18 avril.

Ami, tu me reproches sérieusement mon athéisme social; tu dis que tout

ce qui vit en dehors des doctrines de l'utilité ne peut jamais être ni

vraiment grand ni vraiment bon. Tu dis que cette indifférence est

coupable, d'un funeste exemple, et qu'il faut en sortir, ou me suicider

moralement, couper ma main droite et ne jamais converser avec les

hommes. Tu es bien sévère; mais je t'aime ainsi, cela est beau et

respectable en toi. Tu dis encore que tout système de non-intervention

est l'excuse de la lâcheté ou de l'égoïsme, parce qu'il n'y a aucune

chose humaine qui ne soit avantageuse ou nuisible à l'humanité. Quelle

que soit mon ambition, dis-tu, soit que je désire être admiré, soit que

je veuille être aimé, il faut que je sois charitable, et charitable avec

discernement, avec réflexion, avec science, c'est-à-dire philanthrope.

J'ai l'habitude de répondre par des sophismes et des facéties à ceux qui

me tiennent ce langage; mais ici c'est différent, je te reconnais le

droit de prononcer cette grande parole de vertu, que j'ose à peine

répéter moi-même après toi. J'y ai toujours été des plus rétifs, et la

faute en est a ceux qui m'ont voulu baptiser avec des mains impures.

Quand on veut laver la souillure du péché, il faut être Jean-Baptiste

pour le plus obscur catéchumène, tout aussi bien que pour le Christ, et

les cheveux de Madeleine ne doivent point essuyer les pieds qui marchent

dans les voies de l'erreur.

O toi qui m'interroges, as-tu quitté les sentiers dangereux où la

jeunesse se précipite? Retiré dans le sanctuaire de ta volonté, as-tu

pratiqué, depuis ces années sévères de ta réflexion, les vertus antiques

que tu prises au-dessus de tout: la tempérance, la charité, le travail,

la constance, le désintéressement?--Oui, tu l'as fait, je le sais; eh

bien! parle: mon orgueil se révolte contre ceux qui ne sont pas plus

grands que moi et qui veulent me mettre à leurs pieds. Toi qui n'as pas

seulement la puissance de l'entendement, mais la force du coeur,

parle; je répondrai comme à un juge légitime et t'obéirai en te parlant

de moi tant que tu voudras, car je confesse qu'il y avait plus de

paresse coupable de ma part à l'éviter que de véritable modestie.

O mon frère! ceci est un entretien grave, une époque grave dans ma

pauvre vie! je ne suis point venu ici avec un sentiment d'abnégation

enthousiaste, mais avec une sérieuse volonté de ne voir en toi que ce

qu'il y aurait de vraiment beau. J'étais cuirassé contre les effets

magnétiques qui sont toujours à craindre dans un contact avec les hommes

supérieurs. Aussi je puis dire que je n'ai point été ébloui par le

prestige que tu exerces sur les autres; les lignes romaines de ton

front, la puissance de ta parole, l'éclat et l'abondance de tes pensées

ne m'ont jamais occupé. Ce qui m'a touché et convaincu, c'est ce que je

t'ai entendu dire, ce que je t'ai vu faire de plus simple, une parole

douce et naïve au milieu de la plus vive exaltation, une familiarité

brusque et chaste, une exquise pureté dans toutes les expressions et

dans tous les sentiments. On ne peut pas inventer de plus folle calomnie

contre toi que l'accusation de cupidité. Je voudrais bien que tes

ennemis politiques pussent me dire en quoi l'argent peut être désirable

pour un homme sans vices, sans fantaisies, et qui n'a ni maîtresses, ni

cabinet de tableaux, ni collection de médailles, ni chevaux anglais, ni

luxe, ni mollesse d'aucun genre? C'est beaucoup, Éverard, c'est presque

tout à mes yeux maintenant que l'absence de vices. C'est de cela qu'on

ne peut pas douter, tandis que les qualités peuvent se parer de tant de

noms qui ne leur appartiennent pas! mais qui peut suspecter la sobriété

tranquille avec laquelle une âme forte use des biens de la vie? de

quelle équivoque, de quelle hypocrisie ont jamais besoin les obscures

vertus domestiques?

Tu me parlais de l'immense organisation de Mirabeau, toute pétrie de

vices et de vertus. Je ne suis pas assez enthousiaste de la bigarrure

pour trouver la statue de diamant et de boue plus belle et plus

imposante que la statue d'or pur. Mon ami Henri Heine a dit, en parlant

de Spinosa: «Sa vie privée fut exempte de blâme; elle est demeurée pure

et sans tache comme celle de son divin parent Jésus-Christ.» Ces simples

paroles me font aimer Spinosa. C'est par là seulement sans doute que mon

faible cerveau eût pu mesurer sa grandeur. Il y a aussi en toi, mon cher

frère, un côté que je ne connais pas, parce que mon esprit, paresseux ou

impuissant, n'a pénétré dans aucune science. Je comprends ce que tu es,

et non ce que tu fais. Je vois le mécanisme de cette belle machine à

idées; mais la valeur et l'usage de ses produits me sont inconnus et

indifférents. Je vois que le mot de vertu en est le levier formidable,

et je sais que ce mot a un sens toujours un et magnifique, quelle qu'en

soit l'application: abnégation et sacrifice éternel de toutes les

satisfactions vulgaires de l'esprit ou des sens à une satisfaction

suprême et divine; consécration d'une existence humaine au culte d'une

volonté vaste et intelligente qui en est le foyer. C'est la vertu, c'est

la force, c'est la tendance de l'âme à s'élever au plus haut possible,

pour embrasser d'un regard plus de choses que le vulgaire, et pour semer

sur un champ plus vaste les bienfaits de se puissance. C'est l'ambition

généreuse, c'est la foi, c'est la science, c'est l'art, c'est toutes les

formes que prend la Divinité pour se manifester dans l'homme. C'est

pourquoi régner, même en vertu des droits les plus grossiers et les plus

iniques, même au prix du repos et de la vie, a toujours été le plus

ardent désir des hommes; et il ne faut pas s'en étonner. Régner tant

bien que mal, c'est exercer un semblant de vertu et de force morale. Si

les paroles humaines ont un sens dans le grand livre de la nature, ces

deux paroles sont absolument synonymes, et déjà dans notre langue elles

le sont souvent. J'ai écrit tout à l'heure, «régner en _vertu_ d'un

droit _inique_,» ce qui est très-français, je crois, et ne présente

aucun contre-sens, que je sache.

Tout ce qui est difficile à faire excite l'étonnement des hommes et

mérite leur admiration en raison directe de l'avantage qu'ils retirent

de cet emploi de forces; et comme rien dans les oeuvres de Dieu ne

peut être, aux yeux de l'homme, plus grand et plus précieux que sa

propre existence, il est évident que ce qu'il appelle le sentiment de

l'équité naturelle est la conscience raisonnée de ce qui lui est utile.

Le plus simple effort de ce raisonnement lui prouvant qu'il ne peut

vivre isolé, il a dû, au sortir de l'état le plus primitif qu'on puisse

supposer, s'essayer aux associations et se grouper par peuplades autour

d'un système de lois dictées par les plus habiles ou les plus forts.

Ceux qui out réussi à faire ces lois dans leur intérêt personnel ont

commencé la guerre éternelle entre les hommes de résistance et les

hommes d'oppression; à leur tour, les hommes de résistance ont combattu,

et sont devenus oppresseurs par le droit de la force. Dans tout cela, où

est la justice?

Levez-vous, hommes choisis, hommes divins, qui avez inventé la vertu!

Vous avez imaginé une félicité moins grossière que celle des hommes

sensuels, plus orgueilleuse que celle des braves. Voue avez découvert

qu'il y avait, dans l'amour et dans la reconnaissance de vos frères,

plus de jouissance que dans toutes les possessions qu'ils se

disputaient. Alors, retranchant de votre vie tous les plaisirs qui

faisaient ces hommes semblables les uns aux autres, vous avez flétri

sagement du nom de vice tout ce qui les rendait heureux, par conséquent

avides, jaloux, violents et insociables. Vous avez renoncé à votre part

de richesse et de plaisir sur la terre, et vous étant ainsi rendus tels

que vous ne pouviez plus exciter ni jalousie ni méfiance, vous vous êtes

placés au milieu d'eux comme des divinités bienfaisantes pour les

éclairer sur leurs intérêts et pour leur donner des lois utiles. Vous

leur avez dit que donner était plus beau que posséder, et là où vous

avez commandé, la justice a régné; quels sophismes pourraient combattre

votre excellence, ô sublimes vaniteux? Il n'y a rien au monde de plus

grand que vous, rien de plus précieux, rien de plus nécessaire.

Allez et parlez de vertu; un jour viendra où les sensualistes qui vous

raillent, aux prises avec l'avidité et la vengeance de ceux qui

jusqu'ici n'ont pu satisfaire les jouissances des sens, comprendront

qu'il est un sort plus digne d'envie et plus a l'abri de l'orage que le

leur; ils comprendront que la raison populaire plane sur le monde,

qu'elle a forcé la porte des boudoirs, qu'elle peut s'arroger le droit

de jouir à son tour, et de renvoyer les vaincus à la charrue, au toit de

chaume, et au crucifix, seule consolation du pauvre. Ils seront bien

heureux alors de rencontrer, entre eux et la haine du vainqueur, la main

de l'homme vertueux pour partager les biens de la terre entre le riche

et le pauvre, et pour expliquer à tous deux ce que c'est que la justice.

Je ne sais s'il arrivera jamais un jour où l'homme décidera

infailliblement et définitivement ce qui est utile à l'homme. Je n'en

suis pas à examiner dans ses détails le système que tu as embrassé: j'en

plaisantais l'autre jour; mais du moment que tu m'amènes a parler raison

(ce qui, je te le déclare, n'est pas une médiocre victoire de ta force

sur la mienne), je te dirai bien que la grande loi d'égalité, tout

inapplicable qu'elle paraisse maintenant a ceux qui en ont peur, et tout

incertain que me semble son règne sur la terre, à moi qui vois ces

choses du fond d'une cellule, est la première et la seule invariable loi

de morale et d'équité qui se soit présentée à mon esprit dans tous les

temps. Tous les détails scientifiques par lesquels on arrive à formuler

une pensée me sont absolument étrangers; et quant aux moyens par

lesquels on parvient à la faire dominer dans le monde, malheureusement

ils me semblent tous tellement soumis aux doutes, aux contestations, aux

scrupules et aux répugnances de ceux qui se chargent de l'exécution, que

je me sens pétrifié par mon scepticisme quand j'essaie seulement d'y

porter les yeux et de voir en quoi ils consistent. Ce n'est pas mon

fait. Je suis de nature poétique et non législative, guerrière au

besoin, mais jamais parlementaire. On peut m'employer à tout en me

persuadant d'abord, en me commandant ensuite; mais je ne suis propre à

rien découvrir, à rien décider. J'accepterai tout ce qui sera bien.

Ainsi, demande mes biens et ma vie, ô Romain! mais laisse mon pauvre

esprit aux sylphes et aux nymphes de la poésie. Que t'importe? tu

trouveras bien assez de têtes qui voudront délibérer plus qu'il ne sera

besoin. Ne sera-t-il pas permis aux ménestrels de chanter des romances

aux femmes, pendant que vous ferez des lois pour les hommes?

Voilà où j'en voulais venir, Éverard: c'est à te dire que la vertu n'est

pas nécessaire à tous, mais à quelques-uns seulement; ce qui est

nécessaire à tous, c'est l'honnêteté. Sois vertueux, je tâche d'être

honnête. L'honnêteté, c'est cette sagesse instinctive, cette modération

naturelle dont je parlais tout à l'heure, cette absence de vices,

c'est-à-dire de passions fougueuses, nuisibles à la société, en ce

qu'elles tendent à accaparer les sources de jouissances réparties

également entre les hommes dans les desseins de la nature

providentielle. Il faut que les gouvernés soient honnêtes, tempérants,

probes, _moraux_ enfin, pour que les gouvernants puissent bâtir sur

leurs épaules fermes et soumises un édifice durable. Je suis loin encore

de ce qu'on appelle les _vertus républicaines_, de ce que j'appellerai,

en style moins pompeux, les qualités de l'individu gouvernable ou du

citoyen. J'ai mal vécu, j'ai mal usé des biens qui me sont échus, j'ai

négligé les oeuvres de charité; j'ai passé mes jours dans la mollesse,

dans l'ennui, dans les larmes vaines, dans les folles amours, dans les

frivoles plaisirs. Je me suis prosterné devant des idoles de chair et de

sang, et j'ai laissé leur souffle enivrant effacer les sentences

austères que la sagesse des livres avait écrites sur mon front dans ma

jeunesse; j'ai permis à leur innocent despotisme de dévouer mes jours à

des amusements puérils, où se sont longtemps éteints le souvenir et

l'amour du bien; car j'avais été honnête autrefois, sais-tu bien cela,

Éverard? _Ceux d'ici_ te le diront: c'est de notoriété bourgeoise dans

notre pays; mais il y avait peu de mérite; j'étais jeune, et les

funestes amours n'étaient pas encore éclos dans mon sein. Ils y ont

étouffé bien des qualités; mais je sais qu'il en est auxquelles je n'ai

pas fait la plus légère tache au milieu des plus grands revers de ma

vie, et qu'aucune des autres n'est perdue pour moi sans retour. Ainsi je

réponds à la question que tu m'adressais l'autre jour: Est-ce par

impuissance ou par indifférence que tu tardes à être bon?--Ni l'un ni

l'autre; c'est que j'ai été détourné de ma route, emmené prisonnier par

une passion dont je ne me méfiais pas et que je croyais noble et sainte.

Elle l'est sans doute; mais je lui ai laissé prendre trop ou trop peu

d'empire sur moi. Ma force virile se révoltait en vain contre elle; une

lutte affreuse a dévoré les plus belles années de ma vie; je suis resté

tout ce temps dans une terre étrangère pour mon âme, dans une terre

d'exil et de servitude, d'où me voici échappé enfin, tout meurtri, tout

abruti par l'esclavage, et traînant encore après moi les débris de la

chaîne que j'ai rompue, et qui me coupe encore jusqu'au sang, chaque

fois que je fais un mouvement en arrière pour regarder les rives

lointaines et abandonnées. Oui, j'ai été esclave; plains-moi, homme

libre, et ne t'étonne pas aujourd'hui de voir que je ne peux plus

soupirer qu'après les voyages, le grand air, les grands bois et la

solitude. Oui, j'ai été esclave, et l'esclavage, je puis te le dire par

expérience, avilit l'homme et le dégrade. Il le jette dans la démence et

dans la perversité; il le rend méchant, menteur, vindicatif, amer, plus

détestable vingt fois que le tyran qui l'opprime; c'est ce qui m'est

arrivé, et, dans la haine que j'avais conçue contre moi-même, j'ai

désiré la mort avec rage, tous les jours de mon abjection.

Cependant je suis ici, et j'y suis avec une flèche brisée dans le

coeur; c'est ma main qui l'a brisée, c'est ma main qui l'arrachera;

car chaque jour je l'ébranle dans mon sein, ce dard acéré, et chaque

jour, faisant saigner ma plaie et l'élargissant, je sens avec orgueil

que j'en retire le fer et que mon âme ne le suit pas. Ce n'est donc pas

un incurable et un infirme qui est là devant toi; c'est un prisonnier

échappé et blessé qui peut guérir et faire encore un bon soldat. Ne

vois-tu pas que je n'ai rapporté aucun vice de la terre d'Égypte, et que

je suis encore sobre et robuste pour traverser le grand désert? Regarde

seulement à qui tu parles maintenant: ce n'est plus à un efféminé et à

un prodigue; ce n'est plus à un de ces jeunes Athéniens à chevelure

parfumée, qu'Aristophane châtiait en les interpellant au milieu de ses

drames, et qu'il livrait, en les désignant par leur nom et en les

montrant du doigt, à la censure publique; c'est à une espèce de garçon

de charrue, coiffé d'un chapeau de jonc, vêtu d'une blouse de roulier,

chaussé de bas bleus et de souliers ferrés. Ce pénitent rustique est

encore capable, comme toi, de tempérance, de charité, de travail, de

constance, de désintéressement et de simplicité; il sera en outre chaste

et sincère, parce qu'il abdique sa grande folie, l'amour!

République, aurore de la justice et de l'égalité, divine utopie, soleil

d'un avenir peut-être chimérique, salut! rayonne dans le ciel, astre que

demande à posséder la terre. Si tu descends sur nous avant

l'accomplissement des temps prévus, tu me trouveras prêt à te recevoir,

et tout vêtu déjà conformément à tes lois somptuaires. Mes amis, mes

maîtres, mes frères, salut! mon sang et mon pain vous appartiennent

désormais, en attendant que la république les réclame. Et toi, ô grande

Suisse! ô vous, belles montagnes, ondes éloquentes, aigles sauvages,

chamois des Alpes, lacs de cristal, neiges argentées, sombres sapins,

sentiers perdus, roches terribles! ce ne peut être un mal que d'aller me

jeter à genoux, seul et pleurant, au milieu de vous. La vertu et la

république ne peuvent défendre à un pauvre artiste chagrin et fatigué

d'aller prendre dans son cerveau le calque de vos lignes sublimes et le

prisme de vos riches couleurs. Vous lui permettrez bien, ô échos de la

solitude, de vous raconter ses peines; herbe fine et semée de fleurs, tu

lui fourniras bien un lit et une table; ruisseaux limpides, vous ne

retournerez pas en arrière quand il s'approchera de vous; et toi,

botanique, ô sainte botanique! ô mes campanules bleues qui fleurissez

tranquillement sous la foudre des cataractes! ô mes panporcini d'Oliero,

que je trouvai endormis au fond de la grotte et repliés dans vos

calices, mais qui, au bout d'une heure, vous éveillâtes autour de moi

comme pour me regarder avec vos faces fraîches et vermeilles! ô ma

petite sauge du Tyrol! ô mes heures de solitude, les seules de ma vie

que je me rappelle avec délices!

Mais toi, idole de ma jeunesse, amour dont je déserte le temple à

jamais, adieu! Malgré moi mes genoux plient et ma bouche tremble en te

disant ce mot sans retour. Encore un regard, encore l'offrande d'une

couronne de roses nouvelles, les premières du printemps, et adieu! C'est

assez d'offrandes, c'est assez de prosternations! Dieu insatiable,

prends des lévites plus jeunes et plus heureux que moi, ne me compte

plus au nombre de ceux qui viennent t'invoquer.--Mais il m'est

impossible, hélas! en te quittant, de te maudire, ô tourments et

délices! je ne peux pas même te jeter un reproche; je déposerai à tes

pieds une urne funéraire, emblème de mon éternel veuvage. Tes jeunes

lévites la jetteront par terre en dansant autour de ta statue; ils la

briseront et continueront d'aimer. Règne, amour, règne en attendant que

la vertu et la république te coupent les ailes.

Lettres d'un voyageur · 第 30 / 52 题