37, +Raison+.--Doivent avec raison être pris en considération, entrer
en ligne de compte.
=196=,
3, +Ailleurs+.--Liv. I, ch. XXIX; =II=, 346.
4, +Prudemment+.--Il faut prudement, c.-à-d. avec pruderie, décence,
réserve; ARISTOTE dit en effet: «Que le mari approche de sa femme
avec pruderie et modestie; qu’il soit vergogneux (chaste, réservé) en
paroles, droiturier et honnête en actions.»--Le concile de Trente
a dit de même: «Le mariage est une chose sainte, il faut le traiter
saintement.»--Dans le langage du XVIe siècle, pruderie était toujours
pris en bonne part et signifiait décence austère, exempte d’hypocrisie,
comme dans ces vers du _Roman de la Rose_:
«Prudes femmes, par Saint Denys,
Autant en est que de Phenix.»
16, +D’aguet+.--Avec précaution, circonspection; en demeurant sur ses
gardes.
21, +Troubler+.--Var. de 88: _mesler_.
25, +Vertu+.--Sage et judicieuse réflexion sur la noblesse comparée à
la vertu.
28, +Nil+.--Les sources de ce fleuve, si célèbre de toute antiquité,
qui a un cours de 6.500 kil., sont longtemps demeurées inconnues;
leur recherche préoccupait déjà les anciens.--Néron envoya une
expédition pour les découvrir. Au IIe siècle, le géographe PTOLÉMÉE
faisait sortir le Nil de deux grands lacs situés au pied de montagnes
couvertes de neiges éternelles (montagnes de la Lune) et les cartes
et les sphères du XVIe siècle indiquent d’une manière relativement
précise la situation de ces lacs, indication que ne reproduisent pas
les cartes du XVIIIe siècle. A partir du commencement du XVIe siècle,
les Européens entrèrent en relations avec les rois d’Abyssinie et
connurent les sources du Nil bleu qui sort du plateau abyssin, mais
plus de trois siècles devaient encore s’écouler avant que celles du Nil
blanc (Bahr el-Abiad) ne fussent découvertes. En 1850, un explorateur
anglais, LIVINGSTONE, le signala comme sortant d’un grand lac de
l’Afrique équatoriale qu’il ne put atteindre. En 1858, Speke, officier
de l’armée des Indes, y parvint, lui donna le nom de Victoria-Nyanza,
mais n’arriva pas à reconnaître l’endroit d’où le fleuve en sort.
Ce ne fut qu’en 1875 que STANLEY le constata, en même temps que
l’existence d’un autre lac qu’il appela l’Albert-Édouard, dont les
eaux se déversent dans le cours d’eau sorti du Victoria-Nyanza. Enfin
en 1892, un missionnaire allemand, BAUMANN, reconnut le Kagera,
principal tributaire du Victoria-Nyanza, qui sort d’un lac de beaucoup
moindre étendue qu’il nomma lac Alexandra; de telle sorte qu’on tient
aujourd’hui comme sources du Nil blanc le lac Albert-Édouard (source
occidentale) et le lac Alexandra (source orientale).
38, +Antigonus+.--PLUTARQUE, _De la mauvaise honte_, 10.
=198=,
10, +Ruffiens+.--Amants, galants; mot de provenance italienne.
12, +Leur+.--ARRIEN dit que chez les Indiens, le peuple était divisé
en plusieurs ordres, et qu’une loi défendait les mariages entre
individus d’ordres différents: un laboureur ne pouvait épouser la fille
d’un artisan et ainsi des autres.
13, +Pollus+.--Souillés; du latin _pollutus_, qui a même
signification.
18, +S’entreheurter+.--En dehors de ruelles étroites, il n’y a à
proprement parler que fort peu de rues à Venise; des canaux de largeur
variable et en nombre infini en tiennent lieu. On y chemine en gondoles
(barques légères), qui dans leur marche silencieuse courraient risque
de se heurter, aux tournants, dans les croisements où la vue est
interceptée par les maisons en bordure, si, par un cri particulier, les
gondoliers ne se signalaient entre eux.
28, +Est+.--Ce membre de phrase et ce qu’il dit plus loin (=III=,
344): «Il y a toujours quelque piece qui va de trauers, etc.»,
donnent à penser que dans le ménage de Montaigne tout n’allait pas
continuellement pour le mieux; mais, comme il le dit, n’est-ce pas une
règle générale et peut-il en être autrement, étant donné la versatilité
de notre nature?
«Qui se marie par amour,
A bonnes nuits et mauvais jours;
Qui se marie par argent,
A jour et nuit le cœur dolent.»
=200=,
9, +Socrates+.--DIOGÈNE LAERCE, II, 33.
9, +Commode+.--Avantageux.
11, +Repentira+.
«Aller à la guerre ou se marier
Ne doit se conseiller.»
«C’est le célibataire qui n’a point de disputes» (_Proverbe_ cité par
S. JÉRÔME).--«Es-tu délivré de femme, n’en cherche point.» S. Paul.
12, +Lupus+.--La première de ces deux sentences: «L’homme est à
l’homme un dieu», est du poète comique CÉCILIUS, qui ajoute: «s’il
connaît son devoir». La seconde, «un loup», est de PLAUTE, qui la
complète en disant: «lorsqu’il ne sait quel il est».
18, +Collo+.--Nombre de gens pensent de la sorte; il en a été ainsi
de tous temps, mais cela ne fait que croître avec les besoins de
bien-être qu’amènent les progrès de la civilisation et les difficultés
de la vie; le mariage a tendance à être délaissé, malgré l’atténuation
résultant du divorce rendu chaque jour plus accessible, et la femme,
exposée de plus en plus à rester fille, est réduite à chercher par
elle-même les moyens d’existence qu’elle devrait tenir du travail
d’un mari.--C’est qu’aussi combien est plus facile la vie pour le
célibataire: les restaurants pourvoient à sa nourriture, les cercles
à son intérieur, les maisons de santé le recueillent quand il est
malade; il lui est aisé de satisfaire ses appétits sensuels, au mieux
de ses caprices du moment; il ne connaît ni les orages, ni les embarras
ni les soucis d’un ménage; les enfants ne lui sont point à charge;
il n’a à penser et ne pense qu’à lui; toutes choses égales, il est
libre et riche, alors que le père de famille a des obligations et se
trouve dans la gêne. Même sous le rapport de l’affection, ayant dans
le présent plus de ressources, pour l’avenir l’entière disposition de
son héritage, l’entourage ne lui fait pas défaut et il trouve chez des
parents, des étrangers, les attentions, les témoignages de sentiments
en apparence les plus désintéressés, qu’on ne rencontre pas toujours
chez les enfants, auxquels on en passe davantage et qui ont des droits,
qui font qu’ils en prennent beaucoup plus à leur aise.--Le célibataire
est un parasite, qui ne rend pas à la société ce qu’il en retire; à
Sparte, il était noté d’infamie, certaines exclusions étaient portées
contre lui et parmi les hontes qui lui étaient imposées, à certaine
fête, les femmes lui faisaient faire le tour d’un autel, en le battant
de verges. On ne saurait à notre époque user de semblables procédés qui
seraient par trop inefficaces, et cependant il ne serait qu’équitable
de compenser, dans la mesure du possible, les obligations auxquelles il
échappe; on pourrait par exemple dans l’obtention de certains emplois,
de certaines faveurs, avantager à mérite égal les pères de famille
tandis que souvent cette situation tourne contre eux; mais surtout
un impôt spécial, proportionnel à leurs revenus, devrait frapper les
célibataires et le produit en être affecté à l’attribution de subsides
aux familles chargées d’enfants qui sont nécessiteuses, etc.
19, +Dessein+.--A suivre mon inclination naturelle, de mon propre
mouvement.
28, +Rebours+.--Et plus à contre-cœur.
30, +Esperé+.--Montaigne avait épousé en 1565 Françoise de la
Chassaigne, fille d’un conseiller au Parlement de Bordeaux, comme
lui-même l’était à ce moment. Il semble s’être marié un peu pour
combler le vide laissé en lui par la mort de La Boétie, survenue deux
ans auparavant. Bien que, dans les Essais, Montaigne se soit en quelque
sorte fait une loi de passer sous silence sa vie conjugale, qu’il
n’y fasse guère allusion que lorsqu’il se plaint des difficultés que
présente par moments la vie domestique, ou qu’il exprime la confiance
qu’il a, lorsqu’il s’absente, en qui en son absence a la gestion de
sa maison, il y a lieu de penser qu’avec les idées qu’il avait sur
le mariage si, comme il est probable, l’affection et la confiance
ont régné entre les deux époux, leurs épanchements ont toujours été
modérés, et qu’il n’eût pu dire, à son lit de mort, à sa femme comme
son ami La Boétie, qui avait sur ce point des idées d’une élévation
de sentiments bien autres, le dit à la sienne ainsi qu’il le rapporte
lui-même: «Ayant été joint à vous par le saint nœud du mariage, qui
est l’un des plus respectables et inviolables que Dieu nous ait donnés
ici-bas, je vous ai aimée, chérie et estimée autant qu’il m’a été
possible et suis tout assuré que vous m’avez rendu réciproque affection
que je ne saurais reconnaître.»--De fait, Françoise de la Chassaigne,
morte en 1627, femme de sens, très rangée, très entendue dans les
soins du ménage, paraît avoir été en même temps une épouse discrète,
s’effaçant volontiers, telle que Montaigne pouvait la souhaiter; lui
mort, elle se dévoua à sa mémoire et à son œuvre.
=202=,
5, +Traistre+.--Ces deux vers sont d’un auteur inconnu; on peut leur
appareiller ceux-ci dont la source est également ignorée:
I
Si tu as maistre, sers-le bien:
Dis bien de lui, garde le sien;
Son secret cèle, quoi qu’il fasse,
Et sois humble devant sa face.