2.--LES PYRAMIDES.

Les tombes royales ont la forme de pyramides à base rectangulaire et

sont l'équivalent, en pierre ou en brique, du tumulus en terre meuble

qu'on amoncelait sur le corps des chefs de guerre, aux époques

antéhistoriques. Les mêmes idées prévalaient sur les âmes des rois qui

avaient cours sur celles des particuliers. Le plan de la pyramide

comporte donc les trois parties de celui des mastabas: la chapelle, les

couloirs, les chambres funéraires.

[Illustration: Fig. 131]

La chapelle est toujours isolée. A Saqqarah, on n'en a découvert aucune

trace. Elle était probablement, comme plus tard à Thèbes, située dans le

faubourg de la ville le plus proche de la montagne. A Gizèh, à Abousîr,

à Dahshour, les débris en sont encore visibles sur le front de la façade

orientale ou septentrionale. C'était alors un véritable temple avec

chambres, cours et passages. Les fragments de bas-reliefs qui sont

parvenus jusqu'à nous montrent les scènes du sacrifice et prouvent que

la décoration était identique à celle des salles publiques du mastaba.

La pyramide proprement dite ne renferme que les couloirs et le caveau

funèbre. La plus ancienne dont les textes nous certifient l'existence,

au nord d'Abydos, est celle de Snofrou; les plus modernes appartiennent

aux princes de la XIIe dynastie. La construction de ces monuments a donc

été, pendant treize ou quatorze siècles, une opération courante, prévue

par l'administration. Le granit, l'albâtre, le basalte destinés au

sarcophage et à certains détails, étaient les seuls matériaux dont

l'emploi et la quantité ne fussent pas réglés à l'avance et qu'il fallût

aller chercher au loin. Pour se les procurer, chaque roi envoyait un des

principaux personnages de la cour en mission aux carrières de la haute

Égypte, et la célérité avec laquelle on rapportait les blocs était un

titre puissant à la faveur du souverain. Le reste n'exigeait pas tant de

frais. Si le gros oeuvre était en brique, on moulait la brique sur

place, avec la terre prise dans la plaine au pied de la colline. S'il

était en pierre, les parties du plateau les plus voisines fournissaient

le calcaire marneux à profusion. On réservait d'ordinaire à la

construction des chambres et au revêtement le calcaire de Tourah, qu'on

n'avait même pas la peine de faire venir spécialement de l'autre côté du

Nil. Memphis avait des entrepôts toujours pleins, où l'on puisait sans

cesse pour les édifices publics, et par conséquent pour la tombe royale.

Les blocs, pris dans ces réserves et apportés en barque jusque sous la

montagne, montaient à l'emplacement choisi par l'architecte, le long de

chaussées inclinées doucement. La disposition intérieure, la longueur

des couloirs, la hauteur sont très variables; la pyramide de Khéops

culminait à 145 mètres environ au-dessus du sol, la plus petite

n'atteignait pas 10 mètres. Comme il est malaisé de concevoir

aujourd'hui quels motifs ont déterminé les Pharaons à choisir des

proportions aussi différentes, on a pensé que la masse bâtie était en

proportion directe du temps consacré à la bâtir, c'est-à-dire de la

durée de chaque règne. Dès qu'un prince montait sur le trône, on aurait

commencé par lui ériger à la hâte une pyramide assez vaste pour contenir

les parties essentielles du tombeau; puis, d'année en année, on aurait

ajouté des couches nouvelles autour du noyau primitif, jusqu'au moment

où la mort arrêtait à jamais la croissance du monument. Les faits ne

justifient pas cette hypothèse. La moindre des pyramides de Saqqarah

appartient à Ounas, qui régna trente ans; mais les deux imposantes

pyramides de Gizèh ont été édifiées par Khéops et par Khéphrên, qui

gouvernèrent l'Égypte l'un vingt-quatre, l'autre vingt-trois ans.

Mirinrì, qui mourut fort jeune, a une pyramide aussi grande que Pepi II,

qui prolongea sa vie au delà de quatre-vingt-dix ans. Le plan de chaque

pyramide était tracé une fois pour toutes par l'architecte, selon les

instructions qu'il avait reçues et les ressources qu'on plaçait à sa

disposition. Une fois mis en train, l'exécution s'en poursuivait jusqu'à

complet achèvement des travaux, sans se développer ni se restreindre.

Les pyramides devaient avoir les faces aux quatre points cardinaux,

comme les mastabas; mais, soit maladresse, soit négligence, la plupart

ne sont pas orientées exactement, et plusieurs s'écartent sensiblement

du nord vrai. Sans parler des ruines d'Abou-Roâsh et de

Zaouiét-el-Aryân, qui n'ont pas encore été étudiées d'assez près, elles

se partagent naturellement en six groupes, distribués du nord au sud sur

la lisière du plateau de Libye, de Gizèh au Fayoum, par Abousîr,

Saqqarah, Dahshour et Lisht. Le groupe de Gizèh en compte neuf, et, dans

le nombre, celles de Khéops, de Khéphrên et de Mykérinos, que

l'antiquité classait parmi les merveilles du monde. Le terrain sur

lequel le Khéops repose était assez irrégulier, au moment de la

construction. Un petit tertre qui le dominait fut taillé rudement

(Fig.132) et englobé dans la maçonnerie, le reste fut aplani et garni

de grosses dalles dont quelques-unes subsistent encore. La pyramide même

avait une hauteur de cent quarante-cinq mètres et une base de deux cent

trente-trois, que l'injure du temps a réduites respectivement à cent

trente-sept et deux cent vingt-sept. Elle garda, jusqu'à la conquête

arabe, un parement en pierres de couleurs diverses, si habilement

assemblées qu'on aurait dit un seul bloc du pied au sommet. Le travail

de revêtement avait commencé par le haut: la pointe avait été placée la

première, puis les assises s'étaient recouvertes de proche en proche

jusqu'à ce qu'on eût gagné le bas. A l'intérieur, tout avait été calculé

de manière à cacher le site exact du sarcophage et à décourager les

fouilleurs que le hasard ou leur persévérance auraient mis sur la bonne

voie. Le premier point était, pour eux, de découvrir l'entrée sous le

revêtement qui le masquait. Elle était à peu près au milieu de la face

nord (Fig.132), mais au niveau de la dix-huitième assise, à

quarante-cinq pieds environ au-dessus du sol. Les dalles qui

l'obstruaient une fois déplacées, on pénétrait dans un couloir incliné,

haut de 1m,06, large de 1m,22, pratiqué en partie dans la roche vive. Il

descend l'espace de quatre-vingt-dix-sept mètres, traverse une chambre

inachevée (C) et se termine dix-huit mètres plus loin en cul-de-sac.

C'était un premier désappointement. Si pourtant on ne se laissait pas

rebuter, et qu'on examinât le passage avec soin, on distinguait dans le

plafond, à dix-neuf mètres de la porte, un bloc de granit qui tranchait

sur le calcaire environnant (D). Il était si dur que les chercheurs,

après avoir travaillé vainement à le briser ou à le déchausser, prirent

le parti de se frayer un chemin à travers les parties de la maçonnerie

construites en une pierre plus tendre. L'obstacle tourné, ils

débouchèrent dans un couloir ascendant, qui se raccorde au premier

sous un angle de 120 degrés et se divise en deux branches (E). L'une

s'enfonce horizontalement vers le centre de la pyramide et se perd dans

une chambre en granit à toit pointu, qu'on appelle, sans raison valable,

_Chambre de la Reine_ (F). L'autre, tout en continuant à monter, change

de forme et d'aspect. C'est maintenant une galerie longue de 45 mètres,

haute de 8m,50, bâtie en belle pierre du Mokatam, si polie et si

finement appareillée qu'on a peine à glisser entre les joints «une

aiguille ou même un cheveu». Les assises les plus basses portent

d'aplomb l'une sur l'autre, les sept suivantes s'avancent en

encorbellement, de manière que les dernières ne soient plus séparées au

plafond que par un intervalle de 0m,60. Un obstacle nouveau se dressait

à l'extrémité (G). Le couloir qui mène à la chambre du sarcophage était

clos d'une seule plaque de granit; venait ensuite un petit vestibule

(H), coupé à espaces égaux par quatre herses, également en granit, qu'il

fallait briser. Le caveau royal (I) est une chambre en granit, à toit

plat, haute de 5m,81, longue de 10m,43, large de 5m,20; on n'y voit ni

figure ni inscription, rien qu'un sarcophage en granit mutilé et sans

couvercle. Telles étaient les précautions prises contre les hommes:

l'événement a prouvé qu'elles étaient efficaces, car la pyramide garda

son dépôt plus de quatre mille ans. Mais le poids même des matériaux

était un danger plus sérieux pour elle. On empêcha le caveau d'être

écrasé par les cent mètres de pierre qui le protégeaient, en ménageant

au-dessus de lui cinq pièces de décharge, basses et superposées (J). La

dernière est abritée par un toit pointu, formé de deux énormes dalles

appuyées par le haut l'une à l'autre. Grâce à cet artifice, la pression

centrale fut rejetée presque entière sur les faces latérales, et le

caveau fut respecté. Aucune des pierres qui le revêtent n'a été écrasée,

aucune n'a cédé d'une ligne depuis le jour où les ouvriers l'ont scellée

en sa place.

[Illustration: Fig. 132]

Les pyramides de Khéphrên et de Mykérinos ont été bâties à l'intérieur

sur un plan différent de celle de Khéops. Khéphrên a deux issues, toutes

deux tournées vers le nord, l'une sur l'esplanade, l'autre à 15 mètres

au-dessus du sol. Mykérinos possède encore les débris de son revêtement

de granit rose. Le couloir d'entrée descend à un angle de 26°,2' et

pénètre rapidement dans le roc. La première salle qu'il traverse est

décorée de panneaux sculptés dans la pierre et fermée à la sortie par

trois herses en granit. La seconde pièce paraissait être inachevée, mais

ce n'était là qu'une ruse destinée à tromper les fouilleurs: un couloir

ménagé dans le sol et soigneusement dissimulé donnait accès au caveau.

Là reposait la momie dans un sarcophage de basalte sculpté, encore

intact au commencement du siècle: enlevé par Vyse, il a sombré sur la

côte d'Espagne avec le navire qui le transportait en Angleterre. La

même variété de disposition prévaut dans le groupe d'Abousîr et dans une

partie de celui de Saqqarah. La grande pyramide de Saqqarah n'est pas

orientée exactement: la face nord s'écarte de 4°,35 du nord vrai. Elle

n'a point pour base un carré parfait, mais un rectangle allongé de l'est

à l'ouest, de 120m,60 sur 107m,30 de côté. Elle est haute de 59m,68 et

se compose de six cubes à pans inclinés, en retraite l'un sur l'autre de

2 mètres environ: le plus rapproché du sol a 11m,48 d'élévation, le plus

éloigné 8m,89 (Fig.133). Elle est construite entièrement avec le

calcaire de la montagne environnante. Les matériaux sont petits et mal

taillés, les lits d'assise concaves, selon la méthode qu'on appliquait

également à la construction des quais et des forteresses. Quand on

explore les brèches de la maçonnerie, on reconnaît que la face externe

de chaque gradin est comme habillée de deux enveloppes, dont chacune a

son parement régulier. La masse est pleine, les chambres sont creusées

dans le roc au-dessous de la pyramide. La principale des quatre entrées

donne au nord, et les couloirs forment un véritable dédale au milieu

duquel il est périlleux de s'aventurer: portique à colonnes, galeries,

chambres, tout aboutit à une sorte de puits, au fond duquel était

pratiquée une cachette, destinée sans doute à contenir les objets les

plus précieux du mobilier funéraire. Les pyramides qui entourent ce

monument extraordinaire ont été presque toutes édifiées sur un modèle

unique (Fig.134) et ne se distinguent que par les proportions. La porte

s'ouvre juste au-dessous de la première assise, vers le milieu de la

face septentrionale, et le couloir (B) descend, par une pente assez

douce, entre des murs en calcaire. Il est bouché sur toute son étendue

de gros blocs qu'on doit briser avant de parvenir à la salle d'attente

(C). Au sortir de cette salle, il marche quelque temps encore dans le

calcaire, puis il passe entre quatre murs de granit de Syène poli, après

quoi le calcaire reparaît, et on débouche dans le vestibule (E). La

partie bâtie en granit est interrompue trois fois, à 60 ou 80

centimètres d'intervalle, par trois énormes herses de granit (D).

Au-dessus de chacune d'elles se trouve un vide, dans lequel elle était

maintenue par des supports qui laissaient le passage libre (Fig.135).

La momie une fois introduite, les ouvriers en se retirant enlevaient les

étais, et les trois herses, tombant en place, interceptaient toute

communication avec le dehors. Le vestibule était flanqué, à l'est, d'un

serdab à toit plat, divisé en trois niches et encombré d'éclats de

pierre, balayés à la hâte par les esclaves, au moment où l'on nettoyait

les chambres pour y recevoir la momie. La pyramide d'Ounas les a

conservées toutes trois. Dans Teti et dans Mirinrì, les murs de

séparation ont été fort proprement enlevés, dès l'antiquité, et n'ont

laissé d'autre trace qu'une ligne d'attache et une teinte plus blanche

de la paroi, aux endroits qu'ils recouvraient primitivement. Le caveau

(G) s'étendait à l'ouest du vestibule: le sarcophage y était déposé

le long de la muraille occidentale, les pieds au sud, la tête au nord

(H). Le toit des deux chambres principales était pointu. Il se composait

de larges poutres en calcaire, accotées l'une à l'autre par l'extrémité

supérieure, appuyées par en bas sur une banquette basse qui courait

extérieurement. La première poutre était surmontée d'une seconde,

celle-ci d'une troisième, et les trois réunies (I) protégeaient

efficacement le vestibule et le caveau (Fig.136).

[Illustration: Fig. 133]

[Illustration: Fig. 134--La pyramide d'Ounas.]

[Illustration: Fig. 135]

[Illustration: Fig. 136]

Les pyramides de Gizéh appartenaient à des Pharaons de la IVe dynastie,

et celles d'Abousîr à des Pharaons de la Ve. Les cinq pyramides de

Saqqarah, dont le plan est uniforme, appartiennent à Ounas et aux quatre

premiers rois de la VIe dynastie, Teti, Pepi Ier, Mirinrì, Pepi II, et

sont contemporaines des mastabas à caveaux peints que j'ai signalés plus

haut. On ne s'étonnera donc point d'y rencontrer des inscriptions et des

ornements. Partout, les plafonds sont chargés d'étoiles pour figurer le

ciel de la nuit. Le reste de la décoration est fort simple. Dans la

pyramide d'Ounas, où elle joue le plus grand rôle, elle n'occupe que le

fond de la chambre funéraire; la partie voisine du sarcophage avait été

revêtue d'albâtre et ornée à la pointe des grandes portes monumentales,

par lesquelles le mort était censé entrer dans ses magasins de

provisions. Les figures d'hommes et d'animaux, les scènes de la vie

courante, le détail du sacrifice n'y sont point représentés et

n'auraient pas d'ailleurs été à leur place en cet endroit. On les

retraçait dans les lieux où le double menait sa vie publique, et où les

visiteurs exécutaient réellement les rites de l'offrande; les couloirs

et le caveau où l'âme était seule à circuler ne pouvaient recevoir

d'autre ornementation que celle qui a rapport à la vie de l'âme. Les

textes sont de deux sortes. Les moins nombreux ont trait à la nourriture

du double et sont la transcription littérale des formules par lesquelles

le prêtre lui assurait la transmission de chaque objet au delà de ce

monde: c'était pour lui une ressource suprême, au cas où les sacrifices

réels auraient été suspendus, et où les tableaux magiques de la chapelle

auraient été détruits. La plus grande partie des inscriptions se

rapportaient à l'âme et la préservaient des dangers qu'elle courait au

ciel et sur la terre. Elles lui révélaient les incantations souveraines

contre la morsure des serpents et des animaux venimeux, les mots de

passe qui lui permettaient de s'introduire dans la compagnie des dieux

bons, les exorcismes qui annulaient l'influence des dieux mauvais. De

même que la destinée du double était de continuer à mener l'ombre de la

vie terrestre et s'accomplissait dans la chapelle, la destinée de l'âme

était de suivre le soleil à travers le ciel et dépendait des

instructions qu'elle lisait sur les murailles du caveau. C'était par

leur vertu que l'absorption du mort en Osiris devenait complète et qu'il

jouissait désormais de toutes les immunités naturelles à la condition

divine. Là-haut, dans la chapelle, il était homme et se comportait à la

façon des hommes; ici, il était dieu et se comportait à la façon d'un

dieu.

L'énorme massif rectangulaire que les Arabes appellent

Mastabat-el-Faraoun, le siège de Pharaon (Fig.137), se dresse à côté de

Pepi II. On a voulu y voir, tantôt une pyramide inachevée, tantôt une

tombe surmontée d'un obélisque; c'est un mastaba royal dont l'intérieur

présente l'ordonnance d'une pyramide. Mariette croyait qu'Ounas y était

enterré, mais les fouilles de ces temps derniers ont rendu cette

attribution impossible. En revanche, elles semblent montrer que la

pyramide méridionale de Dahshour appartient à Snofrou. Si le fait est

confirmé par des recherches postérieures, il y a des chances pour que le

groupe entier soit le plus ancien de tous et remonte à la IIIe dynastie.

Il fournit une variante curieuse du type ordinaire. L'une des pyramides

en pierre a la moitié inférieure inclinée de 54º,41' sur l'horizon,

tandis qu'à partir de mi-hauteur l'inclinaison change brusquement et est

de 42º,59'; on dirait un mastaba couronné d'une mansarde gigantesque. A

Lisht, on quitte l'ancien empire pour les dynasties thébaines, et la

structure se modifie encore: le couloir en pente aboutit à un puits

perpendiculaire, au fond duquel débouchaient des chambres envahies

aujourd'hui par les infiltrations du Nil. Le groupe du Fayoum est tout

entier de la XIIe dynastie, mais les pyramides de Biahmou sont presque

entièrement détruites; celle d'Illahoun n'a jamais été explorée, et

celle de Méïdoum, violée avant le siècle des Ramessides, est vide. Elle

consiste en trois tours carrées, à pans légèrement inclinés et qui

s'étagent en retraite l'une sur l'autre (Fig.138). L'entrée est au

nord, à seize mètres environ au-dessus du sable. Au delà de vingt

mètres, le couloir descend dans le roc; à cinquante-trois, il se

redresse, s'arrête douze mètres plus loin, remonte perpendiculairement

vers la surface, et affleure dans le sol du caveau, six mètres et demi

plus haut (Fig.139). Un appareil de poutres et de cordes, encore en

place au-dessus de l'orifice, montre que les voleurs ont tiré le

sarcophage hors de la chambre, dès l'antiquité. L'usage des pyramides ne

cessa pas avec la XIIe dynastie: on en connaît à Manfalout, à Hékalli,

au sud d'Abydos, à Mohammériah, au sud d'Esnéh. Jusqu'à l'époque

romaine, les souverains à demi barbares de l'Éthiopie tinrent à honneur

de donner à leurs tombes la forme pyramidale. Les plus anciennes, celle

de Nouri, où dorment les Pharaons de Napata, rappellent par la facture

les pyramides de Saqqarah; les plus modernes, celles de Méraouy,

présentent des caractères nouveaux. Elles sont plus hautes que larges,

de petit appareil et garnies parfois aux angles de bordures carrées ou

arrondies. La face orientale est munie d'une fausse lucarne, surmontée

d'une corniche et flanquée d'une chapelle que précède un pylône. Toutes

ne sont pas muettes: comme sur les murs des tombeaux ordinaires, on y a

retracé des scènes empruntées au Rituel des Funérailles ou aux

vicissitudes de la vie d'outre-tombe.

[Illustration: Fig. 137]

[Illustration: Fig. 138]

[Illustration: Fig. 139]

L'archéologie égyptienne · 第 18 / 35 题