34, +Approcher+.--_Id._, _ibid._

36, +Hart+.--DIOGÈNE LAERCE, VI, 86.

37, +Plutarque+.--_Comment on pourra apercevoir si on s’amende_,

etc., 5.--Sextus le pythagoricien est cité fréquemment par SÉNÈQUE dans

ses différents ouvrages, en particulier dans ses _lettres_ 59, 64, etc.

=220=,

12, +Valentian+.--L’empereur Valens.

14, +Mahumet+.--Mahomet, fondateur de l’Islamisme qu’il commença à

prêcher à la Mecque vers quarante ans; l’opposition qu’il rencontra

au début l’obligea à s’enfuir à Yatreb (622) où il fut accueilli avec

transports et dont le nom, dans la suite, a été changé en celui de

Médine (ville du prophète), en souvenir de cette fuite ou hégire, d’où

date l’ère des Musulmans (Musulman et Islamisme ont même étymologie

et viennent de l’arabe سلم _selam_, qui signifie abandon complet en

Dieu de sa personne et de ses biens, résignation). A partir de ce

moment, Mahomet poursuivit avec succès son œuvre les armes à la main;

et, à sa mort, survenue en 632 à Médine où est sa tombe, dans la

majeure partie de l’Arabie, y compris la Mecque, la religion nouvelle

avait remplacé le culte des idoles. Ses successeurs ou khalifes

(lieutenants), continuant ses conquêtes et son prosélytisme, ont été

en progrès constant jusqu’au XIVe siècle; leurs croyances dominent

encore aujourd’hui sur une grande partie du globe: l’Asie occidentale,

l’Afrique septentrionale, la Turquie. Les dogmes et les préceptes de

la religion de Mahomet sont consignés dans le Coran (le livre, livre

par excellence), qui embrasse à la fois la religion, la législation

pénale et civile, ainsi que l’administration. Ses principaux dogmes

sont: l’unité de Dieu, l’immortalité de l’âme, un paradis avec des

jouissances toutes sensuelles; le fatalisme, n’excluant pas pourtant la

responsabilité de nos actes; les préceptes sont: la circoncision, la

prière, l’aumône, les ablutions, le jeûne, l’abstinence du vin et de

toutes les liqueurs fermentées; la polygamie est autorisée, le Coran

autorise quatre femmes légitimes.--Mahomet n’a nullement interdit ni

les sciences, ni les lettres à ses adeptes; mais dans le principe,

ses lieutenants se conduisirent à la vérité comme si elles étaient

proscrites. Un revirement se fit plus tard et pendant un temps les arts

et les sciences ont compté des savants émérites parmi ses sectateurs,

mais il faut convenir qu’actuellement il ne semble plus guère en être

question dans le monde musulman.

16, +Lycurgus+.--Sa législation, qui fit de Sparte une république

militaire plus qu’une monarchie, et à laquelle elle dut la

prépondérance sur toute la Grèce, tant qu’elle l’observa fidèlement,

avait principalement pour but d’établir l’égalité entre tous les

citoyens et de former un état guerrier sans esprit de conquêtes. Ses

dispositions essentielles étaient: le partage des terres en portions

égales, avec interdiction d’accroître, de diminuer et d’aliéner tout

ou partie du lot échu à chaque famille; la substitution d’une monnaie

de fer à la monnaie d’or et d’argent; les repas pris en commun; une

éducation austère, toute martiale, et exclusivement dirigée en vue

de développer la moralité, la force et l’adresse, donnée en public;

les arts, les sciences, et tous les métiers en général abandonnés

aux esclaves; comme gouvernement: deux rois, ayant l’initiative des

lois, présidant à tous les actes de la vie publique, commandant les

armées, mais dont l’autorité était limitée par les Ephores; un sénat

de 28 membres décidant de la paix ou de la guerre et des alliances;

l’assemblée du peuple élisant les magistrats, votant les contributions,

ratifiant les lois.--D’après la tradition, Lycurgue, après avoir fait

jurer aux Spartiates l’observation de ses lois jusqu’à ce qu’il revînt,

se serait expatrié sans esprit de retour.

37, +Vices+.--Ce passage est une reproduction d’une idée de Varron,

qu’on trouve consignée dans NONIUS MARCELLUS.

=222=,

11, +Droicturiere+.--C’est là, bien qu’il ne les nomme pas, une

sortie de Montaigne contre Luther et Calvin.

13, +Δεισιδαιμονία+.--Desdémone (superstition); c’est le nom de

l’héroïne de la tragédie d’_Othello_, de Shakespeare.

14, +Πείτεται+.--Mot attribué à Socrate et que Montaigne a traduit

avant de le citer.

15, +Empesches+.--PASCAL s’est inspiré de cette pensée: «Il y a,

dit-il, assez de lumière pour ceux qui ne désirent que voir, et assez

d’obscurité pour ceux qui sont en disposition contraire; assez de

clarté pour éclairer les uns et assez d’obscurité pour les porter à

s’humilier; assez d’obscurité pour aveugler les autres et assez de

clarté pour les condamner et les rendre inexcusables,... c’est pourquoi

il est juste et utile que Dieu nous soit en partie caché et en partie

découvert.»--«La vanité et l’orgueil coûtent plus que la faim et la

soif.» JEFFERSON.

16, +Sage+.--PLATON, _Apologie de Socrate_.--Chérophon, disciple et

ami de Socrate, étant à Delphes, demanda à l’oracle s’il y avait sur la

terre un homme plus sage que Socrate; la prêtresse lui répondit qu’il

n’y en avait aucun; ce que Socrate interpréta, en disant que la réponse

de l’oracle n’avait d’autre but que de le donner pour exemple, parce

qu’il reconnaissait qu’il n’y avait véritablement aucune sagesse en

lui. V. N. =III=, 576: L’vn.

24, +Sagesse+.--«La vanité est l’amour-propre qui se montre; la

modestie, l’amour-propre qui se cache.» FONTENELLE.

26, +Cendre+.--«Souviens-toi que tu es poussière et que tu

retourneras en poussière», c’est la formule, tirée de la GENÈSE, III,

19, de l’Église à la cérémonie du mercredi des cendres.

«Dieu connaît le néant d’où naissent les humains,

Puisque ses propres mains

Les ont jadis créés de poussière et de boue;

Il connaît leur faiblesse, et sait de quel mépris

La fortune se joue

De tous les grands desseins que forment leurs esprits.» RACAN.

27, +Ombre+.--Cette phrase se trouve dans les _Psaumes_ de DAVID.--On

lit encore dans l’ECCLÉSIASTE: «Dieu a fait l’homme semblable à

l’ombre après le coucher du soleil»; et aussi: «Pendant les jours de

sa vie fugitive, l’homme passe comme l’ombre.»--Dans l’oraison funèbre

d’Henriette d’Angleterre, BOSSUET dit: «L’homme que Dieu a fait à son

image, n’est-il qu’une ombre?»

38, +Scire+.--«Dieu t’a fait pour l’aimer, et non pour le

comprendre.» L. RACINE.

=224=,

4, +Ayme+.--Ne trouve-t-on pas dans l’Écriture elle-même que Dieu se

repent: «Jéhovah se repentit du mal qu’il avait parlé de faire à son

peuple», _Exode_, XXXIII, 14; qu’il se moque, qu’il se rit, etc.

8, +Cognoistre+.

«Qu’est-ce que Dieu?

Loin de rien décider de cet être suprême,

Gardons, en l’adorant, un silence profond;

Le mystère est immense et l’esprit s’y confond.

Pour dire ce qu’il est, il faut être lui-même.» L. RACINE.

10, +Prudence+.--Le passage qui suit est une traduction intégrale de

CICÉRON, _De Nat. deor._, III, 15.

20, +Aristote+.--_Morale à Nicomaque_, VII, 1.

=226=,

6, +Croyans+.--S. PAUL, _Ep. aux Corinthiens_, I, 1, 19.

11, +Recognoistre+.--Add. des éd. ant.: _sa vilité et_.

17, +Cornes+.--L’idée est reproduite de PLUTARQUE, _Contredits des

philosophes stoïques_, 10; mais l’expression appartient à Montaigne.

22, +Appris+.--CICÉRON, _De Nat. deor._, I, 17.

29, +Descouure+.--DIOGÈNE LAERCE, I, 122.

29, +Onques+.--Socrate (V. N. =II=, 222: Sage).--Les éd. ant. aj.:

(_Et qui à l’auenture n’eust nulle plus viste occasion, d’estre appelé

sage, que cette sienne sentence_).

31, +Rien+.--«Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien,»

disait aussi de lui-même PLINE L’ANCIEN.

39, +Lettres+.--VALÈRE MAXIME, II, 2, 3, ne dit rien de semblable;

Montaigne a été ici induit en erreur par une incorrection qui subsiste

dans quelques éditions de cet auteur.

=228=,

21, +Admirables+.--Les éd. ant. aj.: _en reglement et en droicture_.

28, +Queste+.--C’est précisément par là que SEXTUS EMPIRICUS, d’où

Montaigne a tiré bien des choses, commence son livre des _Hypotyposes_

(_expositions_, _hypothèses_) _pyrrhoniennes_, et en déduit d’une façon

générale la caractéristique des différentes manières de philosopher:

l’une dogmatique, c’est celle qui assure avoir trouvé la vérité;

une autre académique, appliquée par ceux qui déclarent qu’elle est

au-dessus de notre compréhension; la troisième sceptique, qui est le

propre de ceux qui la cherchent encore.

30, +Stoiciens+.--Péripatéticiens, V. N. =I=, 32: Aristote, et =I=,

82: Peripatéticiens;--Epicuriens, V. N. =I=, 30: L’aduenir;--Stoiciens,

V. N. =I=, 18: Stoiques.

33, +Academiciens+.--École philosophique fondée à Athènes, par

Platon, vers =388=; elle tirait son nom d’un jardin, devenu promenade

publique, ayant appartenu primitivement à un certain Academus et

dans lequel Platon donnait ses leçons.--On compte trois Académies:

la première, ou Académie ancienne, avait pour base les enseignements

de Socrate, transmis et érigés en système par Platon: elle admettait

l’existence d’un Dieu, d’une Providence, l’immortalité de l’âme;

au point de vue moral, elle considérait la raison humaine comme

impuissante à nous donner la solution précise de toutes les questions

en présence desquelles l’homme se trouve, et indiquait dans l’ordre

moral la pratique du bien, comme le plus sûr moyen d’arriver au

bonheur; dans les arts, le beau, comme l’idéal du but à poursuivre;

Aristote, qui plus tard fonda l’école des Péripatéticiens, Speusippe,

Xénocrate, Crantor en firent partie. La deuxième, ou Académie moyenne,

fondée vers =244=, par Arcésilas, posait en principe qu’en rien on ne

peut arriver à la certitude. La troisième, ou Académie nouvelle, fondée

par Carnéade, vers =160=, sans tomber dans un scepticisme absolu,

enseignait que l’on ne peut atteindre qu’au probable.--Ces principes se

modifièrent encore par la suite, avec Philon notamment qui, vers l’an

=88=, revint à la doctrine de Platon et s’efforça de la concilier avec

le stoïcisme.

37, +Epechistes+.--Qui hésitent, qui s’abstiennent de juger;

qualification donnée aux sceptiques et que Montaigne explique un peu

plus loin.--V. N. =II=, 208: Pyrrho, et _Lexique_ au mot Sceptiques.

38, +Homere+.--Auteur de l’_Iliade_ et de l’_Odyssée_, considérées

toutes deux comme les chefs-d’œuvre de l’épopée. On ne sait que peu

de chose de lui; la tradition le représente vieux et aveugle, errant

de ville en ville et récitant ses vers; certains ont contesté son

existence et émis l’idée que ces deux poèmes résument les œuvres

éparses d’une époque fabuleuse de la Grèce.--Dans l’_Iliade_, Homère

chante les effets de la colère d’Achille, les malheurs des Grecs

au siège de Troie pendant la retraite de ce héros et la vengeance

terrible qu’il tire du meurtre de Patrocle son ami. On y admire

la grandeur des conceptions, la beauté et la simplicité du plan,

la hardiesse de l’imagination, la richesse et la sublimité des

images.--Dans l’_Odyssée_, il raconte les aventures d’Ulysse errant de

contrée en contrée après la prise de Troie, et le retour de ce prince

dans son royaume d’Ithaque. Le plan en est régulier, l’imagination

moins éclatante, mais un vif intérêt et une séduisante naïveté vous

captivent.--Ces deux poèmes, en dehors de leur beauté intrinsèque,

avaient pour les anciens le mérite de renfermer les traditions

théologiques, les noms et l’origine des peuples, la description et la

situation des pays, et, à ce titre, jouissaient chez eux, sous ces

divers rapports, d’une grande autorité.

38, +Sages+.--Thalès, Solon, Bias, Chilon, Cléobule, Pittacus,

Périandre; quelques-uns substituent à ce dernier Myson, d’autres

Anacharsis, bien que celui-ci fût scythe; ils s’occupaient surtout de

morale et de politique.

39, +Archilochus+.--Aussi méchant que licencieux dans ses poésies; il

fut banni par plusieurs villes qui mirent ses écrits en interdit, et il

finit par être assassiné; il était cependant tellement estimé pour ses

talents poétiques, qu’on le regardait presque comme l’égal d’Homère; il

ne reste de lui que quelques fragments de poésie.

39, +Euripide+.--Son style, modèle d’élégance, brille surtout par le

pathétique; il fait exprimer à ses héros des maximes philosophiques

d’une grande hardiesse. Il avait composé, dit-on, 84 tragédies; il ne

nous en est parvenu que dix-neuf; les plus estimées sont _Hécube_, les

_Troyennes_, _Médée_, _Iphigénie en Tauride_.

=230=,

21, +Science+.--CICÉRON, _Acad._, II, 47.

=232=,

27, +Infrasquer+.--Du latin _infrascare_ qui signifie couvrir de

feuillages, d’où par métaphore, embrouiller, embarrasser.

31, +Choisissiez+.--CICÉRON, _Acad._, II, 43.

=234=,

1, +Panætius+.--Montaigne continue de traduire CICÉRON, _Acad._, II,

33.

8, +Præoccupé+.--Prévenu, rempli de préjugés.

17, +Sustineatur+.--CICÉRON, _Acad._, I, 2.--Le texte porte

_assensio_, au lieu de _assertio_, qui semble une erreur de copie.

=236=,

2, +Naturelles+.--SEXTUS EMPIRICUS, _Pyrrh. hypot._, I, 6.

7, +Pyrrho+.--Les éd. ant. port.: _ce que Laertius dict de la vie de

Pyrrho et à quoy Lucianus, Aulus Gellius et autres semblent incliner,

car ils_, au lieu de: «ce qu’on... Ils».--Du temps de Julien, la

plupart des écrits de Pyrrhon avaient déjà péri, et cet empereur s’en

félicitait. LEBEAU.

11, +Souche+.--Montaigne, qui se déclare ici ouvertement et avec

raison contre cette aveugle insensibilité qu’on a attribuée à Pyrrhon,

semble la reconnaître ailleurs (liv. II, ch. XXIX, =II=, 592),

quoiqu’elle lui paraisse, dit-il, quasi incroyable.

17, +Secte+.--Ici encore l’auteur copie CICÉRON, _Acad._, II, 31.

37, +Deuement+.--La complaisance avec laquelle Montaigne s’étend ici

sur le Pyrrhonisme et conclut en sa faveur, montre bien qu’il est de

cette école. Tous les principes qu’il expose comme étant ceux de ces

philosophes sont les siens; cela ne fait pas doute pour qui est au fait

de sa vie et auxquels les Essais sont quelque peu familiers; ce sont

eux qui lui ont inspiré sa devise «Que sais-je?» que l’on retrouve un

peu plus loin; il leur a même emprunté la leur «Ἐπέχω (je m’abstiens)».

V. N. =II=, 276: Que sçay-ie?

=238=,

14, +L’Ecclesiaste+.--III, 22, et V, 17.

20, +Troisiesme+.--Les deux premières comprennent les Académiciens

et les Sceptiques; la troisième, que Montaigne désigne sous le nom

collectif de Dogmatistes, comprend les Péripatéticiens, les Stoïciens,

les Épicuriens.

29, +Sectateurs+.--Des sectateurs de Platon, de qui est le _Timée_

dont il vient d’être question, et non des Dogmatistes dont l’auteur

semble, au début de l’alinéa, vouloir nous entretenir en détail; du

reste le philosophe qu’il met en cause est Cicéron, qui était de

l’école des Académiciens.

=240=,

6, +Et si+.--C.-à-d. Aristote est le prince des dogmatistes, et

cependant nous apprenons de lui.

7, +Doubter+.--Cette pensée n’est pas d’Aristote; on l’attribue à

ÆNEAS SYLVIUS, qui a été pape en 1458, sous le nom de Pie II.

8, +Escient+.--Les éd. ant. aj.: (_comme pour exemple sur le propos

de l’immortalité de l’âme_).

19, +Difficulté+.--L’obscurité,--_pour en voiler leurs opinions_

(add. de l’éd. de 1588).

23, +Estoit+.--CICÉRON, _Acad._, II, 45.

24, +Facilité+.--C.-à-d. c’est pourquoi Épicure a évité dans ses

écrits d’être clair et facile à entendre.

25, +Σκοτεινὸς+.--Le ténébreux. CICÉRON, _De Fin._, II, 5.

31, +Cicero+.--_De Offic._, I, 6.

35, +Cyrenaiques+.--DIOGÈNE LAERCE, II, 92.--Secte de philosophes

grecs qui avaient pour chef Aristippe de Cyrène (Afrique sept.), qui,

après la mort de Socrate, dont il était un des disciples, fonda cette

école, qui ne tarda pas à se fondre avec les Épicuriens. Dénaturant la

morale de son maître, il plaçait le souverain bien dans les plaisirs

des sens modérés par la raison.

37, +Disciplines+.--DIOGÈNE LAERCE, VIII, 32.

39, +Exercice+.--Chrysippe, dans PLUTARQUE, _Contredits des

philosophes stoïques_, 25, dit le contraire de ce que Montaigne lui

fait dire ici.

=242=,

9, +Profuerunt+.--Ici, comme en maintes autres, le texte de la

citation est altéré.

10, +Sçauoir+.--Add. des éd. ant.: _et par la philosophie_.

13, +Dubitateur+.--Add. des éd. ant.: _et ne rien établissant_.

22, +Asseuerante+.--Chancelante et n’assurant rien.

22, +L’est+.--Pic de la Mirandole, un des disciples les plus fervents

de Platon, à dix-huit siècles d’intervalle, après beaucoup d’efforts

pour déterminer le but de chacun des dialogues de ce philosophe, fut

obligé de convenir qu’il n’y en avait pas. Dans le traité des Lois, il

est parlé de la nature de l’âme, de sa génération, de son immortalité;

il est encore question de cette immortalité dans Phédon, le Phèdre et

le Timée; il est parlé de géométrie dans le dialogue de Menon, qui est

un discours sur la vertu, sur laquelle on trouve une digression dans

celui d’Alcibiade, etc. etc. PAYEN.--On s’étonne quelque peu de voir

cet admirateur sans égal de Montaigne relever chez un autre ce désordre

littéraire, quand c’est là une des caractéristiques essentielles de son

auteur de prédilection.

22, +Disoit+.--Dans le _Théétète_ de PLATON.

30, +Engin+.--Esprit; du latin _ingenium_.

31, +D’autrui+.--Socrate résumait son rôle, en se disant «Accoucheur

d’esprits», avouant et rappelant ainsi la profession de sa mère qui,

elle-même, était sage-femme. V. N. =III=, 576: L’vn.

38, +Prez+.--Les éd. ant. port.: _Chez qui se peut voir cela plus

clairement, que chez nostre Plutarque? combien diuersement discourt il

de mesme chose? combien de fois nous presente il deux ou trois causes

contraires de mesme subiect, et diuerses raisons, sans choisir celle

que nous suons à suiure_, au lieu de: «Cela... prez» (lig. 36 à 38).

=244=,

5, +Fantasies+.--Socrate entendant Platon lire son dialogue de

Lysis, ou de l’Amitié, se serait écrié: «Dieux! que de choses ce jeune

homme me prête!» Et, en effet, Platon a mis sous le nom de son maître

beaucoup de choses que celui-ci n’a jamais dites. DIOGÈNE LAERCE.

26, +Verité+.--Add. de 88: _Car au bout de ses discours, il venoit à

s’escrier..._

29, +Elle est+.--CICÉRON, _Acad._, II, 5; SEXTUS EMPIRICUS, _Adv.

mathem._

35, +Bride+.--Retenue; _modération_, comme port. les éd. ant.

36, +Figues+.--Le texte grec de PLUTARQUE, _Propos de table_, I, 10,

porte concombre au lieu de figue (ce qui du reste importe peu à la

moralité de l’histoire); Montaigne a suivi ici la version française

d’Amyot ou le latin de Xylander. COSTE.

=246=,

3, +Despita+.--Add. des éd. ant.: _et se mit en cholere_.

26, +Profession+.--Ainsi s’exprime CICÉRON, _Acad._, II, 41.

31, +Soudainement+.--PLUTARQUE. _Qu’on ne saurait vivre joyeusement

selon la doctrine d’Epicure_, 8.--L’éd. de 88 aj.: _comme fut Phaeton_.

=248=,

1, +Nombres+.--Les Atomes, les Idées, les Nombres, sont des

hypothèses diverses imaginées par ces philosophes pour expliquer,

chacun à sa façon, leurs théories sur le système du monde; c’est du

reste ce qu’indique la citation latine qui suit.

2, +Sages+.--Les éd. ant. port.: _cleruoyans_.

8, +Contraires+.--C’est l’idée du proverbe italien: «_Se non e vero,

e bene trovato_ (_si ce n’est vrai, c’est bien trouvé_).»

15, +Religions+.--Les éd. ant. aj.: _car il n’est pas deffendu de

faire nostre profit de la mensonge mesme, s’il est besoing_.

20, +A certes+.--C.-à-d. comme certain.

26, +Loix+.--Les _Lois_, de PLATON, traité sur les institutions à

donner à un peuple.

31, +Republique+.--Liv. V. La _République_ de PLATON, traité sur la

meilleure forme de gouvernement.

32, +Piper+.--D’où cette coutume, assez généralement existante dans

les religions anciennes, de s’entourer de mystères et d’en tenir les

profanes à l’écart. En Gaule, notamment, les Druides agissaient ainsi:

ils cachaient avec soin au peuple les doctrines qu’ils s’étaient faites

sur la terre et les cieux, ne les enseignaient qu’à leurs disciples

sans les écrire, et il fallait à ceux-ci jusqu’à vingt années d’études

pour acquérir toute cette science.

38, +Academique+.--V. N. =II=, 228: Academiciens.

40, +Belutez+.--Etudiés, scrutés; bluter, c’est passer au blutoir

(tamis pour séparer la farine du son).

=250=,

28, +Sortables+.--Montaigne (liv. I, ch. XXXI, =I=, 378) blâme

l’usage «de chercher à affermir et appuyer nostre religion par la

prospérité de nos entreprises; nostre créance, ajoute-t-il, a assez

d’autres fondemens, sans l’authoriser par les euenemens».

36, +Et+.--Add. des éd. ant.: _voylà pourquoi_.

39, +Excusable+.--Saint Paul, ayant reçu mission du Saint-Esprit de

prêcher les Gentils, était à Athènes (51). Conférant avec quelques

philosophes épicuriens et stoïciens sur les idées qu’il venait

propager, ceux-ci le menèrent à l’Aréopage pour qu’il y exposât sa

doctrine, et là il s’exprima de la sorte: «Athéniens, lorsqu’en passant

je regardais les objets de votre culte, j’ai aperçu un autel avec

cette inscription: Au dieu inconnu; ce Dieu que vous adorez sans le

connaître, c’est lui que je viens vous annoncer.» _Actes des apôtres_,

XVII, 23.

40, +Pres+.--Approcha la vérité de plus près, en traça une image plus

fidèle.--Adombra, mot latin francisé par Montaigne, de _adumbrare_,

imiter, représenter.

=252=,

5, +Numa+.--D’origine sabine, Numa vivait dans la solitude et

avait quarante ans, quand les Romains l’appelèrent au trône. Pas une

guerre ne troubla son règne, tout entier voué à la législation et aux

institutions religieuses. Il fonda des temples, donna des lois écrites,

régularisa l’année qui jusque-là n’avait que dix mois et à laquelle il

en donna douze, et répartit le peuple en corps de métiers. Pour faire

adopter ses institutions, il feignait des révélations d’Egérie, nymphe

révérée des Romains comme déesse des fontaines. Certains critiques

modernes pensent que Numa n’a pas existé et qu’il n’est que la

personnification de la législation religieuse et civile des Romains.

20, +Effect+.--La religion de Confucius observée en Chine est la

religion des lettrés, ses pratiques extérieures ne sont que des

formalités traditionnelles qui au fond lui sont étrangères; de

fait, elle reconnaît un Dieu suprême, n’a ni dogmes, ni culte, ni

prêtres, consiste uniquement en principes de morale qui ne le cèdent

en rien à ceux de la religion chrétienne, et est peut-être celle

qui se rapproche le plus de la religion idéale philosophique. Mais

Montaigne est dans le vrai quand il estime qu’il faut aux peuples une

religion qui les saisisse; et l’Église catholique avec son unité,

le principe de l’amour du prochain qui en est la base essentielle,

les espérances si consolantes, si bien conçues, pour aider l’homme

à lutter contre ses mauvais instincts, à le soutenir contre les

adversités auxquelles chacun est ou se croit plus ou moins en butte

ici-bas, la confession qui lui rend la paix de la conscience quand

il l’a perdue, ses cérémonies répétées, si bien ordonnées, tout à la

fois simples et grandioses, si propres à saisir l’imagination et en

même temps accessibles à tous, est incontestablement sous ce rapport

la plus parfaite de toutes, lorsque ses ministres s’abstiennent de

l’intolérance si peu dans l’esprit du Christ, si compatissant au

contraire pour toutes les faiblesses humaines, à laquelle certains ont

quelque propension et qui, à d’autres époques, en ont terni l’histoire.

D’une façon générale la religion qui répond à un des besoins essentiels

de l’humanité (car à qui a la foi, elle donne un but à la vie), est

un soutien et une consolation dans ses épreuves, en est aussi l’agent

moralisateur par excellence, et personne jusqu’ici n’a rien trouvé en

approchant qui comme efficacité soit de nature à lui être substitué.

«S’il n’existait pas, il faudrait l’inventer», a-t-on dit de Dieu; on

peut en dire autant de la religion, et bien aveugles sont ceux qui

le nient, bien criminels ceux qui la combattent. Si son action est

bienfaisante, et en conscience le contraire n’est pas soutenable,

qu’importe ce que sont ses dogmes et ses mystères! ses ennemis au nom

de la raison les taxent de superstition, de mystifications, peut-être,

mais qu’opposer à ce fait qu’il y a parmi les croyants autant

d’intelligences supérieures que parmi ceux qui ne le sont pas?

De nos jours ces derniers, l’emportant dans les conseils du

Gouvernement, dans l’espoir de la saper, après en avoir chassé les

Congrégations religieuses enseignantes et hospitalières dont, à juste

titre, ils redoutaient l’influence pour le triomphe de leurs idées,

sont, dans leur aveuglement, arrivés à faire prononcer en France la

séparation de l’Église et de l’État. Envisagée à ce seul point de

vue, c’est là une lourde faute politique: l’État y perd la main-mise

sur le clergé, qu’il avait du fait du Concordat; après quelques

années d’épreuve, l’Église, devenue indépendante, sera plus forte que

jamais, et aura acquis de pouvoir jouer un rôle politique considérable

alors qu’auparavant elle n’en avait aucun. Quel sera ce rôle? Il

est douteux qu’elle entre dans le jeu de ceux qui ne rêvent que sa

ruine; conservatrice par essence, elle apportera aux conservateurs

un point d’appui qui leur fait actuellement défaut, et son action

pourra devenir prépondérante si elle a la sagesse de ne s’inféoder plus

particulièrement à aucun des partis (monarchiques ou républicains) de

cette nuance. Il lui suffira, pour cela, qu’après avoir, par les moyens

dont elle dispose, fait de la propagande et stimulé le zèle électoral

de tous ses fidèles, restant neutre entre tous les partis conservateurs

jusqu’après le premier tour de scrutin, de propos délibéré elle agisse

au second tour, avec toute son énergie, exclusivement en faveur de

celui d’entre eux, quel qu’il soit, qui, au premier, aura obtenu la

majorité, lui ralliant tous ceux sur lesquels son influence a action.

20, +Celles+.--Des divinités.--Dans les éd. ant. cette phrase suit

immédiatement celle où il est parlé de la divinité inconnue à Athènes,

ce qui explique l’interruption d’idée que le texte présente.

21, +Requis+.--Add. des éd. ant.: _pour la conception du peuple_.

23, +Soleil+.--De toutes les idolâtries, celle du soleil passe pour

la plus ancienne, et, comme le dit Montaigne, c’est la plus naturelle.

Encore au VIIe siècle, les Perses adoraient le Soleil; son culte, d’où

découle celui du feu observé par les sectateurs de Zoroastre, subsiste

encore en certains lieux de l’Asie centrale; dans le nouveau monde

les Péruviens, les Natchez le pratiquaient; par contre les Hottentots

adoraient la Lune.

42, +Thales+.--Cette analyse de la théologie païenne est extraite

surtout de CICÉRON, _De Nat. deor._, I, 10, 11, 12, etc.

=256=,

1, +Iupiter+.--Ou Zeus; le dieu suprême, père et maître des dieux

et des hommes chez les Romains, comme chez les Grecs. Il était fils

de Saturne et vainquit les Titans qui avaient détrôné son père qu’il

rétablit sur le trône, et qu’il renversa lui-même plus tard, pour se

partager l’empire du monde avec ses frères Neptune et Pluton, donnant

au premier les mers, au second les enfers, et se réservant le Ciel et

la Terre. Il épousa sa sœur Junon, dont le caractère altier lui causa

bien des ennuis, et eut une foule de maîtresses tant parmi les déesses

que parmi les mortelles. Vulcain, Bacchus, les Muses, Apollon et Diane,

Mercure, Hercule, Minerve et nombre d’autres étaient ses enfants. Il

est représenté sur un trône, tenant d’une main un sceptre, de l’autre

lançant la foudre; à ses pieds un aigle déployé. Le chêne lui était

consacré; ses temples les plus célèbres étaient ceux de Dodone et

d’Olympie en Grèce, d’Ammon en Libye et le Capitole à Rome.

19, +Genus+.--ENNIUS, cité par CICÉRON, _De Divinat._, II, 50.

23, +Miennes+.--Les mœurs et les idées qui diffèrent des miennes.

32, +L’ancienneté+.--Les éd. ant port.: _car d’adorer celles de

nostre sorte, maladiues, corruptibles et mortelles, comme faisoit toute

l’ancienneté, des hommes qu’elle auoit veu viure et mourir, et agiter

de toutes nos passions_, au lieu de: «Parquoy... ancienneté».

33, +Discours+.--C’est ce que même la faiblesse de notre raison ne

peut excuser.

=258=,

20, +Isis+.--Sérapis, dieu égyptien en lequel ses adorateurs voyaient

le dieu suprême, celui qui ressuscite et donne la vie et la santé; on

l’identifie parfois avec Osiris, et il semble que ce soit le cas de

Montaigne. Isis était sœur et femme d’Osiris; l’Égypte célébrait en son

honneur des mystères qui se répandirent dans la Grèce et l’Italie.--En

réalité Osiris et Isis, avant d’être déifiés, auraient été, croit-on,

des souverains qui avaient régné sur l’Égypte et y avaient fait fleurir

l’agriculture; le bœuf Apis, qui y était adoré, semble n’avoir été

qu’un emblème rappelant ce règne bienfaisant.

23, +Varro+.--Cité par S. AUGUSTIN, _De Civ. Dei_, XVIII, 5.

26, +Cicero+.--_Tusc._, I, 26.

33, +Pluton+.--Ou plutôt prairie où, suivant Platon, au sortir du

corps, toutes les âmes vont séjourner plus ou moins longtemps d’après

ce qu’ont pu rendre nécessaire, pour se purifier, leurs faits et

gestes en ce monde. Deux chemins en partent: l’un conduit au Tartare

(partie de l’Enfer des anciens où les méchants subissaient la peine

due à leurs crimes), l’autre aux îles fortunées; c’est en somme la

conception, sous une forme plus anodine, du Purgatoire de la religion

chrétienne. Plutarque appelle de ce même nom et donne cette même

affectation à l’espace entre la terre et la lune, où, suivant lui, les

âmes viennent après la mort et d’où, après une pénitence suffisante,

celles des bons se rendent dans les régions visibles de la lune, et

celles des méchants dans les régions invisibles.

=260=,

17, +Ce qu’elle peut+.--Var. des éd. ant.: _nous sçauons la foiblesse

et incapacité de nos forces_.

29, +S. Paul+.--_Lettre aux Corinthiens_, I, 2, 9, d’après ISAIE,

LXIV, 4.

35, +Hector+.--Participa avec gloire au siège de Troie où il soutint

de nombreux combats contre les plus redoutables guerriers grecs; tua

plusieurs de leurs chefs, entre autres Patrocle, l’ami d’Achille, et

périt lui-même sous les coups de ce dernier, sorti de son inaction pour

venger son ami. Achille vainqueur attacha son cadavre à son char et le

traîna trois fois autour des murs de la ville; il consentit cependant

à rendre ce corps à Priam venu pour l’implorer; ces faits et la colère

d’Achille qui les a précédés sont le sujet principal de l’_Iliade_.

=262=,

4, +Ny que... nous+.--Var. des éd. ant.: _et qu’il souffre pour luy?

et_.

12, +Premier+.--PLINE, _Nat. Hist._, X, 2.--Le phénix était un oiseau

fabuleux qui, suivant les anciens, était unique en son espèce, vivait

plusieurs siècles, se faisait périr sur un bûcher et renaissait de ses

cendres.

40, +Luy+.--Selon l’expression du pape S. Calixte et de S. Augustin

que le concile de Trente a adopté, «Dieu couronne ses dons, en

couronnant nos mérites».

43, +Faillir+.--«Pourquoi nous as-tu fait fourvoyer, ô Eternel, hors

de tes voyes, pourquoi as-tu estrangé nostre cœur de ta crainte?»

ISAIE, _traduction de Calvin_.

=264=,

14, +Plutarque+.--Dans le traité: _Pourquoi la justice divine diffère

quelquefois la punition des maléfices_, 4.

20, +Cognoissance+.--De nos jours, on n’hésite cependant pas, en

France, à faire de pareils gens ministres de la guerre et de la marine

et eux-mêmes ne doutent pas un instant être à hauteur de leur tâche

et les voilà jouant avec la plus entière conviction le rôle de la

mouche du coche, avec cette différence toutefois que leur action, moins

anodine, s’exerce surtout sur le personnel qu’ils bouleversent, sans la

moindre conscience, au gré de leurs passions politiques. Pour le reste,

la machine, il est vrai, continue à fonctionner en vertu de la vitesse

acquise; les conséquences de leur direction nulle ou néfaste ne se font

sentir qu’à la longue, alors qu’en a déjà disparu la cause; mais le mal

est fait, l’aiguillon demeure dans la plaie! Puissent les événements,

par de trop cruelles épreuves, ne pas ouvrir trop tardivement nos yeux

sur le danger que présentent pour le pays ces atteintes flagrantes au

bon sens.

29, +Sempronius+.--En =196=.--TITE-LIVE, XLI, 16.

32, +Minerue+.--TITE-LIVE, XLV, 33. A Amphipolis, en =168=, lors des

fêtes données pour célébrer la défaite de Persée et la pacification de

la Grèce; mais les armes seules des ennemis furent brûlées, les autres

dépouilles furent envoyées à Rome et les masses de numéraire, lingots

et objets d’orfèvrerie versés au Trésor étaient si considérables que

les citoyens romains ne payèrent plus, dit-on, d’impôt jusqu’à l’an

=44=, c.-à-d. pendant plus d’un siècle.

35, +Aussi+.--«A l’embouchure de l’Indus, Alexandre s’avança au

delà et en pleine mer sacrifia aux dieux et précipita dans les flots

les taureaux immolés à Neptune et les coupes d’or qui ont servi aux

libations, demandant aux dieux de protéger le voyage que Néarque va

entreprendre dans le golfe Persique.» ARRIEN, VI, 19.--Aucun historien

ne parle des sacrifices humains ou boucheries d’hommes, que lui prête

Montaigne.

40, +Vmbris+.--Pallas, fils d’Évandre, roi du Latium, allié d’Énée,

ayant été tué par Turnus, roi des Rutules, que la jalousie avait armé

contre ce dernier, celui-ci, après lui avoir fait de magnifiques

funérailles, comprenant les sacrifices dont il est ici question, vengea

sa mort en tuant Turnus. Ce sujet est le thème des six derniers livres

de l’_Énéide_.

=266=,

1, +Getes+.--HÉRODOTE, IV, 94.

10, +Amestris+.--PLUTARQUE, _De la superstition_, 13; HÉRODOTE, VII,

114.--Amestris était la femme et non la mère de Xerxès; celle-ci était

Atossa, fille de Cyrus.

14, +Themixtitan+.--Ou plutôt Tenuxtitlan, pris souvent pour une

divinité, est l’ancien nom de Mexico; ce nom de Mexico (source d’eau)

n’était alors lui-même que celui d’une partie de la ville, les

Espagnols l’ont appliqué à la ville entière.

16, +Innocence+.--Ces sacrifices humains, d’enfants et autres,

étaient fréquents chez les Mexicains; en une seule fois, rapportent les

chroniques, auraient été immolés douze mille prisonniers de guerre.

Au début de la conquête, des blancs, faits prisonniers ou dont les

indigènes s’étaient emparés par surprise, furent sacrifiés de la sorte.

Dans certains temples, on nourrissait parfois une année durant, un

esclave qui représentait l’idole principale et qui, après avoir joui

tout ce temps de l’adoration, était sacrifié à la fin de son règne.

HERRERA et autres.

18, +Carthaginois+.--PLUTARQUE, _De la superstition_, 13.

22, +Lacedemoniens+.--PLUTARQUE, _Apophth. des Lacédémoniens_, vers

la fin.

25, +Gratifier+.--Add. des éd. ant.: _l’ouurier par la ruyne de son

ouurage, et_.

27, +Coulpables+.--Préserver les coupables de la peine qu’ils avaient

méritée.

30, +Commises+.--V. N. =I=, 24: Dueil.

33, +Et ces... ennemis+.--Var. de 88: _Et que Decius pour acquerir la

bonne grace des dieux, enuers les affaires Romaines, se brulast tout

vif en holocauste à Saturne, entre les deux armées_.

33, +Decius+.--Décius, consul romain, dans une bataille qu’il livra

aux Latins, se voua aux dieux infernaux, sur la foi d’un oracle,

pour assurer la victoire à son armée, et se jetant au milieu des

rangs ennemis, y périt sous leurs coups (=341=). Son fils et son

petit-fils imitèrent son dévouement: le premier, dans une bataille

livrée aux Samnites (=295=); le second, dans la guerre contre Pyrrhus

(=279=).--Codrus, le dernier roi d’Athènes, se sacrifia de même dans

une guerre contre les Ioniens, un oracle ayant déclaré que l’avantage

demeurerait à celui des deux peuples dont le chef serait tué (=1132=).

=268=,

9, +Poisson+.--HÉRODOTE, III, 41 et 42.--La mauvaise fortune que

Polycrate avait si infructueusement tenté de conjurer, finit par

l’atteindre: alors qu’il méditait la conquête de l’Ionie, il fut pris

par trahison et mis en croix (=524=).

11, +Mahometans+.--Les Corybantes étaient les prêtres de Cybèle dont

ils célébraient le culte, de la façon la plus bruyante et la plus

désordonnée, hurlant et allant jusqu’à se déchirer dans leurs accès de

frénésie (V. N. =II=, 594).--Les Ménades ou Bacchantes célébraient le

culte de Bacchus, leur dieu, par des orgies où elles se livraient à

des transports furieux de même ordre.--De nos jours encore, chez les

Mahométans, les Aissaoua en Afrique, les Fakirs en Orient et surtout

dans les Indes, se soumettent aux jeûnes les plus austères et aux

tortures les plus affreuses pour mériter la félicité éternelle et la

vénération de leurs coreligionnaires.

20, +Mastiner+.--C.-à-d. de mutiler son corps, le rendre incapable

des fonctions qui lui appartiennent, fonctions purement matérielles et

soumises par leur nature à la direction de l’âme, et cela pour épargner

à celle-ci...

33, +Interest+.--Préjudice.

=270=,

2, +Cela+.--DIOGÈNE LAERCE, II, 117.

26, +Seiour+.--Sans jamais se reposer.

32, +Attaquent+.--Var. des éd. ant. et de l’ex. de Bordeaux:

_attachent_.

=272=,

14, +L’asseure+.--Dans le _Timée_.

23, +Epicurus+.--DIOGÈNE LAERCE, X, 85.

29, +Ceres+.--Bacchus répandit, parmi les hommes, la culture de la

vigne; Cérès leur enseigna l’agriculture.

29, +Herodote+.--Les dires qui suivent sont tirés de Pline, VII et

VIII, et d’Hérodote, III et IV; mais, en les rapportant, ils ne les

présentent que comme des on-dit, et déclarent en même temps ne pas

y croire; Pline ajoute même que, si on les admettait, il faudrait

également ajouter foi à tous les contes dont la fausseté a été avérée

depuis tant de siècles.

34, +Pates+.--Pline estime que ce doit être une espèce de singes.

40, +Feu+.--Dans les îles Mariannes, dans le Grand Océan, découvertes

par Magellan en 1521, les habitants, outre quantité de choses que nous

croyons nécessaires à la vie, qui leur manquaient, n’avaient jamais

vu de feu; ils ignoraient également qu’il y eût d’autres terres et se

regardaient comme les seuls hommes qui fussent dans l’univers.

41, +Noire+.--Un curieux et habile anatomiste, dit Hérodote, m’a

assuré que le fait était absolument faux.

42, +Hommes+.--Il est vraisemblable que ces transformations étaient

produites tout simplement parce que ces gens se vêtissaient une partie

de l’année de peaux de loup et de cheval.

43, +Plutarque+.--Dans son traité _De la face de la Lune_; PLINE,

VII, 2.

44, +Odeurs+.--Plutarque en effet, et Pline avec lui, parlant sur la

foi de Mégasthène, disent qu’à l’extrémité des Indes, près des sources

du Gange, il y a une peuplade qui n’a point de bouche, ce qui les fait

nommer «Astômes»; ils sont tout velus, et ne mangent ni ne boivent;

ils font brûler une certaine racine qui se trouve dans le pays et se

nourrissent du parfum qui s’en exhale, qu’ils respirent par les narines.

=274=,

14, +N’auoit+.--Add. des éd. ant.: _ny force, ny cognoissance_.

16, +Noire+.--CICÉRON, _Acad._, II, 23 et 31; GALIEN, II, 1;

LACTANCE, _Div. Instit._, III, 23; etc. Dans des temps plus rapprochés,

un Allemand, VOIGT, a publié aussi une dissertation _Adversus alborem

nivis_ (_contre la blancheur de la neige_).

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV · 第 438 / 504 题