Le Monténégro, environné presque de tous côtés par la mer, qu'il voit,
qu'il touche pour ainsi dire, ne peut se frayer un libre passage jusqu'à
ses rivages. Le congrès de Vienne a cru devoir fermer de ce côté toute
issue vers la mer. Le Monténégro n'a point de port, ce qui rend les
montagnards tributaires de l'Autriche pour un grand nombre d'objets de
consommation et surtout pour le sel.
La possession de Kataro est toujours l'idée fixe, l'espoir permanent des
Monténégrins. C'est là qu'il faut chercher la véritable cause de la
levée de boucliers de 1838, et non point dans la question de
délimitation de territoire qui lui servit de prétexte.
De nombreux combats eurent lieu entre les impériaux et les
Tsernogorstes, sans amener de grands résultats. Pour en finir,
l'Autriche et le Monténégro résolurent de s'en rapporter à l'arbitrage
de la Russie; la paix fut signée grâce à la médiation de cette
puissance; mais les Monténégrins avaient manqué le but pour lequel ils
avaient pris les armes, ils ne possédaient pas de station maritime; la
paix fut donc, dans la montagne Noire, le sujet des plaintes
passionnées, des regrets patriotiques d'une foule de guerriers.