_, et on a, en
général, simplifié l’orthographe, pour rendre la lecture courante et
plus facile ; la liste arabe des noms de lieux suppléera à tout. Le
_ckâf_ ou _câf_ est transcrit par _c_, et le même, final, par _q_ ;
exemple : Boulâq, Halq-el-Ouâd, etc., comme dans les mots français _coq,
cinq_. Ici je dois renvoyer le lecteur aux observations qu’a écrites M.
le Dr. Perron lui-même, au sujet de son _essai de carte_, et qu’il est
indispensable de lire ; elles sont placées à la suite des _Notes et
Éclaircissements_.
VIo _Population._ — Les idées que l’on s’était faites jusqu’ici sur la
population du Dârfour avaient grandement besoin d’être rectifiées. L’on
ne peut savoir sur quelle autre autorité que celle de Browne s’est fondé
l’auteur de l’_Encyclopédie de géographie_, ouvrage assez récent, pour
réduire cette population à deux cent mille individus, c’est-à-dire moins
du vingtième de l’estimation du cheykh Mohammed[35]. Browne lui-même
déclare _impossible_ de savoir quelle est la population du Dârfour, du
Kordofân, du Dâr-Rounga et des autres royaumes voisins. Il est vrai que
le voyageur anglais évalue à six mille habitants seulement la population
de Kobbé (Kôbeyh), et à cinq ou six mille celle de huit à dix villes
principales ; mais on sait trop combien Browne a été peu à portée de
connaître l’intérieur du pays, presque toujours malade ou captif pendant
la durée de son séjour. Kôbeyh seul, selou le cheykh, pourrait
aujourd’hui fournir six mille hommes de guerre. Browne n’a pas même su
que Tendelty était de son temps la ville principale ; il néglige un
grand nombre de villes, beaucoup de districts fertiles, de contrées
riches et peuplées. Le savant géographe Adrien Balbi, tout en puisant
quelques traits dans le récit de Browne, est resté dans une judicieuse
réserve et n’a point limité la population du Dârfour. Il a de plus
signalé l’activité commerciale dont Kôbeyh est le centre.
Nous sommes plus éclairés aujourd’hui sur les peuplades du bassin du
Nil, depuis l’expédition égyptienne aux rives du Bahr-el-Abyad ; on y a
reconnu une population dense et compacte[36]. Kebkâbyeh (Coubcabia chez
Browne) est un pays excessivement peuplé, regorgeant d’habitants, de
riches marchands, indigènes ou venus du dehors. Le pays est riche, les
habitations soignées ; il peut fournir trois mille hommes de guerre ;
or, ce même lieu, selon Browne, n’aurait pas plus de cinq à six mille
habitants, y compris les esclaves. Ces remarques n’ôtent rien au mérite
du voyageur anglais, qui, sur d’autres points, avait bien vu et de la
même manière que le cheykh a vu depuis. Les Fôriens ont un peu exagéré
sans doute au cheykh Mohammed leur population et l’étendue du royaume,
mais il paraît évident que Browne l’a beaucoup trop restreinte. Il y a
au reste une circonstance qui peut contribuer à augmenter la population
apparente : c’est le nombre des vieillards et l’âge avancé auquel ils
parviennent ; toutefois, il est très-probable que le cheykh Mohammed a
exagéré, mais de bonne foi, cette longévité ; c’est l’opinion du Dr.
Perron, et je suis disposé à la partager : comment estimer l’âge avec
quelque exactitude, dans un pays où personne ne sait positivement quand
il est né ? Ainsi, que les octogénaires ne soient pas absolument rares
au Dârfour, rien n’empêche de l’admettre ; mais que les centenaires et
les hommes de cent vingt ans y soient communs, c’est ce qu’il est permis
de révoquer en doute.
On ne trouvera peut-être pas dans cet ouvrage une distinction suffisante
établie entre les différentes classes d’habitants sous le rapport du
caractère de la physionomie, notamment sous le rapport de la couleur.
Sous la dénomination de nègres se trouvent confondus, pour ainsi dire,
tous les Éthiopiens ; on sait cependant que la différence de
conformation est grande entre eux et les nègres proprement dits, tels
que ceux qui habitent la partie ouest de l’Afrique équinoxiale ; la
couleur elle-même diffère, quoique d’un noir foncé, du plus au moins ;
mais tous les traits de la face, la conformation du front, la chevelure,
les distinguent trop pour qu’on leur donne le nom de nègres, du moins
tant que les habitants de la côte de Guinée et des pays au nord n’auront
pas d’autre appellation. J’ai vu au Kaire et aux cataractes plusieurs
indigènes du Dârfour ; quoique d’une autre teinte que les Abyssins, ils
m’ont paru différer, tout autant que ceux-ci, des nègres proprement
dits. Le lecteur peut s’assurer du fait lui-même en examinant le
portrait d’Abou-Madian qui est en tête de ce livre ; par le front, par
le trait du nez et par tous les traits du visage, cette figure s’éloigne
absolument du type nègre. Or, ce personnage, de race royale, appartient
nécessairement au véritable type fôrien. Il y a bien, de ce côté, même
plus loin dans l’est, de véritables nègres, mais formant des tribus à
part, vivant isolés et en guerre avec les Gallas, lesquels ont pour eux
une grande antipathie ; on les appelle Chankalas. Enfin, beaucoup de
nègres se voient dans le Dârfour, dans le Ouadây et dans les contrées
voisines, parce qu’ils y sont importés à titre d’esclaves ; mais on doit
se garder de les confondre avec les natifs. La taille extrêmement
élevée, comme toute la constitution physique des populations que M.
d’Arnaud a visitées sur le haut Nil-Blanc[37], est encore un trait
caractéristique qui paraît appuyer cette distinction.
Je trouve chez le judicieux Burckhardt un passage qui vient appuyer la
distinction que je viens de faire, et que j’ai exposée dans plusieurs
écrits : « Les aborigènes, dit-il, se divisent en deux races distinctes,
les _noirs mahométans libres_, qui, quoique évidemment d’origine
africaine, ont des traits non entièrement nègres, et les _nègres
esclaves_ des pays idolâtres, qui ne se sont jamais mêlés avec les
Arabes, et par conséquent ont conservé les traits africains. Les
premiers, par leurs alliances avec les Arabes leurs conquérants, sont
aujourd’hui entièrement mêlés avec eux ; mais aucun homme d’extraction
arabe, en aucune partie de l’Afrique, ne s’allia jamais à une fille qui
ne serait pas issue de parents libres[38]. »
Je dirai ici un mot sur une race influente, quoique étrangère au
Dârfour, et que le cheykh Mohammed a fait connaître sous un jour
nouveau. Je veux parler des Foullân ou Fellâtas. Cette tribu puissante y
joue un rôle singulier, cause première, peut-être, de leur influence
morale et religieuse et même politique. La sorcellerie et la magie sont
en quelque façon leur domaine ; quoique répandus un peu partout, ils
habitent principalement une grande plaine très-fertile dans la partie
ouest du Dârfour, non loin des monts Marrah d’un côté, et de l’autre,
d’un grand cours d’eau appelé _Baré_. Dans l’intérieur du Dârfour, il y
a des villages tout peuplés de ces hommes qui, par leur adresse et leur
esprit d’intrigue, parviennent aux premiers emplois, par exemple aux
dignités de vizir et de mek (melik, _roi_). Un certain Foullân, melik de
Foutâ, fut porté au vizirat par le sultan Abd-el-Rahmân. Selon le
cheykh, le sultan des Foullân réside à Dâr-Mella. Il est curieux de voir
cette race (qui, selon l’opinion de M. G. d’Eichthal, paraît n’être pas
originaire de l’Afrique)[39], établie si loin de chez elle et exerçant
dans le Soudan oriental une sorte de prépondérance ; la sorcellerie,
c’est-à-dire, la magie blanche est, comme je l’ai dit, le domaine des
Foullân au Dârfour, grâce à l’ignorance des natifs et à leurs idées
superstitieuses.
VIIo _Langage._ — On pourrait désirer de trouver dans cet ouvrage
quelques notions sur l’idiome usité au Dârfour ; à défaut d’un travail
spécial du cheykh, je crois devoir, pour suppléer cette omission,
présenter ici un recueil de mots qu’a rassemblés M. Kœnig dans son
voyage au Kordofan. J’y joindrai, en les distinguant, les mots qui sont
épars dans le voyage du cheykh Mohammed-el-Tounsy et quelques autres
encore que j’ai réunis dans un travail sur les vocabulaires de l’Afrique
nord-est ; ce qui m’a déterminé à remplir cette lacune, c’est que le
voyage de Browne au Dârfour ne renferme pas même de vocabulaire des
principaux mots en usage.
La langue parlée au Dârfour est mêlée de mots empruntés à l’arabe. Ce
dernier idiome y est entré en même temps que l’islamisme, comme cela est
arrivé en d’autres parties de l’Afrique. Outre les mots purement arabes,
principalement ceux qui sont appliqués à la religion et aux rites, les
termes métaphysiques et quelques autres, il y a encore une foule de mots
formés d’un arabe corrompu, qu’il n’est pas toujours facile de discerner
du vrai fourâoui, sans parler de ceux où les Fôriens ont seulement
altéré la prononciation, faute de pouvoir articuler certains sons de la
langue arabe, tels que le _câf_, qu’ils prononcent constamment _gue_. La
liste que je donne, quoique débarrassée de beaucoup de mots arabes, en
renferme donc encore un certain nombre tirés ou dérivés de cette langue.
La différence qui existe entre les mots fôriens ayant la même
signification, ou ayant un sens analogue, décèle sans doute des nuances
que les voyageurs n’ont pas su ou pu reconnaître : par exemple, selon le
cheykh Mohammed, le mot _soum_ signifie demeure, et le mot _toun_
signifie maison ; mais, selon M. Kœnig, le mot correspondant est _ôro_.
Peut-être l’un de ces mots signifie habitation, demeure en général (au
Dâr-Rounga, le mot est _ttong_). Coquille, selon le premier, se dit
_ouada_ ; selon le second, _ogra_ ; le mot dur se dit _kau_ et _guior_ ;
le mot grand, _kourrâ_ et _appay_. Les mots rapportés par les deux
voyageurs peuvent donc être admis également, mais dans des acceptions
particulières. Quant aux mots tout à fait semblables, on peut les
regarder comme certains, venant de sources diverses et recueillis en des
temps différents.
Il est remarquable que l’idiome de _Dâr-Rounga_, pays assez voisin du
Dârfour, diffère entièrement du fourâoui ; ce contraste n’est plus une
singularité depuis qu’on l’a rencontré si souvent dans l’ancien et le
nouveau continent. Par exemple, les noms de nombre sont tout autres dans
les deux langues : les voici d’après le cheykh Mohammed-el-Tounsy et
Browne ; je les ai fait suivre de vingt-cinq autres mots où les deux
langues diffèrent non moins complétement. (Les nombres, dans le Ouadây,
pays limitrophe, sont aussi tout différents.)
AU DARFOUR. AU DAR-ROUNGA.
Un dyk kadenda.
Deux ao embirr.
Trois ys attik.
Quatre oual mendih.
Cinq ôs »
Six sedacy subotikeda.
Sept sabah _arabe_ ow.
Huit tamany _arabe_ sabateïs.
Neuf tessah _arabe_ atih.
Dix ouâyeh bûff.
Ane leil gussendê.
Bleu dikô endréng.
Bois âra unjum.
Cheval arkama filah.
Chaussure koula (sandale) boro.
Chien aço ming.
Eau kôrô tta.
Étoile origna beité.
Feu outon nissiek.
Homme ouedey kamerè.
Lance kôr sûbbûk.
Lune douâl medding.
Main torigna tusso.
Maison ôro ttong.
Miel naço tuggi.
Montagne fouyé ddéta.
Œil koûgni khasso.
Oiseau erienga kidi.
Oreilles kilo nesso.
Pied-ds[40] tar-tarigna itar.
Pierre didô dissi.
Pluie kouyé kinga.
Poisson foune kognong.
Soleil doulé agning.
Viande nino missich.
Il se peut que plusieurs de ces différences proviennent de ce que les
mots génériques, tels que pierre, grain, arbre, oiseau, poisson,
coquille, aient été pris pour des noms d’espèces, et réciproquement ;
cette équivoque est presque impossible à éviter quand on interroge les
natifs, qui n’ont pas la même notion que nous des distinctions
grammaticales.
Je placerai d’abord ici quelques mots de la langue du Dârfour, rapportés
par M. Balbi, dans son _Atlas ethnographique_ du globe ; faisons
observer, toutefois, que le savant auteur a classé la langue du Dârfour
dans la famille des langues bornouanes quant à la position
géographique ; d’après tout ce qu’on a vu plus haut, le Dârfour me
paraît, autant que le Kordofan, appartenir au bassin du Nil, bien
distinct de celui du Baguermé et des autres contrées avoisinantes du
côté de l’ouest.
FOURAOUI.
Soleil dule.
Lune doal.
Jour (lo).
Terre suru.
Eau kero.
Feu (otu).
Père abbou, _ar._
Mère umme, _ar._
Œil nume.
Tête tubbo.
Nez darme.
Bouche udo.
Langue (dali).
Dent dugge.
Main donga.
Pied (tarin-mussaly).
Un deck.
Deux ou.
Trois ees.
Quatre ongal.
Cinq os.
Six sundeek.
Sept subha, _arabe_.
Huit themani, _arabe_.
Neuf tissee, _arabe_.
Dix weja.
Il est très-remarquable que ces mots sont d’accord avec ceux du cheykh
Mohammed-el-Tounsy.
VOCABULAIRE FOURAOUI[41].