Naissance du Roi de Rome le 20 mars 1811. -- Remise au mois de juin

de la cérémonie du baptême. -- Diverses circonstances qui dans le

moment attristent la France, et compriment l'essor de la joie

publique. -- Redoublement de défiance à l'égard de la Russie,

accélération des armements, et rigueurs de la conscription. --

Crise commerciale et industrielle amenée par l'excès de la

fabrication et par la complication des lois de douanes. --

Faillites nombreuses dans les industries de la filature et du

tissage du coton, de la draperie, de la soierie, de la

raffinerie, etc. -- Secours donnés par Napoléon au commerce et à

l'industrie. -- À ces causes de malaise se joignent les troubles

religieux. -- Efforts du Pape et d'une partie du clergé pour

rendre impossible l'administration provisoire des diocèses. --

Intrigues auprès des chapitres pour les empêcher de conférer aux

nouveaux prélats la qualité de vicaires capitulaires. -- Brefs du

Pape aux chapitres de Paris, de Florence et d'Asti. -- Hasard qui

fait découvrir ces brefs. -- Arrestation de M. d'Astros;

expulsion violente de M. Portalis du sein du Conseil d'État. --

Rigueurs contre le clergé, et soumission des chapitres

récalcitrants. -- Napoléon, se voyant exposé aux dangers d'un

schisme, projette la réunion d'un concile, dont il espère se

servir pour vaincre la résistance du Pape. -- Examen des

questions que soulève la réunion d'un concile, et convocation de

ce concile pour le mois de juin, le jour du baptême du Roi de

Rome. -- Suite des affaires extérieures en attendant le baptême

et le concile. -- Napoléon retire le portefeuille des affaires

étrangères à M. le duc de Cadore pour le confier à M. le duc de

Bassano. -- Départ de M. de Lauriston pour aller remplacer à

Saint-Pétersbourg M. de Caulaincourt. -- Lenteurs calculées de

son voyage. -- Entretiens de l'empereur Alexandre avec MM. de

Caulaincourt et de Lauriston. -- L'empereur Alexandre sachant que

ses armements ont offusqué Napoléon, en explique avec franchise

l'origine et l'étendue, et s'attache à prouver qu'ils ont suivi

et non précédé ceux de la France. -- Son désir sincère de la

paix, mais sa résolution invariable de s'arrêter à l'égard du

blocus continental aux mesures qu'il a précédemment adoptées. --

Napoléon conclut des explications de l'empereur Alexandre que la

guerre est certaine, mais différée d'une année. -- Il prend dès

lors plus de temps pour ses armements, et leur donne des

proportions plus considérables. -- Il dispose toutes choses pour

entreprendre la guerre au printemps de 1812. -- Vues et direction

de sa diplomatie auprès des différentes puissances de l'Europe.

-- État de la cour de Vienne depuis le mariage de Napoléon avec

Marie-Louise; politique de l'empereur François et de M. de

Metternich. -- Probabilité d'une alliance avec l'Autriche, ses

conditions, son degré de sincérité. -- État de la cour de Prusse.

-- Le roi Frédéric-Guillaume, M. de Hardenberg, leurs inquiétudes

et leur politique. -- Danemark et Suède. -- Zèle du Danemark à

seconder le blocus continental. -- Mauvaise foi de la Suède. --

Cette puissance profite de la paix accordée par la France pour se

constituer l'intermédiaire du commerce interlope. --

Établissement de Gothenbourg destiné à remplacer celui

d'Héligoland. -- Difficultés relatives à la succession au trône.

-- La mort du prince royal adopté par le nouveau roi Charles XIII

laisse la succession vacante. -- Plusieurs partis en Suède, et

leurs vues diverses sur le choix d'un successeur au trône. --

Dans leur embarras, les différents partis se jettent brusquement

sur le prince de Ponte-Corvo (maréchal Bernadotte), espérant se

concilier la faveur de la France. -- Napoléon, étranger à

l'élection, permet au prince de Ponte-Corvo d'accepter. -- À

peine arrivé en Suède, le nouvel élu, pour flatter l'ambition de

ses futurs sujets, convoite la Norvége, et propose à Napoléon de

lui en ménager la conquête. -- Napoléon, fidèle au Danemark,

repousse cette proposition. -- Dispositions générales de

l'Allemagne dans le moment où semble se préparer une guerre

générale au Nord. -- Tout en préparant ses armées et ses

alliances, Napoléon s'occupe activement de ses affaires

intérieures. -- Baptême du Roi de Rome. -- Grandes fêtes à cette

occasion. -- Préparatifs du concile. -- Motifs qui ont fait

préférer un concile national à un concile général. -- Questions

qui lui seront posées. -- On les renferme toutes dans une seule,

celle de l'institution canonique des évêques. -- Avant de réunir

le concile on envoie trois prélats à Savone pour essayer de

s'entendre avec Pie VII, et ne faire au concile que des

propositions concertées avec le Saint-Siége. -- Ces prélats sont

l'archevêque de Tours, les évêques de Nantes et de Trèves. --

Leur voyage à Savone. -- Accueil qu'ils reçoivent du Pape. -- Pie

VII donne un consentement indirect au système proposé pour

l'institution canonique, et renvoie l'arrangement général des

affaires de l'Église au moment où on lui aura rendu sa liberté et

un conseil. -- Retour des trois prélats à Paris. -- Réunion du

concile le 17 juin. -- Dispositions des divers partis composant

le concile. -- Cérémonial, discours d'ouverture, et serment de

fidélité au Saint-Siége. -- Les prélats à peine réunis sont

dominés par un sentiment commun de sympathie pour les malheurs de

Pie VII et d'aversion secrète pour le despotisme de Napoléon. --

La crainte les contient. -- Premières séances du concile. --

Projet d'adresse en réponse au message impérial. -- Difficultés

de la rédaction. -- À la séance où l'on discute cette adresse les

esprits s'enflamment, et un membre propose de se rendre en corps

à Saint-Cloud pour demander la liberté du Pape. -- Le président

arrête ce mouvement en suspendant la séance. -- Adoption de

l'adresse après de nombreux retranchements, et refus de Napoléon

de la recevoir. -- Rôle modérateur de M. Duvoisin, évêque de

Nantes, et de M. de Barral, archevêque de Tours. -- Maladresse et

orgueil du cardinal Fesch. -- La question principale, celle de

l'institution canonique, soumise à une commission. -- Avis divers

dans le sein de cette commission. -- Malgré les efforts de M.

Duvoisin, la majorité de ses membres se prononce contre la

compétence du concile. -- Napoléon irrité veut dissoudre le

concile. -- On l'exhorte à attendre le résultat définitif. -- M.

Duvoisin engage la commission à prendre pour base les

propositions admises par le Pape à Savone. -- Cet avis, adopté

d'abord, n'est accepté définitivement qu'avec un nouveau renvoi

au Pape, qui suppose l'incompétence du concile. -- Le rapport,

présenté par l'évêque de Tournay, excite une scène orageuse dans

le concile, et des manifestations presque factieuses. -- Napoléon

dissout le concile et envoie à Vincennes les évêques de Gand, de

Troyes et de Tournay. -- Les prélats épouvantés offrent de

transiger. -- On recueille individuellement leurs avis, et quand

on est assuré d'une majorité, on réunit de nouveau le concile le

5 août. -- Cette assemblée rend un décret conforme à peu près à

celui qu'on désirait d'elle, mais avec un recours au Pape qui

n'emporte cependant pas l'incompétence du concile. -- Nouvelle

députation de quelques cardinaux et prélats à Savone, pour

obtenir l'adhésion du Pape aux actes du concile. -- Napoléon,

fatigué de cette querelle religieuse, ne vise plus qu'à se

débarrasser des prélats réunis à Paris, et à profiter de la

députation envoyée à Savone pour obtenir l'institution des

vingt-sept évêques nommés et non institués. -- L'esprit toujours

dirigé vers la prochaine guerre du Nord, il se flatte que

victorieux encore une fois, le monde entier cédera à son

ascendant. -- Nouvelles explications avec la Russie. --

Conversation de Napoléon avec le prince Kourakin, le soir du 15

août. -- Cette conversation laisse peu d'espoir de paix, et porte

Napoléon à continuer ses préparatifs avec encore plus d'activité.

-- Départ des quatrièmes et sixièmes bataillons. -- Emploi de

soixante mille réfractaires qu'on a obligés de rejoindre. --

Manière de les plier au service militaire. -- Composition de

quatre armées pour la guerre de Russie, et préparation d'une

réserve pour l'Espagne. -- Voyage de Napoléon en Hollande et dans

les provinces du Rhin. -- Plan de défense de la Hollande. -- La

présence de Napoléon sert de prétexte pour réunir la grosse

cavalerie et l'acheminer sur l'Elbe. -- Création des lanciers. --

Inspection des troupes destinées à la guerre de Russie. --

Séjour à Wesel, à Cologne et dans les villes du Rhin. -- Affaires

diverses dont Napoléon s'occupe chemin faisant. -- Arrangement

avec la Prusse. -- Le ministre de France est rappelé de

Stockholm. -- Suite et fin apparente de la querelle religieuse.

-- Acceptation par Pie VII du décret du concile, avec des motifs

qui ne conviennent pas entièrement à Napoléon. -- Celui-ci

accepte le dispositif sans les motifs, et renvoie dans leurs

diocèses les prélats qui avaient composé le concile. -- Son

retour à Paris en novembre, et son application à expédier toutes

les affaires intérieures, afin de ne rien laisser en souffrance

en partant pour la Russie. 1 à 226

LIVRE QUARANTE-DEUXIÈME.

TARRAGONE.

Suite des événements dans la Péninsule. -- Retour de Joseph à

Madrid, et conditions auxquelles il y retourne. -- État de

l'Espagne, fatigue des esprits, possibilité de les soumettre en

accordant quelques secours d'argent à Joseph, et en lui envoyant

de nouvelles forces. -- Situation critique de Badajoz depuis la

bataille d'Albuera. -- Empressement du maréchal Marmont,

successeur de Masséna, à courir au secours de cette place. --

Marche de ce maréchal, sa jonction avec le maréchal Soult, et

délivrance de Badajoz après une courageuse résistance de la part

de la garnison. -- Réunion de ces deux maréchaux, suivie de leur

séparation presque immédiate. -- Le maréchal Soult va réprimer

les bandes insurgées de l'Andalousie, et le maréchal Marmont

vient s'établir sur le Tage, de manière à pouvoir secourir ou

Ciudad-Rodrigo ou Badajoz, selon les circonstances. -- Lord

Wellington, après avoir échoué devant Badajoz, est forcé par les

maladies de prendre des quartiers d'été, mais il se dispose à

attaquer Badajoz ou Ciudad-Rodrigo au premier faux mouvement des

armées françaises. -- Opérations en Aragon et en Catalogne. -- Le

général Suchet, chargé du commandement de la basse Catalogne et

d'une partie des forces de cette province, se transporte devant

Tarragone. -- Mémorable siége et prise de cette place importante.

-- Le général Suchet élevé à la dignité de maréchal. -- Reprise

de Figuères un moment occupée par les Espagnols. -- Lord

Wellington ayant fait des préparatifs pour assiéger

Ciudad-Rodrigo, et s'étant approché de cette place, le maréchal

Marmont quitte les bords du Tage en septembre, et réuni au

général Dorsenne qui avait remplacé le maréchal Bessières en

Castille, marche sur Ciudad-Rodrigo et parvient à le ravitailler.

-- Extrême péril de l'armée anglaise. -- Les deux généraux

français, plus unis, auraient pu lui faire essuyer un grave

échec. -- Fin paisible de l'été en Espagne, et résolution prise

par Napoléon de conquérir Valence avant l'hiver. -- Départ du

maréchal Suchet le 15 septembre, et sa marche à travers le

royaume de Valence. -- Résistance de Sagonte, et vains efforts

pour enlever d'assaut cette forteresse. -- Le général Blake

voulant secourir Sagonte vient offrir la bataille à l'armée

française. -- Victoire de Sagonte gagnée le 25 octobre 1811. --

Reddition de Sagonte. -- Le maréchal Suchet quoique vainqueur n'a

pas des forces suffisantes pour prendre Valence et demande du

renfort. -- Napoléon fait converger vers lui toutes les troupes

disponibles en Espagne, sous les généraux Caffarelli, Reille et

Montbrun. -- Investissement et prise de Valence le 9 janvier 1812

avec le secours de deux divisions amenées par le général Reille.

-- Inutilité du mouvement ordonné au général Montbrun, et course

de celui-ci jusqu'à Alicante. -- Lord Wellington profitant de la

concentration autour de Valence de toutes les forces disponibles

des Français, se hâte d'investir Ciudad-Rodrigo. -- Il prend

cette place le 19 janvier 1812, avant que le maréchal Marmont ait

pu la secourir. -- Injustes reproches adressés au maréchal

Marmont. -- Dans ce moment Napoléon, au lieu d'envoyer de

nouvelles troupes en Espagne, en retire sa garde, les Polonais,

la moitié des dragons et un certain nombre de quatrièmes

bataillons. -- Il ramène le maréchal Marmont du Tage sur le

Douro, en lui assignant exclusivement la tâche de défendre le

nord de la Péninsule contre les Anglais. -- Profitant de ces

circonstances, lord Wellington court à Badajoz, et prend cette

place d'assaut le 7 avril 1812, malgré une conduite héroïque de

la part de la garnison. -- Avec Ciudad-Rodrigo et Badajoz tombent

les deux boulevards de la frontière d'Espagne contre les Anglais.

-- Napoléon, se préparant à partir pour la Russie, nomme enfin

Joseph commandant en chef de toutes les armées de la Péninsule,

en lui laissant des forces insuffisantes et dispersées. -- Résumé

des événements d'Espagne pendant les années 1810 et 1811, et les

premiers mois de l'année 1812. 227 à 384

LIVRE QUARANTE-TROISIÈME.

PASSAGE DU NIÉMEN.

Suite des événements du Nord. -- Un succès des Russes sur le

Danube, écartant toute apparence de faiblesse de leur part,

dispose l'empereur Alexandre à envoyer M. de Nesselrode à Paris,

afin d'arranger à l'amiable les différends survenus avec la

France. -- À cette nouvelle, Napoléon, ne voulant pas de cette

mission pacifique, traite le prince Kourakin avec une extrême

froideur, et montre à l'égard de la mission de M. de Nesselrode

des dispositions qui obligent la Russie à y renoncer. -- Derniers

et vastes préparatifs de guerre. -- Immensité et distribution des

forces réunies par Napoléon. -- Mouvement de toutes ses armées

s'ébranlant sur une ligne qui s'étend des Alpes aux bouches du

Rhin, et s'avance sur la Vistule. -- Ses précautions pour arriver

insensiblement jusqu'au Niémen sans provoquer les Russes à

envahir la Pologne et la Vieille-Prusse. -- Ordre donné à M. de

Lauriston de tenir un langage pacifique, et envoi de M. de

Czernicheff pour persuader à l'empereur Alexandre qu'il s'agit

uniquement d'une négociation appuyée par une démonstration

armée. -- Alliances politiques de Napoléon. -- Traités de

coopération avec la Prusse et l'Autriche. -- Négociations pour

nouer une alliance avec la Suède et avec la Porte. -- Efforts

pour amener une guerre de l'Amérique avec l'Angleterre, et

probabilité d'y réussir. -- Dernières dispositions de Napoléon

avant de quitter Paris. -- Situation intérieure de l'Empire;

disette, finances, état des esprits. -- Situation à

Saint-Pétersbourg. -- Accueil fait par Alexandre à la mission de

M. de Czernicheff. -- Éclairé par les mouvements de l'armée

française, par les traités d'alliance conclus avec la Prusse et

l'Autriche, l'empereur Alexandre se décide à partir pour son

quartier général, en affirmant toujours qu'il est prêt à

négocier. -- En apprenant ce départ, Napoléon ordonne un nouveau

mouvement à ses troupes, envoie M. de Narbonne à Wilna pour

atténuer l'effet que ce mouvement doit produire, et quitte Paris

le 9 mai 1812, accompagné de l'Impératrice et de toute sa cour.

-- Arrivée de Napoléon à Dresde. -- Réunion dans cette capitale

de presque tous les souverains du continent. -- Spectacle

prodigieux de puissance. -- Napoléon, averti que le prince

Kourakin a demandé ses passe-ports, charge M. de Lauriston d'une

nouvelle démarche auprès de l'empereur Alexandre, afin de

prévenir des hostilités prématurées. -- Fausses espérances à

l'égard de la Suède et de la Turquie. -- Vues relativement à la

Pologne. -- Chances de sa reconstitution. -- Envoi de M. de Pradt

comme ambassadeur de France à Varsovie. -- Retour de M. de

Narbonne à Dresde, après avoir rempli sa mission à Wilna. --

Résultat de cette mission. -- Le mois de mai étant écoulé,

Napoléon quitte Dresde pour se rendre à son quartier général. --

Horribles souffrances des peuples foulés par nos troupes. --

Napoléon à Thorn. -- Immense attirail de l'armée, et

développement excessif des états-majors. -- Mesures de Napoléon

pour y porter remède. -- Son accueil au maréchal Davout et au roi

Murat. -- Son séjour à Dantzig. -- Vaste système de navigation

intérieure pour transporter nos convois jusqu'au milieu de la

Lithuanie. -- Arrivée à Koenigsberg. -- Rupture définitive avec

Bernadotte sur des nouvelles reçues de Suède. -- Déclaration de

guerre à la Russie fondée sur un faux prétexte. -- Plan de

campagne. -- Arrivée au bord du Niémen. -- Passage de ce fleuve

le 24 juin. -- Contraste des projets de Napoléon en 1810, avec

ses entreprises en 1812. -- Funestes pressentiments. 385 à 577

FIN DE LA TABLE DU TOME TREIZIÈME.

[Notes au lecteur de ce fichier numérique:

Seules les erreurs clairement introduites par le typographe ont été

corrigées. L'orthographe de l'auteur a été conservée.

Les lettres supérieures inhabituelles ont été entourées de

parenthèses.]

Histoire du Consulat et de l'Empire, (Vol. 13 / 20) faisant suite à l'Histoire de la Révolution Française · 第 42 / 42 段