7, +Inanité+.--L’éd. de 88 aj.: _quel proufit m’en reuient-il?_

9, +Violæ+.--Montaigne change ici le sens de la citation, où, en

outre, il substitue les mots _Laudat posteritas_ à Laudant convivæ.

34, +Nous+.--Combien peu de Grecs et même de Romains, malgré tant

d’écrivains... dont les noms sont parvenus jusqu’à nous!

«Un redoutable instant nous détruit sans réserve:

On ne voit au delà qu’un obscur avenir;

A peine de nos noms un léger souvenir

Parmi les hommes se conserve.» Mme DESHOULIÈRES.

37, +France+.--Montaigne ne prévoyait pas les progrès que devait

faire l’imprimerie et le développement que prendraient ses moyens de

vulgarisation.--Une autre raison du reste qui a fait qu’à rencontre

de ses prévisions, le souvenir de ces temps troublés est de ceux

de notre histoire qui se sont le moins effacés, c’est qu’un des

effets des guerres civiles est de faire que plus qu’en toute autre

situation, chacun se montre à découvert, avec ses talents et ses

vices prédominants, et que les bouleversements profonds et imprévus

qui en résultent, modifient souvent du tout au tout la fortune

des individus et parfois aussi celle des classes de la société

et des partis qui la divisent. Qui connaîtrait Cromwell, sans la

révolution de 1649; Napoléon, sans celle de 1793; Gambetta, sans

celle de 1870?--Nonobstant, l’observation de Montaigne est très

juste; aujourd’hui les noms d’un beaucoup plus grand nombre reçoivent

de la publicité, mais combien éphémère! Bientôt enfouis dans les

bibliothèques, ils y dorment du plus profond sommeil, à jamais ignorés

tout comme avant, en dépit des efforts, pour de bien rares exceptions,

de quelque érudit en mal de réputation pour lui-même; on peut même dire

plus: notre époque, avec ses idées utilitaires, plus préoccupée du

présent et de l’avenir que ses devancières, en dehors de ceux qui y ont

un intérêt direct, se soucie au fond beaucoup moins qu’elles du passé.

38, +Muses+.--Elles étaient au nombre de neuf, et présidaient: Clio,

à l’histoire; Euterpe, à la musique; Thalie, à la comédie; Melpomène, à

la tragédie; Terpsichore, à la danse; Erato, à l’élégie; Polymnie, à la

poésie lyrique; Uranie, à l’astronomie; et Calliope, à l’éloquence et à

la poésie héroïque.

38, +Battaille+.--PLUTARQUE, _Apophth. des Lacédémoniens_.

=460=,

8, +Faueur+.--C’est ce qu’un poète latin a rendu: «_Habent sua fata

libelli_ (_Les livres ont leur destinée_).» Cet aphorisme, après avoir

été attribué aux plus célèbres poètes latins, se trouve être d’un des

plus obscurs, TERENTIANUS MAURUS; il est lui-même un exemple de la

vérité de sa réflexion, car on ne cite guère de lui que ce fragment de

vers, et encore en le croyant d’un autre (LAROUSSE).--Ceux qui suivent,

assez médiocres, du reste, d’un auteur non moins inconnu, expriment

cette même idée, en la développant davantage:

«L’esprit seul ne saurait faire vivre un écrit,

Chaque jour nous en donne une nouvelle preuve.

Il faut plus, si du temps on veut franchir l’épreuve.

Que d’auteurs qu’on a lus, que de livres de prix...

Enveloppent le poivre, ou sont mangés des vers!

Seule la destinée éternise les vers.»

12, +Assignées+.--Rangées.

40, +Traian+.--Fils d’un soldat de fortune élevé aux honneurs par

Vespasien, Trajan se montra lui-même brave et habile. Élevé à l’empire,

il refréna les Daces et les Parthes, qui le menaçaient; à l’intérieur,

il fit fleurir la justice, cesser les délations, s’environna de

capacités de tous genres, allégea les impôts et mérita, au moins par sa

vie publique, d’être considéré comme le meilleur des empereurs romains.

40, +Neron+.--Empereur grâce aux intrigues d’Agrippine sa mère qui

l’avait fait adopter par Claude, au détriment de son propre fils, il

affecta beaucoup de douceur au début de son règne, mais bientôt se

montra cruel et débauché, s’entoura de courtisanes, d’histrions, prit

part aux jeux du cirque et finit par se livrer aux pires atrocités, ne

reculant devant aucun crime, assassinant successivement Britannicus,

sa mère, sa femme; accusé d’un incendie qui consuma la moitié de Rome,

il en rejeta l’accusation sur les chrétiens et ouvrit contre eux une

ère de persécutions qui fut des plus violentes; fit périr quiconque lui

déplaisait ou le gênait, et lui-même, renversé par une conspiration

amenée par ses excès, eut à peine le courage de se tuer. Il demeure,

dans l’histoire, le type le plus accompli d’un tyran exécrable, d’un

monstre de cruauté.

=462=,

4, +Platon+.--_Lois_, XII.

9, +Pedagogue+.--Platon et Socrate.--La plupart des ouvrages de

Platon sont présentés sous forme de dialogues. Le personnage principal

expose le fond du sujet; ses auditeurs, par leurs questions et leurs

objections, aident à son développement. Dans presque tous, c’est

Socrate qui est ce personnage principal; dans les _Lois_, c’est Platon

lui-même qui, par modestie, dissimule sa personnalité sous celle d’un

Athénien étranger.

13, +Miracles+.--DIOGÈNE LAERCE, _Platon_, III, 26.

23, +Numa+.--V. N. =II=, 252: Numa.

23, +Sertorius+.--Avait, dans la guerre civile entre Sylla et Marius,

embrassé le parti de ce dernier; quand il fut vaincu, Sertorius passa

en Espagne (=84=), s’y rendit indépendant et se maintint tel jusqu’à sa

mort. Il avait établi dans son armée un simulacre de Rome: un sénat,

des consuls, etc...; il inspirait à ses soldats une confiance aveugle

et leur avait persuadé qu’il était en commerce avec les dieux, par

l’entremise d’une biche blanche dont il se faisait suivre partout; il

fut assassiné par un de ses lieutenants jaloux de sa supériorité.

27, +Zoroastre+.--V. N. =II=, 362: Zoroastre.

29, +Oromazis+.--Principe du bien, comme Ahriman était celui du

mal, c’est lui qui avait créé le monde, la lumière, la chaleur, les

puissances bienfaisantes; il est constamment en lutte contre l’esprit

des ténèbres.

29, +Trismegiste+.--Trismégiste, législateur des Égyptiens, leur

donna des lois au nom de Mercure; cette double élision se reproduit

dans les membres de phrase qui suivent.

30, +Zamolxis+.--V. Lexique.

30, +Charondas+.--Se perça, dit-on, de son épée, parce qu’il avait

enfreint par mégarde une loi qu’il avait portée lui-même, qui défendait

de se présenter en armes dans l’assemblée du peuple; à celui qui lui

faisant observer qu’il était en défaut en enfreignant sa loi: «Non,

dit-il en se tuant, je la confirme.»

31, +Minos+.--Gouverna avec tant de sagesse, que les poètes en ont

fait un des trois juges des enfers avec Rhadamante, son frère, et

Éaque, roi d’Égine.

31, +Lycurgus+.--V. N. =II=, 220: Lycurgus.

32, +Dracon+.--Ses lois criminelles étaient si rigoureuses qu’on

alla jusqu’à dire qu’elles étaient écrites avec du sang; aussi ne

tardèrent-elles pas à tomber en désuétude.

32, +Solon+.--Un des sept sages de la Grèce; reçut mission vers

l’an =593=, des Athéniens, de leur donner des lois au lieu et place

de celles qu’ils avaient reçues de Dracon; y substitua un code sage,

humain; établit en même temps une constitution qui était un mélange

habile de démocratie et d’aristocratie, et calma ainsi momentanément

les troubles violents dont la ville était l’objet incessant et qui

reprirent de plus belle moins de dix ans après, pour aboutir à la

tyrannie de Pisistrate.

34, +Moïse+.--Né en Égypte, où les Hébreux étaient en quelque sorte

captifs, Moïse fut exposé dès sa naissance sur le Nil, en vertu des

ordres de Pharaon, roi d’Égypte, qui voulait faire périr tous les

enfants mâles de cette race; il fut sauvé par la fille même du roi,

élevé à la cour et instruit dans les sciences des Égyptiens. Informé

de sa naissance, il s’enfuit au désert et reçut, de Dieu, mission de

délivrer les Israélites de la servitude; il y parvint (=1645=), et

mourut, les ayant amenés jusque sur les confins de la terre de Judée,

et leur ayant donné, dans l’intervalle, les tables de la loi que

lui-même avait reçues de Dieu, sur le mont Sinaï. Moïse est l’auteur

du Pentateuque, c’est-à-dire des cinq premiers livres de l’Ancien

Testament, qui renferment l’histoire sacrée depuis la création du monde

jusqu’à l’entrée des Hébreux dans la Terre promise, un code de lois

et un recueil de prescriptions religieuses.--Il est à observer que le

moyen employé par Moïse pour faire accepter ses lois, est analogue à

celui dont ont usé les législateurs dont Montaigne vient de parler: Il

s’entretenait seul à seul sur le Sinaï avec Dieu, par des temps d’orage

et de brouillard, le peuple étant consigné à distance (_Exode_, XIX).

35, +Bedoins+.--L’islamisme.

35, +Iouinuille+.--Dans ses _Mémoires_, 58.

=464=,

6, +Escorce+.--V. N. =I=, 62: Tout.

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 450 / 504 题