Ami, tu me reproches sérieusement mon athéisme social; tu dis que tout
ce qui vit en dehors des doctrines de l'utilité ne peut jamais être ni
vraiment grand ni vraiment bon. Tu dis que cette indifférence est
coupable, d'un funeste exemple, et qu'il faut en sortir, ou me suicider
moralement, couper ma main droite et ne jamais converser avec les
hommes. Tu es bien sévère; mais je t'aime ainsi, cela est beau et
respectable en toi. Tu dis encore que tout système de non-intervention
est l'excuse de la lâcheté ou de l'égoïsme, parce qu'il n'y a aucune
chose humaine qui ne soit avantageuse ou nuisible à l'humanité. Quelle
que soit mon ambition, dis-tu, soit que je désire être admiré, soit que
je veuille être aimé, il faut que je sois charitable, et charitable avec
discernement, avec réflexion, avec science, c'est-à-dire philanthrope.
J'ai l'habitude de répondre par des sophismes et des facéties à ceux qui
me tiennent ce langage; mais ici c'est différent, je te reconnais le
droit de prononcer cette grande parole de vertu, que j'ose à peine
répéter moi-même après toi. J'y ai toujours été des plus rétifs, et la
faute en est a ceux qui m'ont voulu baptiser avec des mains impures.
Quand on veut laver la souillure du péché, il faut être Jean-Baptiste
pour le plus obscur catéchumène, tout aussi bien que pour le Christ, et
les cheveux de Madeleine ne doivent point essuyer les pieds qui marchent
dans les voies de l'erreur.
O toi qui m'interroges, as-tu quitté les sentiers dangereux où la
jeunesse se précipite? Retiré dans le sanctuaire de ta volonté, as-tu
pratiqué, depuis ces années sévères de ta réflexion, les vertus antiques
que tu prises au-dessus de tout: la tempérance, la charité, le travail,
la constance, le désintéressement?--Oui, tu l'as fait, je le sais; eh
bien! parle: mon orgueil se révolte contre ceux qui ne sont pas plus
grands que moi et qui veulent me mettre à leurs pieds. Toi qui n'as pas
seulement la puissance de l'entendement, mais la force du coeur,
parle; je répondrai comme à un juge légitime et t'obéirai en te parlant
de moi tant que tu voudras, car je confesse qu'il y avait plus de
paresse coupable de ma part à l'éviter que de véritable modestie.
O mon frère! ceci est un entretien grave, une époque grave dans ma
pauvre vie! je ne suis point venu ici avec un sentiment d'abnégation
enthousiaste, mais avec une sérieuse volonté de ne voir en toi que ce
qu'il y aurait de vraiment beau. J'étais cuirassé contre les effets
magnétiques qui sont toujours à craindre dans un contact avec les hommes
supérieurs. Aussi je puis dire que je n'ai point été ébloui par le
prestige que tu exerces sur les autres; les lignes romaines de ton
front, la puissance de ta parole, l'éclat et l'abondance de tes pensées
ne m'ont jamais occupé. Ce qui m'a touché et convaincu, c'est ce que je
t'ai entendu dire, ce que je t'ai vu faire de plus simple, une parole
douce et naïve au milieu de la plus vive exaltation, une familiarité
brusque et chaste, une exquise pureté dans toutes les expressions et
dans tous les sentiments. On ne peut pas inventer de plus folle calomnie
contre toi que l'accusation de cupidité. Je voudrais bien que tes
ennemis politiques pussent me dire en quoi l'argent peut être désirable
pour un homme sans vices, sans fantaisies, et qui n'a ni maîtresses, ni
cabinet de tableaux, ni collection de médailles, ni chevaux anglais, ni
luxe, ni mollesse d'aucun genre? C'est beaucoup, Éverard, c'est presque
tout à mes yeux maintenant que l'absence de vices. C'est de cela qu'on
ne peut pas douter, tandis que les qualités peuvent se parer de tant de
noms qui ne leur appartiennent pas! mais qui peut suspecter la sobriété
tranquille avec laquelle une âme forte use des biens de la vie? de
quelle équivoque, de quelle hypocrisie ont jamais besoin les obscures
vertus domestiques?
Tu me parlais de l'immense organisation de Mirabeau, toute pétrie de
vices et de vertus. Je ne suis pas assez enthousiaste de la bigarrure
pour trouver la statue de diamant et de boue plus belle et plus
imposante que la statue d'or pur. Mon ami Henri Heine a dit, en parlant
de Spinosa: «Sa vie privée fut exempte de blâme; elle est demeurée pure
et sans tache comme celle de son divin parent Jésus-Christ.» Ces simples
paroles me font aimer Spinosa. C'est par là seulement sans doute que mon
faible cerveau eût pu mesurer sa grandeur. Il y a aussi en toi, mon cher
frère, un côté que je ne connais pas, parce que mon esprit, paresseux ou
impuissant, n'a pénétré dans aucune science. Je comprends ce que tu es,
et non ce que tu fais. Je vois le mécanisme de cette belle machine à
idées; mais la valeur et l'usage de ses produits me sont inconnus et
indifférents. Je vois que le mot de vertu en est le levier formidable,
et je sais que ce mot a un sens toujours un et magnifique, quelle qu'en
soit l'application: abnégation et sacrifice éternel de toutes les
satisfactions vulgaires de l'esprit ou des sens à une satisfaction
suprême et divine; consécration d'une existence humaine au culte d'une
volonté vaste et intelligente qui en est le foyer. C'est la vertu, c'est
la force, c'est la tendance de l'âme à s'élever au plus haut possible,
pour embrasser d'un regard plus de choses que le vulgaire, et pour semer
sur un champ plus vaste les bienfaits de se puissance. C'est l'ambition
généreuse, c'est la foi, c'est la science, c'est l'art, c'est toutes les
formes que prend la Divinité pour se manifester dans l'homme. C'est
pourquoi régner, même en vertu des droits les plus grossiers et les plus
iniques, même au prix du repos et de la vie, a toujours été le plus
ardent désir des hommes; et il ne faut pas s'en étonner. Régner tant
bien que mal, c'est exercer un semblant de vertu et de force morale. Si
les paroles humaines ont un sens dans le grand livre de la nature, ces
deux paroles sont absolument synonymes, et déjà dans notre langue elles
le sont souvent. J'ai écrit tout à l'heure, «régner en _vertu_ d'un
droit _inique_,» ce qui est très-français, je crois, et ne présente
aucun contre-sens, que je sache.
Tout ce qui est difficile à faire excite l'étonnement des hommes et
mérite leur admiration en raison directe de l'avantage qu'ils retirent
de cet emploi de forces; et comme rien dans les oeuvres de Dieu ne
peut être, aux yeux de l'homme, plus grand et plus précieux que sa
propre existence, il est évident que ce qu'il appelle le sentiment de
l'équité naturelle est la conscience raisonnée de ce qui lui est utile.
Le plus simple effort de ce raisonnement lui prouvant qu'il ne peut
vivre isolé, il a dû, au sortir de l'état le plus primitif qu'on puisse
supposer, s'essayer aux associations et se grouper par peuplades autour
d'un système de lois dictées par les plus habiles ou les plus forts.
Ceux qui out réussi à faire ces lois dans leur intérêt personnel ont
commencé la guerre éternelle entre les hommes de résistance et les
hommes d'oppression; à leur tour, les hommes de résistance ont combattu,
et sont devenus oppresseurs par le droit de la force. Dans tout cela, où
est la justice?
Levez-vous, hommes choisis, hommes divins, qui avez inventé la vertu!
Vous avez imaginé une félicité moins grossière que celle des hommes
sensuels, plus orgueilleuse que celle des braves. Voue avez découvert
qu'il y avait, dans l'amour et dans la reconnaissance de vos frères,
plus de jouissance que dans toutes les possessions qu'ils se
disputaient. Alors, retranchant de votre vie tous les plaisirs qui
faisaient ces hommes semblables les uns aux autres, vous avez flétri
sagement du nom de vice tout ce qui les rendait heureux, par conséquent
avides, jaloux, violents et insociables. Vous avez renoncé à votre part
de richesse et de plaisir sur la terre, et vous étant ainsi rendus tels
que vous ne pouviez plus exciter ni jalousie ni méfiance, vous vous êtes
placés au milieu d'eux comme des divinités bienfaisantes pour les
éclairer sur leurs intérêts et pour leur donner des lois utiles. Vous
leur avez dit que donner était plus beau que posséder, et là où vous
avez commandé, la justice a régné; quels sophismes pourraient combattre
votre excellence, ô sublimes vaniteux? Il n'y a rien au monde de plus
grand que vous, rien de plus précieux, rien de plus nécessaire.
Allez et parlez de vertu; un jour viendra où les sensualistes qui vous
raillent, aux prises avec l'avidité et la vengeance de ceux qui
jusqu'ici n'ont pu satisfaire les jouissances des sens, comprendront
qu'il est un sort plus digne d'envie et plus a l'abri de l'orage que le
leur; ils comprendront que la raison populaire plane sur le monde,
qu'elle a forcé la porte des boudoirs, qu'elle peut s'arroger le droit
de jouir à son tour, et de renvoyer les vaincus à la charrue, au toit de
chaume, et au crucifix, seule consolation du pauvre. Ils seront bien
heureux alors de rencontrer, entre eux et la haine du vainqueur, la main
de l'homme vertueux pour partager les biens de la terre entre le riche
et le pauvre, et pour expliquer à tous deux ce que c'est que la justice.
Je ne sais s'il arrivera jamais un jour où l'homme décidera
infailliblement et définitivement ce qui est utile à l'homme. Je n'en
suis pas à examiner dans ses détails le système que tu as embrassé: j'en
plaisantais l'autre jour; mais du moment que tu m'amènes a parler raison
(ce qui, je te le déclare, n'est pas une médiocre victoire de ta force
sur la mienne), je te dirai bien que la grande loi d'égalité, tout
inapplicable qu'elle paraisse maintenant a ceux qui en ont peur, et tout
incertain que me semble son règne sur la terre, à moi qui vois ces
choses du fond d'une cellule, est la première et la seule invariable loi
de morale et d'équité qui se soit présentée à mon esprit dans tous les
temps. Tous les détails scientifiques par lesquels on arrive à formuler
une pensée me sont absolument étrangers; et quant aux moyens par
lesquels on parvient à la faire dominer dans le monde, malheureusement
ils me semblent tous tellement soumis aux doutes, aux contestations, aux
scrupules et aux répugnances de ceux qui se chargent de l'exécution, que
je me sens pétrifié par mon scepticisme quand j'essaie seulement d'y
porter les yeux et de voir en quoi ils consistent. Ce n'est pas mon
fait. Je suis de nature poétique et non législative, guerrière au
besoin, mais jamais parlementaire. On peut m'employer à tout en me
persuadant d'abord, en me commandant ensuite; mais je ne suis propre à
rien découvrir, à rien décider. J'accepterai tout ce qui sera bien.
Ainsi, demande mes biens et ma vie, ô Romain! mais laisse mon pauvre
esprit aux sylphes et aux nymphes de la poésie. Que t'importe? tu
trouveras bien assez de têtes qui voudront délibérer plus qu'il ne sera
besoin. Ne sera-t-il pas permis aux ménestrels de chanter des romances
aux femmes, pendant que vous ferez des lois pour les hommes?
Voilà où j'en voulais venir, Éverard: c'est à te dire que la vertu n'est
pas nécessaire à tous, mais à quelques-uns seulement; ce qui est
nécessaire à tous, c'est l'honnêteté. Sois vertueux, je tâche d'être
honnête. L'honnêteté, c'est cette sagesse instinctive, cette modération
naturelle dont je parlais tout à l'heure, cette absence de vices,
c'est-à-dire de passions fougueuses, nuisibles à la société, en ce
qu'elles tendent à accaparer les sources de jouissances réparties
également entre les hommes dans les desseins de la nature
providentielle. Il faut que les gouvernés soient honnêtes, tempérants,
probes, _moraux_ enfin, pour que les gouvernants puissent bâtir sur
leurs épaules fermes et soumises un édifice durable. Je suis loin encore
de ce qu'on appelle les _vertus républicaines_, de ce que j'appellerai,
en style moins pompeux, les qualités de l'individu gouvernable ou du
citoyen. J'ai mal vécu, j'ai mal usé des biens qui me sont échus, j'ai
négligé les oeuvres de charité; j'ai passé mes jours dans la mollesse,
dans l'ennui, dans les larmes vaines, dans les folles amours, dans les
frivoles plaisirs. Je me suis prosterné devant des idoles de chair et de
sang, et j'ai laissé leur souffle enivrant effacer les sentences
austères que la sagesse des livres avait écrites sur mon front dans ma
jeunesse; j'ai permis à leur innocent despotisme de dévouer mes jours à
des amusements puérils, où se sont longtemps éteints le souvenir et
l'amour du bien; car j'avais été honnête autrefois, sais-tu bien cela,
Éverard? _Ceux d'ici_ te le diront: c'est de notoriété bourgeoise dans
notre pays; mais il y avait peu de mérite; j'étais jeune, et les
funestes amours n'étaient pas encore éclos dans mon sein. Ils y ont
étouffé bien des qualités; mais je sais qu'il en est auxquelles je n'ai
pas fait la plus légère tache au milieu des plus grands revers de ma
vie, et qu'aucune des autres n'est perdue pour moi sans retour. Ainsi je
réponds à la question que tu m'adressais l'autre jour: Est-ce par
impuissance ou par indifférence que tu tardes à être bon?--Ni l'un ni
l'autre; c'est que j'ai été détourné de ma route, emmené prisonnier par
une passion dont je ne me méfiais pas et que je croyais noble et sainte.
Elle l'est sans doute; mais je lui ai laissé prendre trop ou trop peu
d'empire sur moi. Ma force virile se révoltait en vain contre elle; une
lutte affreuse a dévoré les plus belles années de ma vie; je suis resté
tout ce temps dans une terre étrangère pour mon âme, dans une terre
d'exil et de servitude, d'où me voici échappé enfin, tout meurtri, tout
abruti par l'esclavage, et traînant encore après moi les débris de la
chaîne que j'ai rompue, et qui me coupe encore jusqu'au sang, chaque
fois que je fais un mouvement en arrière pour regarder les rives
lointaines et abandonnées. Oui, j'ai été esclave; plains-moi, homme
libre, et ne t'étonne pas aujourd'hui de voir que je ne peux plus
soupirer qu'après les voyages, le grand air, les grands bois et la
solitude. Oui, j'ai été esclave, et l'esclavage, je puis te le dire par
expérience, avilit l'homme et le dégrade. Il le jette dans la démence et
dans la perversité; il le rend méchant, menteur, vindicatif, amer, plus
détestable vingt fois que le tyran qui l'opprime; c'est ce qui m'est
arrivé, et, dans la haine que j'avais conçue contre moi-même, j'ai
désiré la mort avec rage, tous les jours de mon abjection.
Cependant je suis ici, et j'y suis avec une flèche brisée dans le
coeur; c'est ma main qui l'a brisée, c'est ma main qui l'arrachera;
car chaque jour je l'ébranle dans mon sein, ce dard acéré, et chaque
jour, faisant saigner ma plaie et l'élargissant, je sens avec orgueil
que j'en retire le fer et que mon âme ne le suit pas. Ce n'est donc pas
un incurable et un infirme qui est là devant toi; c'est un prisonnier
échappé et blessé qui peut guérir et faire encore un bon soldat. Ne
vois-tu pas que je n'ai rapporté aucun vice de la terre d'Égypte, et que
je suis encore sobre et robuste pour traverser le grand désert? Regarde
seulement à qui tu parles maintenant: ce n'est plus à un efféminé et à
un prodigue; ce n'est plus à un de ces jeunes Athéniens à chevelure
parfumée, qu'Aristophane châtiait en les interpellant au milieu de ses
drames, et qu'il livrait, en les désignant par leur nom et en les
montrant du doigt, à la censure publique; c'est à une espèce de garçon
de charrue, coiffé d'un chapeau de jonc, vêtu d'une blouse de roulier,
chaussé de bas bleus et de souliers ferrés. Ce pénitent rustique est
encore capable, comme toi, de tempérance, de charité, de travail, de
constance, de désintéressement et de simplicité; il sera en outre chaste
et sincère, parce qu'il abdique sa grande folie, l'amour!
République, aurore de la justice et de l'égalité, divine utopie, soleil
d'un avenir peut-être chimérique, salut! rayonne dans le ciel, astre que
demande à posséder la terre. Si tu descends sur nous avant
l'accomplissement des temps prévus, tu me trouveras prêt à te recevoir,
et tout vêtu déjà conformément à tes lois somptuaires. Mes amis, mes
maîtres, mes frères, salut! mon sang et mon pain vous appartiennent
désormais, en attendant que la république les réclame. Et toi, ô grande
Suisse! ô vous, belles montagnes, ondes éloquentes, aigles sauvages,
chamois des Alpes, lacs de cristal, neiges argentées, sombres sapins,
sentiers perdus, roches terribles! ce ne peut être un mal que d'aller me
jeter à genoux, seul et pleurant, au milieu de vous. La vertu et la
république ne peuvent défendre à un pauvre artiste chagrin et fatigué
d'aller prendre dans son cerveau le calque de vos lignes sublimes et le
prisme de vos riches couleurs. Vous lui permettrez bien, ô échos de la
solitude, de vous raconter ses peines; herbe fine et semée de fleurs, tu
lui fourniras bien un lit et une table; ruisseaux limpides, vous ne
retournerez pas en arrière quand il s'approchera de vous; et toi,
botanique, ô sainte botanique! ô mes campanules bleues qui fleurissez
tranquillement sous la foudre des cataractes! ô mes panporcini d'Oliero,
que je trouvai endormis au fond de la grotte et repliés dans vos
calices, mais qui, au bout d'une heure, vous éveillâtes autour de moi
comme pour me regarder avec vos faces fraîches et vermeilles! ô ma
petite sauge du Tyrol! ô mes heures de solitude, les seules de ma vie
que je me rappelle avec délices!
Mais toi, idole de ma jeunesse, amour dont je déserte le temple à
jamais, adieu! Malgré moi mes genoux plient et ma bouche tremble en te
disant ce mot sans retour. Encore un regard, encore l'offrande d'une
couronne de roses nouvelles, les premières du printemps, et adieu! C'est
assez d'offrandes, c'est assez de prosternations! Dieu insatiable,
prends des lévites plus jeunes et plus heureux que moi, ne me compte
plus au nombre de ceux qui viennent t'invoquer.--Mais il m'est
impossible, hélas! en te quittant, de te maudire, ô tourments et
délices! je ne peux pas même te jeter un reproche; je déposerai à tes
pieds une urne funéraire, emblème de mon éternel veuvage. Tes jeunes
lévites la jetteront par terre en dansant autour de ta statue; ils la
briseront et continueront d'aimer. Règne, amour, règne en attendant que
la vertu et la république te coupent les ailes.