prince Bagration descendît la rive droite du Niémen de Grodno à Kowno,
d'imiter ce mouvement en suivant la rive gauche, et de se serrer ainsi
contre le prince Eugène, tandis que ce dernier se serrerait contre
l'armée principale. Si au contraire le prince Bagration, attirant à
lui le corps de Tormasof, qui était en Volhynie, opérait le mouvement
opposé, pour se jeter sur Varsovie et les Autrichiens, on devait
profiter de cette bonne fortune, le laisser faire, en avertir les
Autrichiens, afin qu'ils se repliassent sur Varsovie et Modlin, et
puis, quand le prince Bagration serait bien engagé sur notre droite et
nos derrières, de manière à n'en pouvoir plus revenir, se rabattre sur
lui, et le prendre tout entier, comme Mack avait été pris sept ans
auparavant à Ulm.
[En marge: Napoléon à Gumbinnen inspecte tous ses corps.]
[En marge: État de chacun d'eux.]
[En marge: Marche sur Kowno.]
Après avoir ordonné dans le moindre détail ces vastes dispositions,
Napoléon quitta Koenigsberg le 17 pour se rendre successivement à
Vehlau, Insterbourg, Gumbinnen, sur la Prégel, rivière qui coule
parallèlement au Niémen, mais à quelques lieues en arrière, et sur les
bords de laquelle tous nos corps d'armée étaient venus se ranger pour
y recevoir leurs vivres. Il les passa en revue, trouva celui de Davout
parfaitement dispos et approvisionné, celui d'Oudinot un peu fatigué
par la marche et par la faim, parce qu'il avait cheminé dans un pays
moins riche, et avec des moyens de transport moins bien organisés;
celui de Ney dans le même état, par les mêmes causes. La garde, bien
pourvue, avait l'attitude qui convenait à son bien-être et à sa
discipline. Les 22 mille cavaliers des généraux Nansouty et Montbrun,
dont moitié de cuirassiers, déployaient sous Murat leurs magnifiques
escadrons, et montraient une ardeur extraordinaire. Ils ne
comprenaient que la moitié de la cavalerie attachée à l'armée
principale que Napoléon dirigeait en personne, puisqu'il y en avait un
nombre à peu près égal répandu dans les corps de Davout, d'Oudinot et
de Ney. Napoléon se hâta, au moyen des voitures déjà arrivées, de
faire charrier de Vehlau à Gumbinnen assez de rations pour que chacun
pût emporter au moins six jours de vivres, au lieu de dix qu'il avait
espéré réunir pour les premières opérations. Il expédia en avant la
réserve de cavalerie sous Murat, la réserve d'artillerie, les
équipages de pont, et ordonna au maréchal Davout de les escorter avec
son corps sur Wilkowisk, afin d'être du 22 au 23 devant Kowno.
[En marge: Arrivée à Gumbinnen de M. Prévost, venant de
Saint-Pétersbourg.]
[En marge: Insignifiance de cette circonstance, à laquelle certains
historiens ont faussement attribué la rupture définitive avec la
Russie.]
[En marge: Concentration de l'armée dans la grande forêt de
Wilkowisk.]
Tandis qu'il était à Gumbinnen, un secrétaire de légation, M. Prévost,
vint lui annoncer que le général Lauriston n'avait pu obtenir de se
rendre à Wilna, ce qui eût été, si on l'avait su quelques jours
auparavant, un grief fort utile à recueillir et à faire valoir. Mais
il n'était plus temps, et on avait d'ailleurs fourni au général
Lauriston des motifs bien suffisants, vu le sérieux d'une pareille
polémique, pour appuyer sa demande de passe-ports[29]. Napoléon, sans
donner attention à une nouvelle qui ne lui apprenait rien
d'intéressant, car il n'attachait aucune importance à ce que M. de
Lauriston fût ou ne fût pas reçu à Wilna, quitta Gumbinnen le 21, et
parvint le 22 à Wilkowisk, n'étant plus séparé de Kowno et du Niémen
que par la grande forêt de Wilkowisk. Le moment fatal était donc
arrivé pour lui, et il était au bord de ce fleuve, qui, on peut le
dire, était le Rubicon de sa prospérité! Tous ses corps se trouvaient
sur les bords du Niémen, et il ne pouvait plus hésiter à le franchir.
[Note 29: Ce détail prouve combien sont peu sérieuses les
assertions des flatteurs et des ennemis de Napoléon, qui
attribuent au retour de M. Prévost la résolution de la
guerre, en disant les uns qu'il n'avait pu supporter tant
d'outrages, les autres qu'il s'était livré à l'aveugle
colère d'un tyran qui ne sait plus se contenir. Les dates
seules font tomber ces ridicules suppositions de l'idolâtrie
et de la haine.]
[En marge: Complète immobilité des Russes.]
Les nouvelles de son extrême gauche à son extrême droite étaient
uniformes, et révélaient de la part des Russes une complète
immobilité. Ainsi ses desseins s'accomplissaient malheureusement, et
il donnait en plein dans le piége que lui tendait la fortune. À sa
gauche, il prescrivit au maréchal Macdonald de traverser immédiatement
le Niémen à Tilsit; sur sa droite, il recommanda au prince Eugène de
s'approcher de Prenn, afin d'avoir franchi ce fleuve le plus tôt
possible, et au roi Jérôme d'être rendu à Grodno le 30 au plus tard.
Il manda ce qui allait se passer au duc de Bellune à Berlin, afin que
ce maréchal armât Spandau et se tînt bien sur ses gardes, car les
premiers coups de fusil allaient être tirés, de grands événements
devaient s'ensuivre, et il importait d'avoir, à l'égard des Allemands,
l'oeil ouvert et la main prête.
[En marge: L'armée arrive le 23 juin au bord du Niémen.]
[En marge: Aspect des rives du fleuve.]
[En marge: Choix d'un point de passage un peu au-dessus de Kowno.]
Le 23 juin, après avoir couché au milieu de la forêt de Wilkowisk,
dans une petite ferme, et entouré de 200 mille soldats, Napoléon
déboucha de la forêt avec cette armée superbe, et vint se ranger
au-dessus de Kowno, en face du fleuve qu'il s'agissait de franchir. La
rive que nous occupions dominait partout la rive opposée, le temps
était parfaitement beau, et on voyait le Niémen coulant de notre
droite à notre gauche s'enfoncer paisiblement au couchant. Rien
n'annonçait la présence de l'ennemi, si ce n'est quelques troupes de
Cosaques, qui couraient comme des oiseaux sauvages le long des rives
du fleuve, et quelques granges incendiées dont la fumée s'élevait dans
les airs. Le général Haxo, après une soigneuse reconnaissance, avait
découvert à une lieue et demie au-dessus de Kowno, vers un endroit
appelé Poniémon, un point où le Niémen, formant un contour
très-prononcé, offrait de grandes facilités pour le passage. Grâce à
ce mouvement demi-circulaire du fleuve autour de la rive opposée,
cette rive se présentait à nous comme une plaine entourée de tous
côtés par nos troupes, dominée par notre artillerie, et offrant un
point de débarquement des plus commodes sous la protection de cinq à
six cents bouches à feu. Napoléon, ayant emprunté le manteau d'un
lancier polonais, alla, sous les coups de pistolet de quelques
tirailleurs de cavalerie, reconnaître les lieux en compagnie du
général Haxo, et les ayant trouvés aussi favorables que le disait ce
général, ordonna l'établissement des ponts pour la nuit même[30]. Le
général Éblé, qui avait fait arriver ses équipages de bateaux, eut
ordre de jeter trois ponts, avec le concours de la division Morand, la
première du maréchal Davout.
[Note 30: On a nié le fait du déguisement emprunté par
Napoléon; mais il est authentique, et constaté d'ailleurs
par le bulletin du passage que Napoléon rédigea lui-même, et
dans lequel il n'eût pas menti sur une circonstance de si
peu d'importance, entourée de tant de témoins oculaires.]
[En marge: Trois ponts de bateaux jetés dans la nuit du 23 au 24
juin.]
À onze heures du soir en effet, le 23 juin 1812, les voltigeurs de la
division Morand se jetèrent dans quelques barques, traversèrent le
Niémen, large en cet endroit de soixante à quatre-vingts toises,
prirent possession sans coup férir de la rive droite, et aidèrent les
pontonniers à fixer les amarres auxquelles devaient être attachés les
bateaux. À la fin de la nuit, trois ponts, situés à cent toises l'un
de l'autre, se trouvèrent solidement établis, et la cavalerie légère
put passer sur l'autre bord.
Le 24 juin au matin, ce qui, dans ce pays et en cette saison, pouvait
signifier trois heures, le soleil se leva radieux, et vint éclairer de
ses feux une scène magnifique. On avait lu aux troupes, qui étaient
pleines d'ardeur, une proclamation courte et énergique, conçue dans
les termes suivants:
[En marge: Proclamation lue aux troupes le 24 au matin.]
«Soldats, la seconde guerre de Pologne est commencée. La première
s'est terminée à Friedland et à Tilsit!... À Tilsit, la Russie a juré
une éternelle alliance à la France et la guerre à l'Angleterre. Elle
viole aujourd'hui ses serments; elle ne veut donner aucune
explication de son étrange conduite, que les aigles françaises n'aient
repassé le Rhin, laissant par là nos alliés à sa discrétion... La
Russie est entraînée par la fatalité; ses destins doivent s'accomplir.
Nous croit-elle donc dégénérés? Ne serions-nous plus les soldats
d'Austerlitz? Elle nous place entre le déshonneur et la guerre: notre
choix ne saurait être douteux. Marchons donc en avant, passons le
Niémen, portons la guerre sur son territoire. La seconde guerre de
Pologne sera glorieuse aux armes françaises. Mais la paix que nous
conclurons portera avec elle sa garantie; elle mettra un terme à la
funeste influence que la Russie exerce depuis cinquante ans sur les
affaires de l'Europe.»
[En marge: Commencement du passage.]
Cette proclamation applaudie avec chaleur, les troupes descendirent
des hauteurs en formant trois longues colonnes, qui tour à tour
paraissaient et disparaissaient en s'enfonçant dans les ravins qui
aboutissaient au fleuve. Toutes les pièces de douze, rangées sur le
demi-cercle des hauteurs, dominaient la plaine où allait déboucher
l'armée, soin du reste inutile, car l'ennemi ne se montrait nulle
part. Napoléon, sorti de sa tente et entouré de ses officiers,
contemplait avec sa lunette le spectacle de cette force prodigieuse,
car si on a rarement vu deux cent mille hommes agissant à la fois dans
une guerre, on les a vus plus rarement encore réunis sur un même
point, et dans un tel appareil; et cependant presque au même moment,
et à quelques lieues de là, deux cent mille autres traversaient le
Niémen!
[Illustration: Passage du Niémen.]
[En marge: Défilé successif de tous les corps d'armée.]
L'infanterie du maréchal Davout, précédée de la cavalerie légère, se
porta la première au bord du fleuve, et chaque division passant à son
tour sur la rive opposée, vint se ranger en bataille dans la plaine,
l'infanterie en colonnes serrées, l'artillerie dans les intervalles de
l'infanterie, la cavalerie légère en avant, la grosse cavalerie en
arrière. Les corps des maréchaux Oudinot et Ney suivirent, la garde
après eux, les parcs après la garde. En quelques heures la rive droite
fut couverte de ces troupes magnifiques, qui, descendant des hauteurs
de la rive gauche, se déroulant en longues files sur les trois ponts,
semblaient couler comme trois torrents inépuisables dans cette plaine
arrondie qu'elles remplissaient déjà de leurs flots pressés. Les feux
du soleil étincelaient sur les baïonnettes et les casques; les
troupes, enthousiasmées d'elles-mêmes et de leur chef, poussaient sans
relâche le cri de Vive l'Empereur! Ce n'était pas d'elles qu'on devait
attendre et désirer la froide raison qui aurait pu apprécier et
prévenir cette fabuleuse entreprise. Elles ne rêvaient que triomphes
et courses lointaines, car elles étaient convaincues que l'expédition
de Russie allait finir dans les Indes. On a souvent parlé d'un orage
subit qui serait venu comme un oracle sinistre donner un avis non
écouté: il n'en fut rien, hélas! le temps ne cessa pas d'être
superbe[31], et Napoléon, qui n'avait pas eu les avertissements de
l'opinion publique, n'eut pas même ceux de la superstition.
[Note 31: Un orage eut lieu en effet, mais plus loin et
quelques jours plus tard. C'est l'armée d'Italie qui
l'essuya en passant le Niémen à Prenn.]
[En marge: Après avoir longtemps contemplé le spectacle magnifique que
présentait son armée, Napoléon franchit le fleuve et court à Kowno.]
[En marge: Quelques Polonais se noient dans la Wilia.]
[En marge: On passe cette rivière, et on rétablit le pont.]
[En marge: L'armée française occupe Kowno.]
Après avoir contemplé pendant quelques heures ce spectacle
extraordinaire, contemplation enivrante et stérile, Napoléon, montant
à cheval, quitta la hauteur où avaient été disposées ses tentes,
descendit à son tour au bord du Niémen, traversa l'un des ponts, et
tournant brusquement à gauche, précédé de quelques escadrons, courut
vers Kowno. Notre cavalerie légère y entra sans difficulté, à la suite
des Cosaques, qui se hâtèrent de repasser la Wilia, rivière navigable,
avons-nous dit, qui coule de Wilna sur Kowno, et y joint le Niémen,
après quarante lieues environ du cours le plus sinueux. Napoléon,
accompagné des lanciers polonais de la garde, voulait être
sur-le-champ maître des deux bords de la Wilia, afin d'en rétablir les
ponts, et de pouvoir suivre les arrière-gardes russes. Prévenant ses
désirs, les lanciers polonais se jetèrent dans la rivière, en serrant
leurs rangs, et en nageant de toute la force de leurs chevaux. Mais
arrivés au milieu du courant, et vaincus par sa violence, ils
commencèrent à se désunir et à se laisser entraîner. On alla à leur
secours dans des barques, et on réussit à en sauver plusieurs.
Malheureusement vingt ou trente payèrent de leur vie cet acte d'une
obéissance enthousiaste. Les communications furent immédiatement
rétablies entre les deux rives de la Wilia, et on put dès ce moment en
remonter les deux bords jusqu'à Wilna. Napoléon alla coucher à Kowno,
après avoir ordonné au maréchal Davout d'échelonner ses avant-gardes
sur la route de Wilna.
[En marge: Par quelle succession d'entraînements, Napoléon, qui en
1810 voulait rassurer l'Europe en lui rendant la paix, est amené en
1812 à entreprendre la plus formidable de toutes les guerres, et à
remettre le sort du monde au hasard.]
Ainsi le sort en était jeté! Napoléon marchait vers l'intérieur de la
Russie à la tête de 400 mille soldats et suivi de 200 mille autres!
Admirez l'entraînement des caractères! Ce même homme, deux années
auparavant, revenu d'Autriche, ayant réfléchi un instant à la leçon
d'Essling, avait songé à rendre la paix au monde et à son empire, à
donner à son trône la stabilité de l'hérédité, à son caractère
l'apparence des goûts de famille, et dans cette pensée avait contracté
un mariage avec l'Autriche, la cour la plus vieille, la plus constante
dans ses desseins. Il voulait apaiser les haines, évacuer l'Allemagne,
et porter en Espagne toutes ses forces, pour y contraindre
l'Angleterre à la paix, et avec l'Angleterre le monde, qui n'attendait
que le signal de celle-ci pour se soumettre. Telles étaient ses
pensées en 1810, et, cherchant de bonne foi à les réaliser, il
imaginait le blocus continental qui devait contraindre l'Angleterre à
la paix par la souffrance commerciale, s'efforçait de soumettre la
Hollande à ce système, et celle-ci résistant, il l'enlevait à son
propre frère, la réunissait à son empire, et donnait à l'Europe, qu'il
aurait voulu calmer, l'émotion d'un grand royaume réuni à la France
par simple décret. Puis trouvant le système du blocus incomplet, il
prenait pour le compléter les villes anséatiques, Brême, Hambourg,
Lubeck, et, comme si le lion n'avait pu se reposer qu'en dévorant de
nouvelles proies, il y ajoutait le Valais, Florence, Rome, et trouvait
étonnant que quelque part on pût s'offusquer de telles entreprises!
Pendant ce temps, il avait lancé sur Lisbonne son principal
lieutenant, Masséna, pour aller porter à l'armée anglaise le coup
mortel; et jugeant au frémissement du continent qu'il fallait garder
des forces imposantes au Nord, il formait une vaste réunion de troupes
sur l'Elbe, ne consacrait plus dès lors à l'Espagne que des forces
insuffisantes, laissait Masséna sans secours perdre une partie de sa
gloire, permettait que d'un lieu inconnu, Torrès-Védras, surgît une
espérance pour l'Europe exaspérée, qu'il s'élevât un capitaine fatal
pour lui et pour nous; puis n'admettant pas que la Russie, enhardie
par les distances, pût opposer quelques objections à ses vues, il
reportait brusquement ses pensées, ses forces, son génie, au Nord,
pour y finir la guerre par un de ces grands coups auxquels il avait
habitué le monde, et beaucoup trop habitué son âme, abandonnant ainsi
le certain qu'il aurait pu atteindre sur le Tage, pour l'incertain
qu'il allait chercher entre le Dniéper et la Dwina! Voilà ce qui était
advenu des desseins de ce César rêvant un instant d'être Auguste! Et
en ce moment il s'avançait au Nord, laissant derrière lui la France
épuisée et dégoûtée d'une gloire sanglante, les âmes pieuses blessées
de sa tyrannie religieuse, les âmes indépendantes blessées de sa
tyrannie politique, l'Europe enfin révoltée du joug étranger qu'il
faisait peser sur elle, et menait avec lui une armée où fermentaient
sourdement la plupart de ces sentiments, où s'entendaient toutes les
langues, et qui n'avait pour lien que son génie, et sa prospérité
jusque-là invariable! Qu'arriverait-il, à ces distances, de ce
prodigieux artifice d'une armée de six cent mille soldats de toutes
les nations suivant une étoile, si cette étoile qu'ils suivaient
venait tout à coup à pâlir? L'univers, pour notre malheur, l'a su, de
manière à ne jamais l'oublier; mais il faut, pour son instruction, lui
apprendre, par le détail même des événements, ce qu'il n'a su que par
le bruit d'une chute épouvantable. Nous allons nous engager dans ce
douloureux et héroïque récit: la gloire, nous la trouverons à chaque
pas: le bonheur, hélas! il y faut renoncer au delà du Niémen.
FIN DU LIVRE QUARANTE-TROISIÈME
ET DU TOME TREIZIÈME.
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES
DANS LE TOME TREIZIÈME.
LIVRE QUARANTE ET UNIÈME.
LE CONCILE.