15, +Recommandation+.--On ne saurait dire que les Essais aient été
la lecture favorite de Napoléon: toutefois dans le volume 23 de sa
correspondance, pag. 399, on le voit faire écrire à son secrétaire,
le 7 mai 1812, au moment de partir pour la campagne de Russie: «Un
Montaigne, petit format, serait peut-être bon à mettre dans la petite
bibliothèque.»
16, +Aphricain+.--Scipion sauva la vie à son père blessé à la
bataille du Tessin, il n’avait encore que 17 ans; préteur en Espagne en
=211=, il s’empara de Carthagène tombée au pouvoir des Carthaginois,
battit Asdrubal et reconquit en quatre ans cette province. De retour en
Italie, envoyé contre Annibal, il fit triompher l’idée de transporter
la guerre aux portes de Carthage, et chargé de son exécution, gagna
sur Annibal, rappelé par ses concitoyens alarmés, la bataille de Zama,
qui mit fin à la deuxième guerre punique (=202=). En =190=, comme
lieutenant de son frère, il accompagna celui-ci en Asie, et l’aida à
triompher d’Antiochus le Grand, roi de Syrie, qu’ils contraignirent
à la paix. A leur rentrée à Rome, injustement accusés par le parti
populaire auquel sa hauteur et sa partialité pour les patriciens le
rendaient odieux, il fut condamné à l’exil où il mourut, tandis que son
frère, frappé d’une amende considérable qu’il ne put payer, était jeté
en prison. Scipion réunissait au génie militaire, tous les genres de
vertu: l’humanité, la tempérance, le désintéressement, etc.
16, +Brutus+.--Lors de la guerre civile entre César et Pompée,
embrassa le parti de ce dernier et combattit à Pharsale; néanmoins
César qui l’aimait et qui, pensait-on, était son père, l’attira à lui
et le combla de caresses; mais l’éducation stoïcienne qu’il avait
reçue de son oncle et son nom même l’armèrent contre lui, quand le
dictateur aspira au pouvoir suprême, et il participa à sa mort (=44=).
Après ce meurtre, poursuivi par Antoine, et vaincu dans les plaines de
Philippes, désespérant alors du salut de la république, il se tua. V.
N. =I=, 638: L’occasion.
16, +Polybius+.--Combattit avec Philopœmen et, envoyé en otage à Rome
où il demeura 17 ans, se lia avec Scipion Émilien qu’il accompagna au
siège de Carthage; voyagea en Afrique, en Espagne, en Gaule, et écrivit
divers ouvrages qui sont perdus et dont le plus considérable était
une histoire en 40 livres de Rome et des autres états contemporains,
ouvrage dont il ne reste que cinq livres entiers. L’exactitude, le
jugement, l’impartialité, sont ses qualités maîtresses; il scrute les
événements, les analyse, ce qui en fait l’historien des hommes d’état,
des hommes de guerre et des penseurs.
17, +Cinquiesme+.--Charles-Quint, déjà roi d’Espagne en 1516, fut
élu empereur d’Allemagne trois ans après, succédant à Maximilien son
aïeul. Il avait comme compétiteur à l’empire François Ier, roi de
France, avec lequel il fut en guerre pendant la majeure partie de son
règne; il remporta sur lui la victoire de Pavie (1525); échoua dans
une expédition contre Marseille (1536), fut défait à Cérisoles (1544)
et assiégea inutilement Metz (1552). Il fit avec des alternatives de
succès et de revers plusieurs expéditions contre l’Afrique. Il fut
l’adversaire de la Réforme, mais n’en fut pas moins obligé d’accorder
la liberté du culte aux Protestants (1552). En 1556, affaibli par les
maladies, aigri par les revers, il abdiqua et céda l’empire à son
frère; déjà l’année précédente, il avait remis l’Espagne à son fils, et
il se retira au monastère de S.-Just en Estramadure où il mourut; on
dit qu’il regretta vivement le pouvoir dont il s’était démis; il était
d’un caractère très dissimulé.
18, +Ailleurs+.--Semble désigner la reine Catherine de Médicis qui
passait pour s’en inspirer et qui, en tout cas, y conformait ses actes
et sa politique.
22, +Militaire+.--Montaigne possédait un exemplaire des
_Commentaires_ de César (V. N. =II=, 82: Lisant), sur lequel, suivant
son habitude, il a consigné l’impression que la lecture de cet ouvrage
lui laissait; on y lit: «C’est un livre qu’un Général d’armée devrait
avoir continuellement sous les yeux, comme patron, ainsi que faisait le
maréchal Strozzi qui le savait quasi par cœur et l’a traduit; et non
je ne sais quel Philippe de Comines que Charles Cinq avait en pareille
recommandation; de même que le grand Alexandre avait les œuvres
d’Homère, etc...» Ce dédain que dans ces annotations marque Montaigne
pour Philippe de Comines témoigne qu’elles ont dû être écrites avant
les Essais, où l’auteur ne laisse pas de lui témoigner beaucoup plus de
considération, notamment dans son chapitre «des livres» où il rapporte
le jugement qu’il a porté après lecture sur les Mémoires de cet
historien et aussi au chapitre VIII du livre III.
=648=,
1, +Iuba+.--Juba Ier; embrassa le parti de Pompée, accueillit après
la bataille de Pharsale les restes de l’armée vaincue; joint à eux, il
livra à César la bataille de Thapsus (=46=); vaincu, il se fit tuer par
un de ses serviteurs.
9, +Armée+.--SUÉTONE, _César_, 66.--Sur son exemplaire annoté des
_Commentaires_ de César, MONTAIGNE a inscrit: «On craint souvent
l’ennemi plus par réputation que par l’effet.»
16, +Execution+.--SUÉTONE, _César_, 65.--«Une armée ne se doit
enquérir des desseins de son général» (annotation de MONTAIGNE sur son
ex. des _Commentaires_ de César).--A cela, on serait tenté d’opposer ce
mot de Napoléon: «A la guerre, chacun doit connaître sa manœuvre»; mais
la contradiction n’est qu’apparente: Napoléon ne veut parler que du
mouvement en exécution, dont la divulgation n’offre plus d’inconvénient
dès que l’ordre d’exécution est donné, parce que le temps faisant
défaut à l’ennemi, il ne peut prendre pour y parer de nouvelles
dispositions et en est réduit à celles en lesquelles il se trouve.
20, +Souisses+.--CÉSAR, _De Bello Gallico_, I, 7.--En =58=; ils
avaient quitté leur pays en masse, pour venir s’établir en Gaule; les
uns furent exterminés, les autres refoulés sur la contrée d’où ils
étaient partis.
31, +D’accord+.--Souvent, en effet, il lui est arrivé de n’accorder
des trêves que pour les violer.
33, +Desobeyssance+.--«César estimait plus encore l’obéissance que la
vaillance» (annotation de MONTAIGNE sur son ex. des _Commentaires_ de
César).
38, +Combat+.--SUÉTONE, _César_, 67.
=650=,
1, +Armez+.--SUÉTONE, _César_, 67.--V. =I=, 520: Pareillement, qui
auroit etc.
1, +Grauez+.--L’éd. de 80 porte: _labourez_.
4, +Compagnons+.--SUÉTONE, _César_, 67.
10, +Estoit+.--Les éd. ant. aj.: _trop molle et_.
12, +Soldats+.--SUÉTONE, _Auguste_, 25.
13, +Seuerité+.--Les éd. ant. aj.: _et asseurance_.
14, +Plaisance+.--SUÉTONE, _César_, 69.--V. N. =I=, 198: _Metuens_.
17, +Douceur+.--SUÉTONE, _César_, 69.--La 10e légion se mutina, à
Rome, en =46=, alors qu’il était sur le point de passer en Afrique;
c’était sa légion préférée. Il la fit rentrer dans l’ordre en se
présentant aux mutins et les appelant «Citoyens», au lieu de «Soldats»;
ils protestèrent qu’ils étaient soldats. Il leur pardonna, mais les
plus compromis perdirent le tiers du butin et des terres qui leur
étaient destinés.
18, +Rhin+.--CÉSAR, _De Bello Gallico_, IV, 17.--Le pont construit
par César sur le Rhin, le fut en l’an =55=, près de Bonn. Il était sur
pilotis et fut achevé en dix jours; en cet endroit le fleuve a 600m de
large, mais c’était l’époque de l’année où ses eaux sont le plus basses
et, de ce fait, cette largeur peut être réduite de moitié.
26, +Combat+.--Sur ce point, Cyrus, estimant les harangues inutiles
(V. =III=, 364), différait d’avis avec César; peut-être était-ce
en raison de la difficulté d’en user, par suite des effectifs
considérables et de la composition des armées asiatiques formées de
nombreux contingents de peuples divers, assez peu disciplinés, alors
que les armées romaines, bien inférieures en nombre, beaucoup plus
disciplinées, homogènes, constituaient des groupes compacts dont le
chef pouvait être vu et entendu.--Dans les armées modernes, par suite
des étendues considérables sur lesquelles opèrent les armées, les
harangues sur le champ de bataille sont généralement remplacées par
des ordres du jour lus avant le combat; toutefois, il est encore des
circonstances où elles se produisent.--On a conservé le souvenir de
celle qu’Henri IV, en 1590, à la bataille d’Ivry, adressait à ses
troupes: «Gardez bien vos rangs, et si vous perdez vos enseignes,
cornettes et guidons, ralliez-vous à mon panache blanc, vous le
trouverez toujours au chemin de l’honneur et de la victoire.»--Napoléon
excellait dans l’un et l’autre genre, comme en tout ce qui touche
à l’art de la guerre: Sa proclamation à l’armée d’Italie, en 1796,
au début des hostilités, après lui avoir énuméré ce qu’il attendait
d’elle, se terminait ainsi: «Soldats d’Italie, manqueriez-vous de
courage et de constance?» Dans cette même campagne, au moment d’entrer
en Vénétie, ayant déjà conquis le Piémont et la Lombardie, après leur
avoir fait miroiter le triomphe: «Vous rentrerez dans vos foyers, leur
disait-il, et vos concitoyens, en vous montrant, diront: Il était de
l’armée d’Italie!» En 1798, à la bataille des Pyramides: «Soldats, du
haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent!» A Marengo,
en 1800, lorsque, à la fin de la journée, il reprenait l’offensive:
«Souvenez-vous que mon habitude est de coucher sur le champ de
bataille!» En 1812, le matin de la bataille de la Moskowa, alors que le
soleil, jusque-là caché par un épais brouillard, venait de se montrer:
«Soldats, leur dit l’empereur, voilà le soleil d’Austerlitz.» En
1815, trois jours avant Waterloo, comme l’armée entrait en Belgique,
il lançait une proclamation, la dernière, se terminant par ces mots:
«Pour tout Français qui a du cœur, le moment est venu de vaincre ou de
mourir!»--Citons encore ce fait de Nelson, à la bataille de Trafalgar
(1805), au moment où le combat allait s’engager, communiquant par
signaux à tous les navires de sa flotte ces simples mots devenus depuis
si célèbres: «L’Angleterre compte qu’aujourd’hui, chacun fera son
devoir!»
29, +Tournay+.--CÉSAR, _De Bello Gallico_, II, 21.--Cette bataille,
qu’il conviendrait mieux d’appeler de la Sambre, se livra sur le
territoire des Nerviens, aux environs de Maubeuge, contre la Gaule du
Nord (=53=). César fut surpris, pendant qu’il fortifiait son camp:
les soldats attaqués se rallièrent aux premières enseignes venues,
l’arrivée de l’arrière-garde rétablit le combat; la race et le nom des
Nerviens y furent presque anéantis; de 60.000 h. en état de porter les
armes, il en resta à peine 5.000.
36, +D’autres+.--Jadis un chef, embrassant du regard l’ensemble de
ses troupes sur un champ de bataille, pouvait, de sa personne, se
porter utilement d’un point à un autre; il n’en est plus ainsi, et, en
général, moins il se déplace dans le courant de l’action, mieux cela
vaut; renseigné, minute par minute, sur les mouvements de l’adversaire
et les fluctuations du combat qu’il suit sur la carte, échappant par
son éloignement aux impressions suggestives exagérées que causent
toujours les événements dont on a le spectacle sous les yeux, il juge
plus sainement et peut donner avec plus d’à-propos des ordres plus
réfléchis.
=652=,
3, +Sien+.--SUÉTONE, _César_, 55.--Les éd. ant. aj.: _C’estoit le
plus laborieux chef de guerre et le plus diligent qui fut onques_.
5, +Coche+.--PLUTARQUE, _César_, 12.--L’éd. de 88 porte: _sa coche_.
11, +Passa+.--Surpassa, surmonta.
11, +Extremes+.--Dans cette guerre, César fut souvent en danger
par les embûches qu’on lui dressa, et son armée faillit périr par la
disette (=48=).
13, +Marseille+.--La ville, qui avait promis sa neutralité à César,
avait ouvert son port à la flotte de Pompée. Le siège fut long, et
les assiégés, plusieurs fois battus, ne se rendirent qu’à la dernière
extrémité, manquant de vivres, leurs remparts démantelés et plus aucun
espoir d’être secourus (=48=).
14, +Ægypte+.--César y détrôna le jeune Ptolémée XII, tant pour le
punir d’avoir donné son assentiment au meurtre de Pompée, qu’en raison
des dissentiments qui s’étaient élevés entre ce prince et Cléopâtre,
sa femme et sa sœur, dont les charmes l’avaient séduit et en faveur de
laquelle il se déclara (=48=). Il le remplaça par son frère Ptolémée
XIII, âgé de 11 ans, qu’épousa Cléopâtre au lieu et place de son
frère aîné; elle-même avait 21 ans; ce second époux mourut quatre
ans après.--Dans cette expédition d’Égypte qui se réduisit, comme
action militaire, à la répression du soulèvement d’Alexandrie, devant
laquelle César, poursuivant Pompée, s’était arrêté en apprenant la mort
de son rival, et avait débarqué précédé de ses licteurs, ce que les
Égyptiens avaient considéré comme une offense à la majesté de leur roi
et qui leur avait fait prendre les armes, les Romains mirent le feu
à plusieurs édifices, entre autres à cette célèbre bibliothèque des
Ptolémée. 400.000 volumes furent brûlés. Reconstituée par la suite,
elle fut à nouveau partiellement incendiée par accident sous Théodose
le Grand et finalement anéantie en 638 de parti pris, par la barbarie
des Musulmans, qui pendant des mois employèrent les innombrables et
précieux volumes dont elle se composait à chauffer les bains publics.
16, +Pharnaces+.--Fils de Mithridate le Grand auquel il succéda à la
suite d’une sédition militaire; avait espéré, à la faveur des guerres
civiles des Romains, rentrer dans les conquêtes faites et perdues
par son père. César en cinq jours et dans un combat de quatre heures
anéantit ses espérances (=47=). C’est à cette occasion qu’il écrivit au
Sénat ce compte rendu célèbre de ses opérations ne comprenant que trois
mots: _Veni, vidi, vici_ (je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu), qui,
lors de son triomphe, furent reproduits sur un tableau qui figurait au
cortège.
17, +Iuba+.--A Thapsus, en =46=. V. N. =II=, 648: Iuba.
18, +Pompeius+.--A Munda, en =46=. L’aîné des fils de Pompée s’y
trouvait seul; il périt dans sa fuite; cette bataille où César avait
contre lui Labienus, son ancien lieutenant en Gaule, et qu’il faillit
perdre, mit fin à la guerre civile et assura d’une manière décisive son
triomphe.
26, +Auaricum+.--CÉSAR, _De Bello Gallico_, VIII, 24.--Aujourd’hui
Bourges; en =52=, au début du soulèvement des Gaules provoqué par
Vercingétorix.
31, +Angleterre+.--SUÉTONE, _César_, 58.--L’expédition de César
contre les peuples de la Grande-Bretagne (=55=), où par deux fois il
franchit le détroit actuel du Pas de Calais, peut compter parmi celles
témoignant le plus d’audace; on dit qu’il l’entreprit uniquement dans
l’espoir d’y trouver des perles dont il était fort avide, comme aussi
des pierres précieuses, des statues et des tableaux antiques. Ni l’une
ni l’autre de ces descentes ne donnèrent de résultats sérieux; la
première eut pour prétexte les secours prêtés aux Gaulois, la seconde
que les conditions de paix n’avaient pas été remplies. César semble
chaque fois s’être embarqué partie à Wissan, partie à Boulogne, et
avoir débarqué à Kent près de Douvres, au N. de Douvres, à la pointe
orientale du comté de Kent qui porte aujourd’hui le nom de North
Foreland près de Ramsgate.
32, +Gué+.--Vraisemblablement la profondeur de l’eau près du rivage,
qu’il fallait gagner en marchant plus ou moins dans la mer, les navires
ne pouvant approcher assez près pour qu’il fût possible d’aborder
autrement; du reste SUÉTONE, _César_, 58, dit à ce propos: «Il ne
passa en Bretagne qu’après avoir reconnu par lui-même le point de
débarquement, l’itinéraire à suivre et les conditions d’accès.»
35, +Refusa+.--CÉSAR, _De Bello civili_, I, 72.
38, +Ost+.--Armée; du latin _hostis_ (ennemi). Ce mot était, dans
l’ancienne langue française, employé indifféremment pour désigner l’un
et l’autre de deux adversaires: «Si l’ost savait ce que fait l’ost,
disait un adage militaire de l’époque, l’ost déferait l’ost (Si l’un
connaissait les projets de l’autre, le premier battrait le second).»
38, +Necessité+.--César fit, à diverses reprises, franchir des cours
d’eau à son armée dans des conditions assez délicates, ses hommes
ayant de l’eau jusqu’aux aisselles, notamment la Loire, en =51=, lors
de l’insurrection générale des Gaules, et la Sègre en Espagne, comme
l’indique ici Montaigne, lors de ses opérations contre Afranius en
=49=. En ces circonstances, sa cavalerie, répartie de l’un et l’autre
côté, était employée, en amont, à rompre le courant; en aval, à
recueillir ceux qui auraient été entraînés.
=654=,
21, +Bouclier+.--CÉSAR, _De Bello Gallico_, II, 25.--En l’an =53=.
25, +Presence+.--SUÉTONE, _César_, 58.
25, +Dirrachium+.--SUÉTONE, _César_, 58; PLUTARQUE, _César, passim_;
APPIEN, _Guerre civile_, II; etc.
35, +Siennes+.--César franchit le Rubicon avec 5.000 fantassins et
3.000 cavaliers; il avait en Égypte 3.200 fantassins et 800 cavaliers;
il n’amena en Afrique contre Scipion et Juba que 3.000 fantassins et
quelques cavaliers.--A la bataille de Pharsale il perdit 200 hommes;
Pompée, 15.000. A celle de Thapsus il en perdit 50; à celle de Munda,
1.000, et ses adversaires leur armée entière.
35, +Gens-là+.--Alexandre et César.
37, +Disoit-il+.--César.
=656=,
3, +Bout+.--SUÉTONE, _César_, 62.
4, +Alexia+.--Ce siège, qui se termina par la prise de la ville et la
reddition de Vercingétorix (=52=), mit fin au soulèvement général de
la Gaule; il ne resta plus à faire rentrer dans l’ordre que quelques
peuplades; la pacification complète se termina l’année suivante.
6, +Cheuaux+.--Dans ses _Commentaires_, VII, 64, CÉSAR dit «huit
mille chevaux»; c’est le nombre qu’il faut lire; il est probable
que Montaigne avait écrit sur son manuscrit «huit à neuf mille»,
l’imprimeur aura lu «cent neuf mille.»
7, +Maniacle+.--Littéralement «furieuse»; ici, incroyable,
merveilleuse. Dans l’ancien français, maniacle et maniaque étaient
synonymes; ce dernier seul est resté.
12, +Tigranocerta+.--Tandis que Lucullus, avec 15 à 20.000 hommes,
assiégeait Tigranocerte sa capitale, Tigrane roi d’Arménie vint la
secourir traînant avec lui une armée de 250.000. Lucullus, malgré son
infériorité numérique, marcha contre eux; les barbares s’enfuirent
sans presque soutenir le choc et perdirent 100.000 h.; Lucullus
n’aurait eu que cinq morts et cent blessés; peu après, il était maître
de la ville (=69=).
20, +Est+.--Les éd. ant. aj.: _rare et_.
19, +Confusion+.--CÉSAR, _De Bello Gallico_, VII, 71.
28, +Secours+.--XÉNOPHON s’exprime ainsi: «Ce n’est ni le nombre, ni
la force qui donnent la victoire; elle est acquise à ceux qui, avec
l’aide des dieux, attaquent avec le plus de fermeté d’âme.»--C’est là
une vérité relative, à l’appui de laquelle on peut citer de nombreuses
batailles dans l’antiquité, alors que le combat corps à corps jouait un
rôle presque exclusif et toujours prédominant, où des résultats inouïs
ont été obtenus avec des forces absolument disproportionnées. Mais
l’invention des armes à feu et leurs perfectionnements incessants, leur
accroissement en portée, en justesse et en vitesse, ont réduit à néant
l’influence de la force physique des combattants et augmenté celle du
nombre dans une très notable proportion. Aujourd’hui, où la question
est souvent aux trois quarts résolue quand on est encore hors de vue
et bien avant que le feu soit ouvert, et où la victoire est à peu près
décidée sans que parfois on se soit abordé sur le point décisif, même
avec des effectifs en présence atteignant des centaines de mille hommes
de part et d’autre, le nombre joue un rôle considérable en facilitant
les mouvements enveloppants. Toutefois il n’est pas plus que jadis le
seul facteur du succès; le moral des troupes, l’initiative, l’habileté
manœuvrière des chefs, surtout chez le général et ses principaux
lieutenants, peuvent, encore comme par le passé, donner la victoire à
une armée numériquement inférieure, si elle ne se cantonne pas dans
une passivité continue et, par sa mobilité et ses propres attaques
exécutées en temps opportun, s’applique à contenir et à déjouer les
mouvements et les attaques de l’adversaire.
30, +Tamburlan+.--Tamerlan, appelé aussi Timour et dont le véritable
nom est Timour-Leng; né à Samarcande, dans le Turkestan, il conquit
ce qui aujourd’hui constitue la Perse, l’Afghanistan, la partie N. de
l’Hindoustan et l’Asie Mineure; il marchait sur la Chine, quand il
mourut. Sanguinaire et fanatique, il incendia Delhi, Damas, Bagdad et
nombre d’autres villes; devant Delhi, il fit égorger 100.000 captifs; à
Bagdad, il érigea un obélisque avec 90.000 têtes coupées.
32, +Confusion+.--A Ancyre (Asie Mineure), en 1402. Un million de
combattants se choquèrent en cette journée; la bataille dura trois
jours et deux nuits; 240.000 h., dit-on, furent tués sur le terrain
même. Des deux adversaires, l’un, Tamerlan, était manchot et boiteux
par suite de blessures reçues à la main et au pied, l’autre était
borgne.
34, +Baster+.--Suffire à un habile général.--C’était vrai jadis, et
Turenne dans son admirable campagne d’Alsace de 1675, Bonaparte dans
celle non moins remarquable de 1796 en Italie, l’ont bien montré; mais
avec le principe de la nation armée et la puissance de l’armement
actuel, les petites armées où le chef exerçait une action prédominante
et pouvait conduire les choses à son gré, ne sont plus. Le général
placé aujourd’hui à la tête d’une armée de plusieurs centaines de mille
combattants, se mouvant sur une étendue de 80 à 100 kilomètres et même
davantage, livrant bataille sur un front de plusieurs lieues, n’est
plus, malgré le télégraphe, aussi maître que jadis de les faire se
mouvoir à son gré et avec une rapidité suffisante, et une fois l’action
générale engagée, les combats partiels dont elle se compose sont si
multipliés, se livrent à de telles distances et sont d’une importance
telle, que son intervention, quelque grand que soit son génie, peut
être impuissante ou tardive. Aux temps anciens et au moyen âge, on a
bien vu des masses aussi considérables en présence, mais, outre que
les non-combattants s’y trouvaient dans une proportion énormément plus
considérable, le défaut d’organisation, le combat corps à corps qui
était seul pratiqué, la courte portée et la puissance bien moindre des
armes de jet, ne permettaient guère de manœuvrer et le nombre perdait
par là beaucoup de son importance.
37, +Vercingentorix+.--Arverne de naissance (les Arvernes avaient
pour territoire à peu près l’Auvergne actuelle), Vercingétorix souleva
la Gaule centrale que César venait de soumettre et se fit nommer
généralissime (=53=). César accourant aussitôt, après avoir échoué
devant Gergovie, capitale des Arvernes (située proche l’emplacement
actuel de Clermont-Ferrand), le battit en plusieurs rencontres,
s’empara d’Avaricum, sa principale place d’armes, l’enferma dans Alésia
et le contraignit à se rendre (=52=). Jeté dans un cachot à Rome,
Vercingétorix y demeura six ans et, après avoir orné le triomphe du
vainqueur, fut étranglé (=47=). Vercingétorix était chez les Gaulois,
non un nom propre, mais un titre de commandement qui pourrait se
traduire par généralissime; on ignore comment s’appelait le chef
arverne connu sous ce nom et vaincu à Alésia.