35, +Saisir+.--«Qui trop embrasse, mal étreint.»

=496=,

4, +Opinion+.--«Si tu vis conformément aux lois de la nature, tu ne

seras jamais pauvre; si tu te règles sur celle de l’opinion, tu ne

sera jamais riche; la nature se satisfait de peu, à l’opinion il faut

l’immensité, etc.» SÉNÈQUE, _Epist._ 16.

12, +Socrates+.--CICÉRON, _Tusc._, V, 32.

14, +Onces+.--Environ 300 gr., la livre n’étant alors que de 400.

15, +Epicurus+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 18.

15, +Metrocles+.--PLUTARQUE, _Que le vice rend l’homme malheureux_, 4.

17, +Cleanthes+.--C’est Zénon qui disait cela de Cléanthe, son

disciple. DIOGÈNE LAERCE, VII, 169.

24, +Outre+.--Accordons-nous quelque chose de plus.

28, +Nature+.--«L’accoutumance est une seconde nature.» _Proverbe

latin_ qu’on trouve dans Macrobe.--Fontenelle disait au sujet de cette

pensée que reproduit également Pascal, qu’il voudrait bien savoir

quelle était la première, puisque l’habitude est la seconde. Ce n’était

là que boutade de sa part; au surplus Montaigne, en poursuivant,

s’explique à cet égard de la façon la plus compréhensible: la première

est celle en laquelle nous sommes, avant les transformations que nous

subissons par le seul effet des habitudes que nous prenons par des

causes diverses et qui, en s’infusant en nous, nous modifient dans de

telles proportions que l’on peut dire sans exagération que notre nature

est autre. Que de fois l’enfant ne se retrouve pas dans l’adulte, ni

l’adulte dans l’homme fait!

30, +Et+.--Add. de 88: _pour mon humeur_.

31, +Essimoit+.--Amaigrissait. Terme de fauconnerie; essimer un

faucon c’est lui faire perdre un excédent de graisse, en le soumettant

à un certain régime.--L’éd. de 88 port.: _estansoit_.

39, +Ie me plaindrois... d’Arabie+.--Var. de 88: _Ie ne me reforme

pareillement gueres en sagesse pour l’vsage et commerce du monde, sans

regret que cet amendement me soit arrivé si tard que ie n’aye plus

loisir d’en vser: ie n’ay d’oresenauant besoing d’aultre suffisance

que de patience contre la mort et la vieillesse. A quoy faire vne

nouuelle science de vie à telle declinaison, et vne nouuelle industrie

à me conduire en cette voye où ie n’ay plus que trois pas à marcher?

Apprenez veoir la rhetorique à vn homme relegué aux desers d’Arabie._

40, +Homme+.--Ce n’est pas ce que dit le proverbe: «Mieux vaut tard

que jamais.»

=498=,

12, +Pape+.--Grégoire XIII qui, en 1582, avait réformé le calendrier

dont il avait retranché dix jours pour mettre l’année civile en

concordance avec l’année solaire. En France, on était passé subitement

du 9 au 20 Xe 1582 (V. =III=, 526 et N. France).--Un dicton populaire,

antérieur à cette époque: «A la Sainte-Luce, les jours croissent du

saut d’une puce», se répète encore, bien qu’aujourd’hui il ne soit plus

vrai, la Sainte-Luce tombant le 13 Xe et les jours décroissant jusqu’au

22; avant la réforme grégorienne, cette fête tombait le 23, et du 22

au 23 l’accroissement du jour est en effet insensible, seulement de

quelques secondes.

15, +Vendique+.--Réclame, revendique. Terme du palais qui vient du

latin _vindicare_ et qui n’est plus en usage; revendiquer a prévalu.

18, +Grommelle+.--Murmure entre ses dents.

26, +Issue+.--Montaigne fait peut-être, entre autres, allusion ici à

l’élection des papes, dans laquelle on tenait et on tient encore grand

compte de l’âge, afin que le nouvel élu ne se perpétue pas dans sa

fonction.

30, +Mesure+.--Dans la mesure de notre état habituel.

34, +Aduersitez+.--«L’homme tient par ses vœux à mille choses: plus

il augmente ses attachements, plus il multiple ses peines.» J.-J.

ROUSSEAU, _Émile_, V. Sénèque a souvent, lui aussi, exprimé la même

pensée.

=500=,

3, +Pointe+.--S’abandonnent à l’impétuosité de leurs désirs. Courir

de pointe, c’est courir avec impétuosité, c’est ce que les Italiens

appellent _la furia francese_.

5, +Histrioniam+.--Fragment de PÉTRONE, conservé par JEAN DE

SALISBURY, _Polycratic._, III, 8.--S. Jean Chrysostome et d’autres

ont employé cette comparaison: «Le monde est une comédie qui se joue

en différentes scènes; les spectateurs se connaissent mieux que les

acteurs.» BOSSUET.

«Ce monde n’est qu’une œuvre de comiques,

Où chacun fait ses rôles différents,

Là, sur la scène, en habits dramatiques,

Brillants prélats, ministres, conquérants,

Pour nous, vil peuple, assis aux derniers rangs,

Troupe futile et des grands rebutée.

Par nous, d’en bas, la pièce est écoutée,

Mais nous payons, utiles spectateurs;

Et quand la farce est mal représentée,

Pour notre argent nous sifflons les acteurs.» J.-B. ROUSSEAU.

«La vie que tu vois n’est qu’une comédie,

Où l’un fait le César, et l’autre l’arlequin;

Mais la mort la finit toujours en tragédie,

Et ne distingue point l’empereur du faquin.» _Auteur inconnu._

«... Le monde est une comédie, où le personnage que vous jouez n’est

pas des plus relevés; mais il n’y en a pas où l’on ne puisse acquérir

de l’honneur. Nous sommes ici-bas comme dans l’arche de Noé: peu

d’hommes et beaucoup de bêtes.» LAMOTHE LE VAYER, 1684.

«Oui, ce bas monde est une comédie

Où, gouvernés par une austère loi,

Pauvres acteurs des drames de la vie,

Nous remplissons bien ou mal notre emploi.» SCRIBE.

BALZAC, SHAKESPEARE ont aussi exprimé cette même idée. «La vie est une

comédie pour ceux qui pensent, et une tragédie pour ceux qui sentent,»

a dit WALPOLE.

12, +Prelatent+.--Se glorifient; se prélater, c’est témoigner par ses

manières qu’on se croit fort au-dessus des autres, se donner des airs

de prélat.

19, +Claire+.--Montaigne maire et Montaigne simple particulier ont

toujours été deux êtres absolument distincts.

23, +Exercice+.--C’est ce qui arrive tous les jours. Nous voyons

en effet constamment les hommes politiques commettre des actes

ou s’associer à des mesures contre lesquelles leur conscience se

révolterait en tant qu’hommes privés, si leur mentalité n’était

absolument oblitérée, dans l’exercice de leur mandat; c’est triste,

mais c’est la loi des sociétés, si différente et parfois si opposée à

la loi de nature, et c’est ce qui jusqu’à un certain point peut leur

tenir lieu d’excuse. Il en est souvent de même des avocats, qui eux

peuvent invoquer les exigences de la cause bonne ou mauvaise qu’ils

ont entrepris de défendre; cela se rencontre aussi couramment chez

les journalistes, mais ceux-là ne sont point excusables, car ils

n’obéissent guère qu’à leur propre intérêt et au désir d’accroître le

tirage de leurs journaux.

24, +Preualoir+.--Il faut prendre le monde comme il est et, autant

qu’on le peut, en tirer avantage.

27, +Pierre+.--C.-à-d. familièrement, comme feraient d’obscurs

personnages.

31, +Presens brouillis+.--Var. de 88: _dissentions presentes_.

=502=,

7, +Contraire+.--Add. de l’ex. de Bord. que l’on a cru devoir

introduire dans la traduction: _Vtatur motu animi, qui vti ratione non

potest._ Traduction: «Que celui-là s’abandonne à la passion, qui ne

peut suivre la raison.» CICÉRON, _Tusc._, IV, 25.--Cette citation se

trouve déjà liv. III, ch. I, =III=, 82.

12, +Cause+.--C’est qu’ils n’en veulent pas à la cause. Cette

locution subsiste encore dans le langage familier: A qui en avez-vous?

à qui en a-t-il pour être de si mauvaise humeur?

14, +Masche+.--Les blesse, les incommode. On trouve dans NICOT: Il a

le visage masché, c.-à-d. meurtri.

18, +Forcene+.--Je ne m’emporte point, je ne suis point hors de moi.

26, +Heretique+.--Peut-être Clément Marot, peut-être Théodore de

Bèze, tous deux poètes et très zélés calvinistes, dont il est parlé

avec éloge, de l’un comme de l’autre, dans les Essais. V. =I=, 642 et

=II=, 518.

27, +Greue+.--Belle jambe.

=504=,

10, +Apollonius+.--Après avoir embrassé de bonne heure la doctrine

de Pythagore, se soumit à toutes les austérités de cette secte; visita

l’Asie Mineure, la Chaldée, pénétra jusque dans les Indes, puis se

rendit en Grèce, en Italie, excitant partout l’admiration et faisant

des guérisons miraculeuses. Ses contemporains le regardaient comme un

homme extraordinaire et lui reconnaissaient le don de prévoir l’avenir

et de faire des miracles. Les païens, dans les temps qui suivirent,

allèrent jusqu’à le mettre en parallèle avec le Christ.

10, +Embufflerent+.--Séduisirent, trompèrent. Embuffler quelqu’un,

c’est le mener par le nez, comme un buffle.

11, +Discretion+.--Jugement, discernement; du latin _discretio_, qui

a cette signification; ne s’emploie plus dans ce sens.

14, +Depuis+.--Le premier, c’est le parti protestant; l’autre, né

depuis, c’est la Ligue.

18, +Vague+.--Si on ne suit.

28, +Detraction+.--Déchirement, médisance.

33, +Garde+.--C’est qu’en effet la cause de la guerre de Marius et de

Sylla était tout autre: cette guerre fut en réalité une de ces crises

violentes de la lutte éternelle de ceux qui n’ont pas contre ceux qui

ont, qui aujourd’hui se traduisent par les grèves; mais, pour s’être

transformé, le conflit n’en est pas moins âpre.

Certes le droit de grève est indéniable, il est un des apanages

de la liberté, et présentement le seul moyen de défense, quelque

peu efficace, de l’ouvrier contre le patron; mais de même que

l’accaparement des choses de première nécessité est interdit, tout

arrêt d’une certaine importance dans les diverses branches du commerce,

de l’industrie ou de l’agriculture, ne saurait être admis; le droit

de grève, comme tout autre droit individuel, ne saurait s’exercer de

manière à préjudicier à la société.

En la circonstance, ces deux principes ne sont point inconciliables:

il suffit d’empêcher ces conflits de se généraliser; de faire que

chaque fois ils se limitent au cas particulier qui l’a amené et à cet

effet poursuivre impitoyablement, pour fait d’excitation à la haine

des citoyens les uns contre les autres, tous ceux qui par leurs menées

ou leurs écrits les fomentent ou s’en mêlent alors qu’ils n’y sont

pas directement intéressés. En outre, toute atteinte à la liberté de

travail de ceux qui se refusent à l’abandonner, tout méfait tant contre

les personnes que contre les propriétés seraient à prévenir d’une façon

efficace, les principaux meneurs, les membres du syndicat quand il

existe, en étant personnellement et pécuniairement responsables.

Et si, pour en arriver là, il est nécessaire d’avoir recours à l’armée,

il faut, tout en recommandant la prudence et la modération, ne pas la

réduire de parti pris à l’impuissance en substituant à la loi qui lui

trace ses devoirs des instructions arbitraires, qui font qu’elle doit

se laisser bafouer, insulter, frapper, et que seul son sang coulera au

lieu et place de celui des fauteurs de désordres en présence desquels

on l’a mise.

Que l’on cherche à atténuer les malheurs qui peuvent se produire

en pareil cas, rien de mieux. Que ne fait-on pour cela prendre à

l’infanterie des cartouches de tir réduit qui blessent, mais ne tuent

guère, disposition qui, dit-on, vient d’être rendue réglementaire en

Espagne, à la cavalerie les lances qu’on lui fait si malencontreusement

déposer, qui, en ne faisant pas usage du fer, n’ont jamais tué

personne: elles ne seront pas désarmées et auront le moyen de se faire

craindre. Au lieu de cela on leur impose une action absolument passive,

qui oblige à mettre en ligne des forces numériquement considérables,

qu’on livre au ridicule, sans préjudice des outrages, des coups et

blessures auxquels elles sont en butte, et les grèves se prolongent

indéfiniment, ne cessant que pour recommencer à courte échéance; c’est

la misère pour les uns, la ruine pour les autres, et pour la France de

sérieuses atteintes à la paix et à la prospérité publiques.

Le mieux évidemment est de chercher à prévenir les grèves. L’un des

palliatifs de quelque efficacité à cette guerre entre le travail et

le capital semble être la participation de l’ouvrier aux bénéfices,

soit par le fait d’entreprises ouvrières effectuées en commun et dont

l’intégralité des produits serait répartie entre les coopérateurs,

soit que dans les entreprises patronales où une part des bénéfices

reviendrait à l’ouvrier. Plût à Dieu que ce système si équitable, déjà

appliqué par quelques-uns, se généralise et que par lui s’améliore

le sort de ces malheureuses femmes employées dans les grandes villes

à des travaux de couture par les grands magasins qui les exploitent

indignement, leur faisant à grand’peine l’aumône d’un salaire dérisoire

d’un franc cinquante à deux francs pour une journée de dix à douze

heures de travail, se retranchant, pour abuser ainsi, derrière cette

loi draconienne de l’offre et de la demande.

=506=,

4, +Voy+.--A mesure que je la vois.

11, +Diogenes+.--DIOGÈNE LAERCE, VI, 23; PLUTARQUE, _Apophth. des

Lacédémoniens_.

22, +Cotys+.--PLUTARQUE, _Apophth. des rois_.

39, +Desinent+.--Quelques pages plus bas (=III=, 512), Montaigne

traduit lui-même bien plus vivement cette même pensée: «De combien il

est plus aysé de n’y entrer pas, que d’en sortir!»

=508=,

2, +Harper+.--Se prendre à quelque chose.

5, +Ennemis+.--Accidents fâcheux. Succès est employé ici dans le sens

du latin _successus_, qui signifie toute espèce d’événements heureux ou

malheureux.

10, +Exemples+.--N’entreprenons pas d’imiter ces exemples.

17, +Escheuer+.--Esquiver, éviter, de l’italien _schifase_, d’où

vient le mot esquif.

18, +Parer+.--C’est la philosophie d’Horace.

18, +Zenon+.--DIOGÈNE LAERCE, VII, 17.

22, +Socrates+.--XÉNOPHON, _Mémoires sur Socrate_, I, 3, 13.

23, +Contraire+.--Add. de 88: _Il n’espere pas que la ieunesse en

puisse venir à bout._

26, +Disciple+.--XÉNOPHON, dans sa _Cyropédie_, I, 3, 13, etc.

29, +Panthée+.--Abradate roi de la Susiane, reconnaissant à Cyrus de

la manière dont il avait traité son épouse captive, devint son ami et

allié, et périt peu après, en soutenant sa cause, dans une rencontre

avec les Égyptiens. Panthée se tua sur son corps.

31, +Tentationem+.--Montaigne paraphrase ce passage après l’avoir

cité.

33, +Essayée+.--Tentée.

=510=,

4, +Mesmes+.--Lorsque les causes de leur erreur sont affaiblies par

le temps et bien loin d’eux.

6, +Vert+.--Au dépourvu.--Expression provenant d’un jeu qui se joua,

particulièrement en mai, où l’on est obligé, sous de certaines peines,

à avoir toujours sur soi quelques feuilles de verdure cueillies le jour

même et où chacun cherche à surprendre son compagnon à un moment où il

n’en a pas.

14, +Trahunt+.--Phrase d’origine inconnue que Montaigne a traduite

avant de la reproduire.

15, +Bee+.--Coure, soupire. Béer, c’est appeler, souhaiter, à gueule

béante, comme fait le mouton bêlant.

17, +Recueil+.--Accueil, comme on dit aujourd’hui.

19, +Esclaue+.--Var. de 88: _tyrannique_.

35, +Bruire+.--Murmurer, résonner, se faire entendre. Bruire n’est

plus guère usité; ses dérivés, bruit, bruissement, sont demeurés.

42, +Ordes+.--Sales. V. N. =III=, 102.

=512=,

11, +Iournées+.--Enfin, à force de soins, j’en suis arrivé à ce que...

12, +Procès+.--Ses héritiers, du fait de ses dispositions

testamentaires, n’ont pu en dire autant. V. N. =II=, 44: Masculines.

16, +Nom+.--C.-à-d. j’ai bientôt écoulé une longue vie, sans avoir

reçu ni avoir fait à personne aucune offense grave et sans qu’on m’ait

dit plus que mon nom, qu’on y ait accolé d’épithète désagréable.

17, +Ridicules+.--«Grands effets et petites causes; mais combien

souvent au-dessous y a-t-il d’autres causes!» (Ste-BEUVE), la cause

apparente n’étant que la dernière goutte faisant déborder le vase.--Le

proverbe: «Faute d’un point, Martin perdit son âne», appliqué aux

faits de la vie courante semblant sans importance et qui par suite de

particularités imprévues sont gros de conséquences, rend la même idée

que celle exprimée ici par Montaigne concernant les événements qui

bouleversent le monde: Un sieur Martin, dit la tradition, prieur de

l’abbaye d’Asello (d’Italie), avait fait graver sur la porte du couvent

cette inscription: «_Porta, patens esto, nulli claudaris honesto_

(Porte, sois ouverte à tous, ne sois fermée pour aucun honnête homme)»;

mais, par inattention, l’ouvrier avait déplacé une virgule, ce qui

permettait de lire: «_Porta, patens esto nulli, claudaris honesto_

(Porte, ne sois ouverte à personne, reste fermée à l’honnête homme)»,

ce qui, provoquant l’indignation publique, avait amené la destitution

du prieur. Son successeur s’empressa de rectifier l’erreur et l’on dit

depuis: «_Uno pro puncto, caruit Martinus Asello_ (Pour un seul point,

Martin perdit Asello)», c.-à-d. son couvent, qu’un malin et après lui

tout le monde a traduit «son âne».

19, +Mouton+.--Allusion à l’origine des démêlés de Charles le

Téméraire, duc de Bourgogne, d’abord avec les Suisses qui le battirent

à Granson et à Morat (1476), puis avec René de Lorraine leur allié,

contre lequel il perdit la bataille de Nancy, où il périt (1477). Le

fait initial de ces hostilités fut la saisie par le comte de Romont,

vassal du duc de Bourgogne, à un Suisse qui traversait ses terres,

d’un chariot chargé de peaux de mouton; pour se venger, les Suisses

enlevèrent au comte de Romont une partie de ses terres, ce qui amena

celui-ci à demander aide et protection à son suzerain. PHILIPPE DE

COMINES.

19, +Engraueure+.--La gravure.

25, +Souffert+.--PLUTARQUE, _Marius_, 3.--La machine en question

n’est autre que la République romaine ébranlée par la rivalité et les

guerres civiles de Marius et de Sylla, dont le point de départ fut

que, Marius étant consul et Sylla son préteur, chacun revendiquait le

mérite de la prise de Jugurtha, roi de Numidie (=106=): Marius, parce

qu’il commandait et que c’était lui qui avait obtenu de Bocchus, roi

de Mauritanie, beau-père de Jugurtha, de le lui livrer; Sylla, parce

que c’était entre ses mains que cette livraison avait été effectuée.

Sur ces entrefaites, Sylla se fit faire, reproduisant cet épisode, un

cachet dont il se servit exclusivement, ce dont l’irritation de Marius

fut vivement accrue. On cite souvent, après Montaigne, le cachet de

Sylla à l’appui de cet adage que «de très petites causes sont le plus

souvent la cause des plus grands événements». La prise d’Alger en

1830, suivie de la conquête de l’Algérie, n’a-t-elle pas eu pour cause

première un coup d’éventail donné, dans le fort d’une discussion, par

le Bey d’Alger à notre consul?

22, +Autres+.--Marius et Sylla.

24, +Despense+.--Les États généraux.

26, +Pomme+.--La pomme, prix de beauté, que se disputaient Junon,

Pallas et Vénus, cause indirecte de la guerre de Troie, suscitée par

les deux premières de ces déesses à la suite de l’enlèvement d’Hélène

(V. N. =II=, 178: _Duello_) pour se venger à la fois de Pâris qui,

choisi pour arbitre, leur avait préféré leur rivale, et de celle-ci,

armant la Grèce contre cette ville tout spécialement protégée de Vénus

et où régnait la famille de Pâris.

30, +A tout+.--Avec.

30, +Poignart+.--On se battait alors en duel, l’épée d’une main et la

dague, ou poignard, de l’autre.

32, +A l’enfourner+.--Au commencement, au début, pour savoir si vous

vous engagerez dans une affaire ou une querelle.

=514=,

10, +Conseil+.--De céder, d’entrer en accommodements, de faire

des excuses, au lieu de lutter et courir les risques qui peuvent

s’ensuivre, m’ait...

11, +Gourmer+.--Réprimer. Gourmer un cheval c’est lui resserrer le

mors avec la gourmette ou chaînette qui l’assujettit en passant sous le

menton du cheval.

23, +Plutarque+.--Dans son traité _De la mauvaise honte_, 8.

30, +Bias+.--DIOGÈNE LAERCE, I, 87.--Les anciens disaient

proverbialement qu’il fallait commencer par Argus et finir par Briarée

(tous deux personnages mythologiques qui avaient, le premier cent yeux,

le second cent bras).--Il faut délibérer avec lenteur, mais exécuter

avec vigueur et célérité ce qui a été résolu. DÉMOSTHÈNE.

33, +Accords+.--Des réconciliations qui suivent nos querelles

d’aujourd’hui.

=516=,

3, +Conillieres+.--Subterfuges, échappatoires. V. N. =I=, 200.

22, +Temperantur+.--La traduction qui est donnée de cette citation

est de Montaigne qui l’a inscrite sur l’ex. de Bord., puis effacée.

30, +Acheron+.--Un des bras du Nil au S. de Memphis (Égypte anc.);

formait une île où se trouvait une nécropole, d’où les Grecs en ont

fait un fleuve des Enfers.

32, +Sorores+.--VIRGILE, _Georg._, II, 490. DELILLE a traduit ainsi

cette citation:

«Heureux le sage instruit des lois de la nature,

Qui du vaste univers embrasse la structure,

Qui dompte et foule aux pieds d’importunes erreurs,

Le sort inexorable et les fausses terreurs;

Qui regarde en pitié les fables du Ténare,

Et s’endort au vain bruit de l’Achéron avare!

Mais trop heureux aussi qui suit les douces lois

Et du dieu des troupeaux et des nymphes des bois!»

=518=,

3, +Ville+.--De ma conduite comme maire de Bordeaux, dont il a déjà

été question au commencement de ce chapitre, =III=, 488.

12, +Moins+.--Et moins encore une preuve de...

16, +Charge+.--Montaigne fut réélu maire en 1583.

23, +Cessation+.--On m’a accusé de n’avoir rien fait.

25, +Charrie+.--C.-à-d.: Partout où ma volonté m’entraîne, je

suis vif, ardent, empressé.--L’éd. de 88 port. _esmeu_, au lieu de

«trespignant».

=520=,

7, +Luy+.--Richelieu pensait autrement et se félicitait de voir tant

d’honnêtes gens dormir sans crainte à l’ombre de ses veilles; c’est

lui qui veillait pour assurer aux autres le sommeil du lendemain,

tandis que Montaigne se bornait à jouir du présent, imprévoyant

des besoins du lendemain de ses administrés. Gouverner, commander,

administrer, c’est prévoir.

8, +Glissante+.--Facile, qui passe inaperçue, sans incidents

marquants.

9, +Efferentem+.--CICÉRON, _De Off._, I, 34.

12, +Hommes+.--Les hommes de notre temps.

14, +Quietes+.--V. N. =III=, 432.--L’éd. de 88 port. _mornes_.

24, +Chalandise+.--Acquisition de chalands, clients, clientèle;

chalandise a disparu de la langue, où demeurent chaland et achalander.

27, +Alexandre+.--Allusion à ce passage de PLUTARQUE, _Alexandre_,

2, dans la trad. d’Amyot: «Toutes les fois qu’il venoit nouuelles que

Philippe auoit pris aulcune ville de renom, ou gaigné quelque grosse

bataille, Alexandre n’estoit point fort ioyeux de l’entendre, ains

disoit à ses egaulx en aage: Mon pere prendra tout, enfants, et ne me

laissera rien de beau ni de magnifique à faire et à conquerir auecques

vous.»

33, +Condition+.--C’est ce que Socrate lui reproche dans le _I_er

_Alcibiade_, une ou deux pages après le commencement.

34, +Amette+.--Petite âme.

35, +Embabouynant+.--Se faisant illusion; une des acceptions assez

mal définies de ce mot.

=522=,

5, +Consent+.--Et qui convînt, qui fût témoin...

8, +Batelée+.--Cargaison, chargement de navire.

14, +Bourse+.--Qui ne peut se faire louer par les autres, qu’il se

loue lui-même.

26, +Siecle+.--CICÉRON, _De Off._, II, 22.

31, +Belistresse+.--Gueuse, mendiante. On disait autrefois

«belistrer» pour «mendier»; et l’on appelait les quatre ordres de

belîtres, les quatre ordres religieux mendiants: les Jacobins, les

Cordeliers, les Augustins et les Carmes.

31, +Coquiner+.--Mendier.

38, +Rabats+.--Ce qui m’oblige à rabattre quelque chose de sa bonté,

à moins m’enthousiasmer, c’est le soupçon...

=524=,

6, +Fiunt+.--CICÉRON, _Tusc._, II, 26.

7, +Glorieux+.--Vaniteux, orgueilleux. Prise dans un sens favorable,

Montaigne n’eût pas donné cette qualification à Cicéron.

7, +Durer+.--Le devoir de ma charge consistait uniquement à conserver

et à vivre en paix.

11, +Iour+.--Moins brillante, moins en lumière.

29, +Desseigné+.--Que j’ai eu dessein de suivre, que je me suis tracé.

36, +Affecté+.--Var. de 88: _souhaité_.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 498 / 504 题